Météo/températures : Beau temps toute la journée, encore relativement froid de bas en haut (du vent même en bas du chourum Olympique) Conditions d'accès/altitude du parking : RAS Altitude de chaussage/déchaussage : 50m au dessus du parking (5 min de portage au retour en forêt) Conditions pour le ski : Bonne, il y avait moyen d'avoir de la bonne neige de printemps sur les zones qui ont pris le vent et sans neige récente.
Conditions nivo et activité avalancheuse : RAS, un peu de neige qui dégèle sur les rochers au dessus du Chourum mais pas plus gênant en l'état.
Activité avalancheuse signalée dans la zone ce jour, voir la carte.
Skiabilité : 🙂 Bonne
Compte rendu (par Thibaud)
Itinéraire suivi : Voie du Chourum Olympique depuis le Grand Villard Horaires : 7h15 - 12h30 au sommet -14h30 au parking
Ce n'est pas la sortie la plus originale en ce moment au vu des bonnes conditions dans les Chourums et elles l'étaient. Mais cette sortie était dans un coin de ma tête depuis mes débuts en ski de rando, sûrement à cause des réseaux sociaux et autres ... Je me disais que ce ne serait jamais tellement réalisable au vu de la difficulté quand j'en étais à aller faire les Vans depuis Chamrousse mais avec les années visiblement tout change.
Début de semaine, enfin un créneau de beau temps durable avec possiblement moins de vent, sans que cela ne chauffe trop, le risque avalanche devrait être bon. On se décide à y aller avec un groupe plus ou moins important et au final on finit à 2 avec Etienne, on décide de dormir sur place et de partir tôt car la vitesse ce n'est pas son fort, mais heureusement point de chrono dans nos JO à nous, même si bon j'ai pas mal insisté pour ne pas trop tarder de peur du dégel.
On part direction le vallon du Grand Villard, avec un rythme assez bon, pour finir par voir l'entrée du Chourum Olympique qui est assez imposante, devant on change tout pour passer en crampons/piolets, au final tout se passe bien, un petit mur de 2m avec une neige un peu plus dure mais aucun problème. 2 personnes sont descendus par les Chourums, et une a chuté dans le Chourums du haut en faisant des catapultes et a réussi in extremis à s'arrêter avant celui du bas. On en ressort et on fait le tour direction le second Chourum sans trop de difficulté, on en profite pour faire la séance photo avec ces arches si spécifiques. Tout passe en neige encore mieux que sur le premier.
Direction ensuite le sommet, dans le vent cette fois !
Reste plus qu'à descendre les gradins en S, en mixte, pas vraiment la partie la plus fun de la sortie. Il y a des anciens points pour une main courante ? Mais au vu de la tête des points je préfère ne pas tirer de rappel dessus, on aura bien baladé la corde, et on descend tranquillement les gradins en desescalade. La face S passe bien, en neige un peu molle en haut puis sous le goulet il y avait moyen de trouver de la bonne moquette de printemps quasi jusqu'en bas, bien mieux qu’espéré à la montée !
Bref une bien belle sortie comme imaginée depuis si longtemps avec la chance de ne pas avoir trop de monde sur l'itinéraire en étant en dehors du w-e :)
Vendredi 3 avril 2026 : il y a des jours où l'on a besoin d'écrire ce que l'on a vécu. On est en train de monter dans le deuxième trou de la voie du Chourum Olympique, au Grand Ferrand. Devant moi, Amer et Thomas, derrière moi Thierry qui par hasard, va filmer l'instant fatidique. Nous nous sommes mis à l'abri sur le côté, car nous comprenons que deux skieurs sont en train de descendre dans la voie de montée. Une voie cotée 5.2/E4, ce qui signifie concrètement que vu la nature du terrain et l'extrême raideur de la pente, toute chute serait fatale. Thierry râle, il trouve que l'on ne devrait pas descendre à ski pendant que d'autres montent, on s'est pris du sluff, c'est vrai que c'est désagréable. Je me dis qu'après tout, on ne peut pas interdire aux gens de faire du ski extrême, ce doit être de jeunes loups bien affûtés qui veulent cocher. Tous ce que je demande, c'est qu'ils ne tombent pas devant moi... La neige est dure, je me dis aussi que les conditions ne sont pas idéales pour skier ce couloir aujourd'hui, à moins de s'appeler Nicolas Jean ou Benjamin Védrine, ou de descendre en dérapage prudent, piolets à la main car certains passages sont vraiment dangereux. Le skieur inconnu engage un virage. A ce moment-là je ne le vois pas, il est derrière les rochers, mais j'entends un bruit sourd qui me met de suite en alerte. Le gars tombe devant nous, je n'arrive pas à y croire. Dans un espèce de réflexe débile, je ne sais pas pourquoi, je me mets à hurler. Dans ma tête il est déjà mort, mais je ne peux pas regarder sans rien faire. Je lui hurle de s'arrêter, je n'ai rien trouvé de mieux...Il file tout droit et à toute vitesse avec deux possibilités : tomber dans le vortex du premier trou, ou sauter les barres rocheuses qui le bordent : dans les deux cas il est foutu. Je suis fou de rage : une vie va s'éteