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Sorties > Belledonne > Avalanche Cime de La Jasse

Avalanche Cime de La Jasse ⭐⭐⭐

Massif : Belledonne
Départ : Prabert (1220 m)

Topos associés : Cime de la Jasse, Combe Sud Lacs du Vénétier Col de l'Aigleton, Versant SW

Sommet associé : Cime de la Jasse (2478 m)

Orientation : SW

Dénivelé : 3295 m.
Ski : 2.1

Faune : Afficher les zones sensibles

Sortie du dimanche 22 février 2026

Ratata88

Conditions nivologiques, accès & météo

Météo/températures : Grand ciel bleue, 2° au départ, ambiance printanière l'après-midi
Conditions d'accès/altitude du parking : RAS
Altitude de chaussage/déchaussage : 1220m
Conditions pour le ski : Crouté le matin et neige de printemps l'après-midi

Conditions nivo et activité avalancheuse : lire compte rendu

LieuAlt.Ori.HeureQté.TypeCom.
S8-16h

Activité avalancheuse signalée dans la zone ce jour, voir la carte.

Skiabilité : 😐 Correcte

Compte rendu

C’est la première fois que je prends le temps d’écrire ici.

Si je le fais aujourd’hui, c’est parce que ce qui s’est passé mérite d’être partagé.

Départ du Pont de la Betta. Montée au Pas de la Coche, descente vers le Habert, première montée à la Cime de la Jasse, descente, remontée au col de l’Aigleton, puis enchaînement de montées/descentes des lacs Vénétiers vers la Cime.

La Cime de la Jasse est souvent considérée comme un itinéraire “plutôt safe” dans le massif, ce qui a motivé mon choix du jour malgré un risque 3/5.

Alors que je pensais effectuer ma dernière montée, environ 200 m sous le sommet de la Cime de la Jasse, je me retrouve relativement seul dans ma zone immédiate. Je distingue :
 • Un skieur plus bas, vers les lacs Vénétiers, en train de monter.
 • Un autre skieur qui entame sa descente en longeant l’arête, direction col de la Jasse.

Soudain, une énorme plaque se décroche sur toute la face sud.
Épaisseur estimée : environ 1,20 m.
Largeur importante, fracture nette.

Je n’en prends conscience qu’au bruit. En me retournant, je ne distingue qu’un airbag orange déclenché, déjà engagé dans la coulée. Tout va extrêmement vite. La victime est emportée sur environ 200 m.

Je dépeaute immédiatement (avantage des alumettes), passe mon DVA en mode recherche et entame la progression.
Le signal me dirige vers un ski dépassant d’à peine 5 cm de la surface. Orange, bien visible. Aucun doute possible.
Je commence le pelletage immédiatement. Malgré 3400 m de D+, l’adrénaline me donne une énergie impressionnante.

Après quelques minutes, j’aperçois un casque.
Je crie : “Tu es là ?” Il répond !!

Je dégage rapidement la tête. Il était enseveli sous environ 1,20 m de neige.
Il s’appelle Xavier. Les circonstances ne sont pas idéales pour faire connaissance, mais il est conscient et va bien 🙏🏻

Le skieur que j’avais vu plus bas avait alerté les secours.

Même si tout m’a semblé très rapide, environ 10 minutes après l’alerte :
 • Arrivée d’un hélicoptère de la Sécurité Civile avec 3 sauveteurs et un chien.
 • 5 minutes plus tard, un second hélicoptère avec 3 sauveteurs supplémentaires et un autre chien.

La prise en charge a été extrêmement professionnelle et rapide.
Un risque 3/5 signifie que le manteau neigeux est instable dans certaines pentes. Ce jour-là, la face sud a clairement montré une instabilité significative.
Le fait que la Cime de la Jasse soit un grand classique peut induire un biais de sécurité.
Déclenchement vers 14h, neige en transformation. Le réchauffement a probablement joué un rôle majeur.
L’airbag s’est déclenché. Il a probablement limité l’ensevelissement total, mais la victime était quand même sous plus d’un mètre de neige

Message à la communauté:

Nous avons eu énormément de chance.
 • Chance qu’il déclenche son airbag.
 • Chance que je sois proche.
 • Chance que le ski dépasse légèrement.
 • Chance que le skieur en contrebas appelle immédiatement les secours.
 • Chance que la victime soit consciente.

Et surtout une chance énorme que cela ne soit pas arrivé 1h plus tôt, le nombre de victimes ne se comptait pas sur les doigts de deux mains..

En montagne, même sur des itinéraires classiques, même par beau temps, même avec une neige agréable à skier, le risque reste réel.

Un risque 3 peut tuer.

Prenez le bulletin au sérieux.
Interrogez l’horaire.
Interrogez l’orientation.
Gardez de la marge.
Formez-vous.

Si ce retour peut éviter ne serait-ce qu’un accident, alors il aura servi.



Commentaires

rafale38, le 22.02.26 19:10

Merci pour ton premier post et retour instructif.  C'est par un risque 3 que malheureusement les accidents sont les plus fréquents.  Nous avons un sentiment de sécurité alors qu'il s'agit d'un risque marqué. La Jasse reste propice à l'avalanche (cf avalanche mentionnée par Jeroen il y a peu de temps skitour.fr/sorties/184398)
Heureux que tout se finisse au mieux. 

H
hobbes, le 22.02.26 19:11

Énorme, cette plaque !😯
Bravo pour l’avoir sorti de là.

DidierGO, le 22.02.26 19:15

Pour une première contribution, bravo pour la lucidité et la rapidité d'intervention pour ce sauvetage et bon rétablissement au blessé 

C
calvin, le 22.02.26 19:18

Un rappel qui aurait pu être tragique.
Merci pour le partage et bravo pour les réactions à vous deux !! 
Risque 3 ce jour mais ne pas oublier qu on était à 4-5 tous ces derniers jours avec d énormes cumuls. 

Diablo73, le 22.02.26 19:18

Bonne réactivité, chapeau et merci pour ton retour, et bienvenue 😊
Le risque 3 reste un risque important, beaucoup l'oublient...et beaucoup de commentaires ces temps sur l'état du manteau neigeux qui est soi disant stabilisé parce humidifié en profondeur...il est plus lourd, et il persiste des couches fragiles, c'est  parti donc comme on voit sur tes photos...et une belle plaque. Ces pentes sont au dessus de 30°, en plus.
Vu la fréquentation, ça aurait pu être dramatique.

Norman, le 22.02.26 19:34

Merci pour la qualité du CR. 

Jeroen, le 22.02.26 19:43


Merci pour le CR.

David Z, petit joueur. Même endroit, 7 jours plus tôt. 

Débonnaire la pente terminale de la Jasse ? 

T
thierryv, le 22.02.26 19:46

Si pas déjà fait : www.data-avalanche.org/ReportAnAvalanche

Arno74, le 22.02.26 19:49

Merci pour le partage et pour la réactivité !!! Le skieur enseveli vous doit une fière chandelle! 🙏
C'était un risque 3 mais en sortie de qq jours en risque 4, donc clairement un risque 3++ pour moi.
J'avais déjà partagé sur une autre sortie qu'ayant fait la Jasse l'été, j'avais été surpris de la raideur des pentes finales des 2 versants et donc surpris par le fait que ça semble être vraiment considéré comme un itinéraire safe vu que j'ai l'impression qu'on voit régulièrement des sorties à la Jasse quand ça craint un peu ailleurs... mais c'est peut-être qu'une impression... vue de l'extérieur du massif 😉
En tout cas, heureusement que tout a bien fini!

B
bernie, le 22.02.26 19:49

Merci de ton témoignage. R3 reste un risque élevé trop souvent sous estimé. Il est important de lire le BERA dans le détail et de ne pas se contenter du chiffre, car pleins d'informations essentielles y sont données.

A
aymeric38, le 22.02.26 19:51

Il y en a eut une autre de 15/02 de taille similaire à celle de david Z www.data-avalanche.org/avalanche/1771164539584

David Z, le 22.02.26 20:07

Débonnaire ? J’ai jamais dit ça ! Buse ! 
J’ai dit craignos, à voir sur place ! Re buse ! 
😱. Bref, abo. 

David Z, le 22.02.26 20:12

J’étais à la coche / aigleton ce jour : montée en couteaux pour le gars derrière nous a l’aigleton. 
Ca veut dire neige béton, et donc impression de stabilité. Et CFP enfouies indétectables. Bref. Suis pas sûr que la plaque du jour soit liée au réchauffement. :/ 😱. Au passage : Ilettes, Vouteret, et Vache : tout a dégagé avec dépôt au pied de l’aigleton 

Six26, le 22.02.26 20:19

Merci pour ce compte-rendu instructif. 

A
Adrien Arnd, le 22.02.26 20:28

Merci pour le témoignage et pour le CR ! et bravo pour l'intervention.

F
Fabrice74, le 22.02.26 20:33

Tellement de CHANCE !!

A
aymeric38, le 22.02.26 20:40

Au moins on sait ou c'est peut-être plus safe maintenant: Jasse (des 2 cotés je crois), Ilettes, Vouteret, Vache, Roche Noire, Sommet Collomb E (je crois, qui est arrivée sur Articol). par contre là ou il n'y a pas encore eut de grosse plaque...on peut espérer réduire le risque en gérant les horaires mais rien n'est certain....

Bernard6569, le 22.02.26 20:41

Risque 3 = risque considérable 
A méditer 

Le-ski-est-un-voyage, le 22.02.26 20:45

Merci pour ce CR
Merci pour l'aide apportée par les personnes sur place 
Et merci aux secours pour leur rapidité 

Jeroen, le 22.02.26 20:46

Bernard6569, risque 3 = risque marqué. Considerable, c’est en anglais, et ça se traduit par Important, ou plus exactement dans le sens qui nous intéresse, marqué.

M
Manu38, le 22.02.26 20:53

Certains commentaires semblent lier ce déclenchement au réchauffement et à l'horaire. 

Sur quoi vous basez vous pour établir ce raisonnement ?

C'est une vraie question car sur les photos je vois une plaque bien nette qui ne ressemble pas à une coulée de neige lourde.
J'ai plutôt en tête que ce genre de plaque liée à une ou plusieurs couche fragile persistante peut partir n'importe quand avec ou sans surcharge. 
L'humidification étant même pour moi un facteur de réduction de risque car l'eau percolant dans le manteau va avoir tendance à redonner de la cohésion.

Mais si vous avez une autre explication je suis preneur. 

Rorchar, le 22.02.26 21:00

 Manu 38 , la cassure fait bien penser à une plaque en effet et pas coulée de lourde, pour autant la surcharge ayant mis en activité une potentielle couche fragile enfouie peut venir de l'humidification du manteau et de son gain en masse. La réduction du risque par cette humidification vient dans un second temps, soit par le regel réduisant ensuite la probabilité d'aller faire réagir la couche fragile soit par la percolation de l'eau jusqu'à la dite couche fragile au point de la désamorcer par changement du type de grains. Là le fait qu'il y ait eu pleins de passages sans réaction puis que finalement ça pète au coeur du chaud de la journée ça peut laisser supposer que c'est par le gain de masse dû à l'humidification. Le BERA du jour laissait entendre cette possibilité par ailleurs (peut-être celui de Maurienne plutôt que Belledonne j'ai un doute).

Jeroen, le 22.02.26 21:01

"l'humidification du manteau et de son gain en masse". Je reste perplexe. D'où viendrait la masse supplémentaire ?

X
xdo, le 22.02.26 21:04

Bravo !

S
Senhal, le 22.02.26 21:08

"l'humidification du manteau et de son gain en masse" l'humidification n'apporte pas un gain en masse mais un gain en densité (la masse reste la même mais le volume se réduit).

Rorchar, le 22.02.26 21:12

Oui vous avez raison, gain de masse volumique, ça ne marche pas. Un effet en cascade ? Départ par un simple glissement de neige lourde mais qui active la couche fragile finalement d'où l'effet cassure observé ? Il semblerait que la percolation d'eau dans une couche fragile puisse également la mettre en action par la dissolution des faibles liaisons physiques qui la maintiennent. 

X
Xzav, le 22.02.26 21:20

C'est bien une plaque friable d'1m d'épaisseur qui s'est déclenchée partout autour de moi très rapidement puis par propagation sur 400m linéaire dans le vallon. 
D'autres traces étaient présentes ou je descendais, qui auraient pu déclencher la plaque plus tôt dans la journée. 
La trace de montée finale a également été emportée avec une cassure d'au moins 1 m de hauteur.
Une grande chance que personne d'autre se trouvait exposé dans le vallon a ce moment. 
Merci a tous présents ainsi qu'aux secouristes. 

M
maxime38, le 22.02.26 21:27

Dans le CR il est question d'un skieur amont vers la crête si j'ai bien compris. Il a pu solliciter la couche fragile à un endroit où elle était moins recouverte (proximité de rochers ?) ou bien avec un enfoncement plus important dû à l'horaire ? Il y avait peu de traces ce matin au niveau du col de la Jasse, elles semblaient plus concentrées vers le fond du vallon ce qui expliquerait alors que ça n'ai pas pété plus tôt. Je me demande comme d'autres si l'humidification a joué un rôle. De l'eau a t elle pu s'infiltrer suffisamment profondément pour fragiliser la couche fragile et provoquer un départ spontané ? Le premier redoux est souvent considéré comme dangereux (on a ici un redoux "violent") mais par quel mécanisme ? 

V
Vive la colle, le 22.02.26 21:28

> Certains commentaires semblent lier ce déclenchement au réchauffement et à l'horaire. 

Une hypothèse est que tant qu'on avait de la croute (portante bien que fine car sur poudre tassée), l'enfoncement à ski était tout au plus d'1cm. Au fur et à mesure du dégel de la croute, l'enfoncement était plus élevé mais restait faible, on ne passait pas sous la croute. Mais une fois que toute la croute est dégelée, on a plus que de la neige meuble +/- tassée, avec enfoncement possible de 20cm en forçant (ça dépend de la largeur des skis). Il est alors plus facile de solliciter la couche fragile, dans les zones où elle n'est bien profonde.
D'ailleurs il serait intéressant de connaitre la trajectoire du skieur qui a déclenché la plaque, pour voir s'il est passé sur des zones où la couche supérieure peut être fine (mais si cette zone de déclenchement était un îlot au milieu de la plaque qui est partie, il n'y a plus de trace de l'épaisseur).

Par ailleurs, lors un réchauffement important comme ici (la nivôse de l'Aigleton a pris +16° en 36h, de -6° à +10°), et avec du vent qui fait rentrer le "chaud" dans le manteau (plus rapidement que sans vent), le manteau se réchauffe. Or tant qu'elle reste < 0°, la neige sèche se dilate quand elle se réchauffe, ce qui peut engendrer une réactivation de la couche fragile là où elle s'était stabilisée. Elle se restabilise rapidement une fois que la température de la couche au-dessus se stabilise, mais ça peut prendre qq heures, entre temps le risque augmente temporairement.

R
Rahanx32, le 22.02.26 21:33

Je voulais aller au lac de Venetier et pas plus au vue des risques mais ce n' est la vision de l'avalanche qui m'a arrêtée, casse du turbo quand j'ai voulu dépasser un tracteur à qqs km de Prabert... Une bien belle journée qui m'a coûté 200€ de dépanneuse et c'est pas fini 😭. En tout cas, félicitations pour le sauvetage réussi.

P
Pedro, le 22.02.26 21:34

Intéressant, j'ai la même réaction que Jeroen à chaque fois que je lis cet argument... Un changement d'état (de solide à liquide ici) se fait à masse constante a priori. Tout au plus peut-on estimer que le manteau se densifie, se tasse, mais même dans ce cas, la masse surfacique, donc la pression exercée sur la couche fragile, ne changerait pas. Je serais curieux d'avoir l'avis d'un nivologue sur la question... D'ailleurs l'effet du réchauffement sur les départs de plaques a-t-il vraiment été mis en évidence expérimentalement ? Est ce qu'on a des connaissances sur une éventuelle déstabilisation des couches fragiles par percolation, ou par destruction de certaines liaisons sous l'effet de la chaleur ?

M
Manu38, le 22.02.26 22:02

Sébastien Escande m'avait expliqué que la pluie sur une couche de neige fraîche destabilise de façon transitoire cette couche de fraiche au niveau de son contact avec la neige plus ancienne (sans nécessité de couche fragile)

Mais je n'ai jamais rien lu sur l'humidification des couches fragiles enfouies, si ce n'est qu'à posteriori le regel aidant, ça a tendance à les rendre moins réactives.

Si un spécialiste peut nous éclairer je suis preneur . 

Arno74, le 22.02.26 22:24

Après faut peut-être pas chercher plus loin que le fait que la victime soit le skieur de trop par rapport à la résistance de la couche fragile sous la plaque (ou celui qui a skié le moins léger 😉)
J'ai qd même l'impression que c'est la conséquence malheureuse de ce qui est décrit dans le BERA dans les Départs provoqués...

E
elemenohpeee, le 22.02.26 22:38

Dans le livre Neige et Avalanche de Frédéric CABOT (en partenariat avec Météo-France et l'ANENA) édité par Glénat : "Métamorphose neige humide : Dès que la température de neige est à 0°C, l’énergie reçue en supplément va être évacuée par la fonte des grains de surface. On retrouve alors les trois états – solide, gazeux et donc dorénavant liquide – dans la couche de neige. Ce savant mélange, dont seule la nature a le secret ne peut se faire qu’à 0°C. Le résultat final est bien plus simple que les métamorphoses de neige sèche puisque tous les grains vont alors évoluer vers le grain rond. Y compris les couches fragiles persistantes que sont la neige roulée, le givre de surface ou les gobelets. Tout sera ensuite fonction de la teneur en eau liquide du manteau (ETL) : peu d’eau et la cohésion capillaire est très bonne, les grains sont collés les uns aux autres par effet de succion et par des ponts de glace résiduels. Mais si la quantité d’eau augmente, les grains vont finir par flotter entre eux. Il n’y aura alors plus de cohésion et une possibilité d’avalanche de fonte."

Je conseille fortement ce bouquin, très éclairant !

Pour le cas en l'espèce, la température au niveau de la nivose Aigleton était de 10°c à 14h environ et la température positive depuis 00h... 14h de température positive au moment du déclenchement, ça commence à faire.

F
fredo73, le 22.02.26 22:40

Merci du CR precis et precieux !

D
davidg, le 22.02.26 23:29


Je dirais que tout apport rapide d'énergie est néfaste pour la stabilité du manteau neigeux. Dans ce cas, l'humidification du manteau neigeux affaiblira la intra-cohésion de la plaque. Cela provoquera un glissement de la plaque, ce qui peut déstabiliser une couche fragile sous-jacente et la rendre plus sensible au déclenchement par les skieurs. L'eau peut également s'infiltrer dans la couche fragile et rompre les liaisons.

Comme mentionné ci-dessus, il semblerait qu'un manteau neigeux humide transmette plus facilement les forces exercées par les skieurs à la couche fragile.

Bien sûr, lorsque le manteau neigeux regèle, il retrouve sa stabilité.

Mais cela n'a peut-être rien à voir avec l'accident et n'est que la malchance du 100e skieur qui est passé sur la plaque ou de quelqu'un qui s'est trop approché d'un point faible.


À titre de référence, le BERA

GROSSES QUANTITÉS DE NEIGE RÉCENTE SOUFFLÉE ET MAL STABILISÉE EN ALTITUDE.

Déclenchements provoqués : Dans les zones abritées du vent à plus de 2200 m, la neige récente est encore insuffisamment stabilisée et reste sensible au passage d'un skieur
(plaques friables de taille 2 en général). D'autre part, le vent de nord a transporté d'importantes quantités de neige meuble récemment tombée et de grosses accumulations sont en place. Elles sont plus difficiles à mettre en mouvement par un randonneur, mais en cas de déclenchement, la cassure peut très souvent dépasser 1 mètre.

Foué, le 23.02.26 07:01

Je suis le secouriste du PGHM qui était avec toi. Bravo pour ton sang froid et t réactivité ! 

S
sign.bbs, le 23.02.26 07:05

Merci du CR. Vous êtes génial.Bravo 

Capitaine_BenA, le 23.02.26 07:43

Merci pour ce CR très instructif. 
Je laisse les explications scientifiques a d’autres mais ce qu’on peut observer dans le secteur Venetier / Prabert large, c’est que la ou il y a eu déjà des avalanches cette année, ou au moins en janvier, ça repart systématiquement à minima au même endroit ou plus large... 
Ça vaut pour la Jasse (pas la même zone de départ que la semaine dernière mais la neige tombée sur ce qui est parti semaine dernière est partie avec). 
Même chose observée au Vouteret, à la Vache, aux Ilettes, au Grand Replomb…). 
Ces pentes on peut donc les considérer comme dangereuses pour le reste de cette saison pourrie… 

F
FranckBadValley, le 23.02.26 08:31

Très instructif,  bravo pour votre réactivité et merci pour ce partage 

H
HDlameije, le 23.02.26 09:07

Quelle entrée en matère pour une première contribution.

Gemitaut, le 23.02.26 09:59

Faute de neige dans le 06 l'an dernier, en début de saison, nous étions allés découvrir ce massif de Belledonne mieux pourvu.  Comme beaucoup de pratiquants nous nous étions décidés pour cette archi classique et les pentes finales m'avaient en effet paru plutôt raides et surchauffées à l'heure d'y descendre. 
J'avais trouvé ça pas si anodin pour ce qui est considéré comme un aimable footing local archibondé !! 
Partir très très tôt et revenir avant midi comme on doit le faire au printemps,  semble ici une sage précaution,  même en plein hiver....vu que les températures "hivernales" de 2026 sont en moyennes plus élevées que celles des anciens printemps  ( déclenchement à 14h00, une heure où il faudrait peut-être être de retour à la maison depuis longtemps). 
PS: aucune intention de "moralisation " ici, juste un élément de réflexion. 

A
Anais73, le 23.02.26 13:10

Salut, merci beaucoup pour ce CR. Je postais beaucoup il y a quelques temps et j'ai arrêté notamment parce que je trouve l'effet d'entraînement parfois néfaste (les autres sortent donc je sors, les autres sont réussi à faire de la pente raide en risque 3 donc je le fais aussi).
Je ne suis pratiquement pas sortie de la piste cette année car j'ai trouvé les conditions de neige particulièrement difficiles à gérer et très dangereuses, et je n'ai pas envie de faire de grands trajets en voiture pour sortir en montagne. J'ai de la chance d'habiter en station qui tolère les randonneurs à ski. 
Mais je suis plutôt incomprise : ai-je un problème ? Pourquoi ne pas braver les risques pour profiter de la merveilleuse poudre ? C'est compliqué de s'extraire de cet effet de masse.

M
Manu38, le 23.02.26 13:30

Anaïs73, chacun met le curseur de risque où il le souhaite et c'est très bien comme ça. 

Mais je te rejoins sur le fait que sur skitour.fr et les réseaux sociaux la multiplication des sorties banalise le risque.

C'est tout à ton honneur de porter un regard critique là dessus. Garde ton indépendance d'esprit!

Titifb05, le 23.02.26 15:35

Ce skieur a eu, en effet, de la chance de tomber sur toi. Bravo 👍 

X
XN38, le 23.02.26 15:53

Félicitations pour ce CR et bravo à toi pour ce sauvetage..

S
Senhal, le 23.02.26 17:12

A noter aussi que malgré l'airbag la victime était sous plus d'1 m de neige...

Ratata88, le 23.02.26 17:41

Merci à tous pour vos retours d’expérience, vos analyses, vos explications sur les causes possibles du déclenchement, ainsi que les messages de soutien. Chaque commentaire, chaque avis, chaque partage est précieux.C’est grâce à l’échange d’informations et aux retours d’expérience que nous progressons collectivement. Ce sont ces partages qui nous permettent d’affiner nos choix, d’améliorer nos prises de décision et de continuer à évoluer avec plus de lucidité face à ce type de situation.Un grand merci également au PGHM et à Foué. Leur intervention a été rapide, efficace et extrêmement professionnelle. C’est rassurant de savoir pouvoir compter sur des équipes aussi engagées et compétentes.Merci à tous pour vos échanges et pour l’esprit de solidarité qui anime notre communauté.

L
Lels from Belledonne, le 23.02.26 18:28

Bravo ! Sacré plaque et en effet la Jasse pleine cagne ne doit pas être sous estimée. Grace à vous le bilan ne s’est pas alourdi, je note également une preuve encore de l’importance d’un airbag. Déjà qu’il dépassait à peine sans airbag la personne aurait pu être tirée beaucoup plus profondément 

T
Thierry73100, le 23.02.26 20:50

J'ai lu avec intérêt le CR de la sortie et les commentaires.
Bravo pour le sauvetage.
Je m'interroge cependant sur un point, qui, sauf erreur, n'a pas été évoqué jusqu'à présent ; si j'ai bien lu, la personne secourue était seule et ne doit son salut qu'à l'intervention de Ratata88 qui, par hasard, était dans le secteur, un autre skieur, également sans lien avec l'accidenté, ayant par ailleurs pu prévenir les secours.
Il fut une époque où il était fortement conseillé de ne pas partir seul en montagne.
On peut peut-être admettre que, lorsque le niveau de risque est faible, cette consigne peut ne pas être respectée* mais, quand il est "marqué" - passage du BERA du niveau 5 à 4 puis 3 (en fait 3 ++) - ça équivaut à jouer à la roulette russe.
Je vous invite à lire l'article récent où Alain Duclos, fondateur de data-avalanche, fait part de son désarroi face au nombre de morts dans les avalanches cet hiver. Par ailleurs, des voix commencent à s'élever pour demander une réglementation de la pratique et/ou la fin de la gratuité des secours.
Ça fait bientôt 50 ans que je pratique le ski de rando et j'aimerais pouvoir continuer cette pratique de liberté sans que les imprudences de certains conduisent à la limiter. Je reste également persuadé que les sorties seul sont à déconseiller.

* quoi que personne ne
soit totalement à l'abri d'une chute entraînant une casse - du matériel ou du
skieur - et l'impossibilité de revenir à bon port, ce qui est significativement
plus dangereux en hiver qu'en été ...

C
Clems, le 23.02.26 20:52

Non Anais, tu n'es pas la seule à être prudente cette année. 
Il y a eu une période assez stable à basse altitude, mais depuis 1 mois, c'est un peu la zone de guerre au dessus de 2200/2400m. 
Bcp d'itinéraires majeurs du secteur (je ne fréquente que ce massif, désolé) n'ont été faits qu'un nombre de fois visible sur une main... 
Manu, Skitour n'est pas la seule source d'information des conditions de neige et de ce qui se ride, et ne représente pas forcément l'ensemble du comportement hors piste.
Thierry, je crois de mémoire que la grande majorité des accidents, cette année, sont recensés sur domaine skiable HP... 

Bonatt, le 23.02.26 22:07

Bravo, félicitations et merci au PGHM pour cette rapide et efficace intervention ! ( comme toujours 😉)

T
Thierry73100, le 23.02.26 22:20

Que beaucoup d'accidents soient le fait de skieurs hors piste, peu au fait des dangers de la montagne, n'enlève rien au fait que sortir seul en zone avalancheuse est risqué ...

Diablo73, le 24.02.26 05:17

+1 avec Anais73.
D'autant plus que je sors quasiment tout le temps seul. D'ailleurs, je t'ai croisé dimanche, tu montait avec p'titballa sur les pistes à Aussois, moi je descendais 😉 

N
noftal, le 24.02.26 09:30

Tu cites la chance que tu aies été là pour le dégager. Je suis surpris que tu ne cites pas dans les « leçons à tirer » le fait qu’il ne faut pas partir seul. Ce n’est pas parce que beaucoup ne respectent pas cette règle d’or qu’il ne faut pas la rappeler. 

Diablo73, le 24.02.26 11:09

Perso, je sors seul parce que pas de partenaires..on n'a pas toujours le choix...mais risque 3, je vais dans des pentes sous 30°, même si j'ai un airbag.
Et surtout pas que 30° sur l'itinéraire, mais aussi sans pentes raides au dessus de l'itinéraire.
Sinon, ski de randonnée en station...cette saison est spéciale côté nivologie et on voit hélas trop de sorties limites...

Bonatt, le 24.02.26 12:41

A Diablo 73 ...mets une annonce sur skitour ...tu trouveras des partenaires😉

F
Fabrice74, le 24.02.26 13:16

Pour le coup heureusement qu’il etait seul sinon tout le monde etait dedans vu l’étendue de la plaque! Non??
Même en laissant de l’espace entre 2 personnes ça n’aurait pas été suffisant. 

M
Meteo France Grenoble, le 24.02.26 14:13

Bonjour à toutes et tous, juste quelques brèves explications plausibles sur le déclenchement de cette plaque sous la cime de La Jasse dimanche dernier (sans relevé de terrain et n'étant pas au bureau depuis qq jours) :
D'après le témoignage il s'agit d'une avalanche de neige sèche type plaque friable (neige poudreuse dense, dépôt un peu plus humide et compact en contrebas où la neige s'était partiellement humidifiée...
 Neige encore probablement froide/sèche en profondeur (notamment au niveau d'une sous-couche qui s'est révélée fragile et répartie en largeur). La veille, samedi il y a eu encore un assez fort vent de Nord avec du transport de neige sur d'importantes quantités de neige mobilisable (env 80 cm de neige bien récente)...
Dimanche un skieur a du solliciter une zone plus fragile au "bon endroit", et initier l'effondrement de cette sous couche à moindre cohésion... Le redoux a pu faciliter (subtilement, temporairement) une meilleure cohésion (en surface) de la plaque formée la veille : d'où la transmission large de l'effondrement... et la cassure impressionnante observée (?) ... Ceci sans que la neige de surface se soit manifestement bien transformée/humidifiée , dimanche vers 14h ?
A priori les grains très enfouis sans cohésion (type gobelets, gros sucre) ne sont pas en cause dans cet accident, contrairement à ce qui a pu se produire quelques jours avant en Oisans par exemple.


Voici un aperçu d'explications


PS : Nos BRA et l'évaluation synthétique du risque sont à recaler avec vos observations/réflexions que vous réalisez sur le terrain. 
Et bien sur ne pas limiter sa prise de décision au seul risque avalanche prévu la veille.

David Z, le 24.02.26 14:35

Génial MFGre pour vos explications ! Merci. 
Question à MF : 


Cette plaque aurait elle pu partir à 9h avec une trajectoire skieur identique ? 

Du pas de la coche, en face donc, on a pu voir que quasi personne ne s’était aventuré en dehors de l’axe principal de l’itinéraire classique. 

Autre question, à la communauté : l’un d’entre vous a t il longe l’arête en direction du col de la Jasse le matin ? Et auquel cas on a la réponse à la question 1 ! (Au loin et avec la neige dure du matin qui ne marquait pas, impossible de savoir)

@MFrance encore : le skieur de l’aprem qui a déclenché, aura t il pu solliciter d’avantage la couche fragile avec le dégel de la petite croûte de surface et un enfoncement ski ? Cela voudrait dire alors que peut être en skiant light sur le dur du matin, rien ne bougeait vers 9h ?

Merki 😊

M
Meteo France Grenoble, le 24.02.26 14:40

@ David Z : Effectivement, tes hypothèses sont sans doute réalistes... la subtilité/variabilité de le neige est grande !

T
Thierry73100, le 24.02.26 17:32





"Ces choses-là
sont rudes. - Il faut pour les comprendre avoir fait ses études." ...

T
thierry.calme, le 24.02.26 21:00

Superbe attitude Robin.

X
Xzav, le 24.02.26 21:06

@ David Z  : il y avait bien plusieurs traces a l'endroit ou je suis passé avant et au moment du déclenchement. J'étais entre 50 et 80m de la trace de montée d'après le tracé gps. 

D
Doobdo, le 24.02.26 22:19

Bonjour,Si vous regardez le CR du même jour, « Mode cuisson à la Cime de la Jasse », on peut voir une photo de cette pente bien avant qu’elle ne parte, avec deux skieurs en descente. Je peux en parler puisque l’un des deux, c’est moi, accompagné d’une autre personne.Nous sommes partis de la Cime vers 11h45. Nous avons longé les crêtes, puis nous sommes descendus dans la pente, légèrement à l’écart de la trace de montée/descente classique. Sur la crête, nous n’avons pas poursuivi jusqu’au col : plus nous avancions, plus les traces du vent étaient évidentes. Au moment de la descente, on s’est dit qu’on était déjà un peu tard (enfoncement de 4 à 5 cm des skis en virage  en gros, une moquette bien avancée). Mais nous n’avons observé aucun autre signe particulier et avons essayé de délester pour ne pas etre en meme temps à skier. Nous avions lu le BERA. Pour nous, les risques principaux ce jour-là étaient surtout les avalanches de fond lié au réchauffement en pente sud et les accumulations de neige rabattue du nord vers le sud. Bien sûr, une couche fragile ne disparaît pas du jour au lendemain. Bref, tout ça pour dire que ce genre d’événement fait toujours réfléchir. Et heureusement que la plaque n’est pas partie à ce moment-là, vu le nombre de personnes engagées dans le vallon.Je ne sais pas combien d’autres personnes sont passées après nous en l’espace de deux heures, mais c’est sûr que j’aimerais bien comprendre si l’humidification a joué un rôle prépondérant, ou si c’est simplement l’accumulation des passages de skieurs sur cette couche fragile qui a fait la différence. Ca ne changera rien à ce qui s'est passé mais c'est toujours bien d'avoir un recul sur sa pratique et sur les choix que l'on fait.

Arno74, le 25.02.26 05:31

Bonjour  Doobdo : et justement si vous avez lu le BERA, qu'est ce qui a fait que finalement vous avez validé ce choix? 
Parce que personnellement, à la lecture du BERA, entre les accus du Nord vers le Sud, la pente finale orientée S avec des passages potentiellement supérieurs à 35°, un lendemain de risque 4 (donc 3++), j'aurais plutôt choisi d'aller ailleurs 😄

D
Doobdo, le 25.02.26 08:38

Essentiellement notre timing horaire. Nous étions parti relativement tot. La neige était dure à la montée, et c'est vraiment dans le mur final ou on l'a trouvé ramolli.

M
Manu38, le 25.02.26 09:27

Si je peux me permettre une remarque, ce genre de raisonnement n'est valable qu'après un nombre de cycles gel dégel important. 

Là c'était encore trop tôt dans le processus de transformation de la neige pour être sûr qu'une couche fragile enfouie n'était pas réactive.
Ce n'est d'ailleurs pas parce que les 5 premiers centimètres sont croutés que le manteau est sûr.

Il est toujours facile de refaire l'analyse à posteriori, l'important est de la garder en tête pour l'avenir.

Arno74, le 25.02.26 09:46

 Doobdo : OK! Merci pour la réponse! Mais dans ce cas, ça veut dire que vous n'avez pas du tout considéré le risque de plaques que vous aviez lu dans le BERA, qui lui, ne dépend pas de l'horaire 😊 et de ce que je comprends de l'analyse de MF Grenoble, on serait plus sur un départ de plaque suite à la sollicitation d'une zone fragile qu'une coulée de neige humide 🤷‍♂️
Mais comme le dit Manu38, c'est plus facile de faire l'analyse à posteriori!

B
BERNARD14, le 25.02.26 11:48


@XSAV : content de te savoir parmi nous et en bon état de marche grâce à l'aide précieuse et  capitale de nos amis bénévoles  et pro  (Ratata88,  Secu.civile et PGHM  etc)...merci à eux ! 
question subsidiaire : ne serais-tu pas le XSAV qui œuvrait sur VILLARD (Vercors ) en cie du Philippe (CENG) ?
Mes excuses par avance si je me suis trompé de personne !
à te lire... 

Bernard /38250 VDL  

David Z, le 25.02.26 12:15

 Xzav : top merci ! Ca confirme donc un peu tout ça ! Je veux dire : la petite couche dure du matin aura empêché de titiller la couche fragile. Ce qui n’était pas le cas l’aprem. Même si peut être que le matin également, un appuis ultra marqué pouvait aussi déclencher ! Bref, tout ça pour dire que certes l’horaire aura joué mais que nous somme bien entendu sur un phénomène plaque hivernale. Et qu’en aucun cas, contrairement à des conditions printanières, un passage à 9h garantissait du safe total ! 

X
Xzav, le 25.02.26 12:33

@ Bernard14 : Merci, et non je ne suis  pas sur Villard.

B
BERNARD14, le 25.02.26 13:30

merci XSAV pour ta réponse / noté /bonne suite à toi !

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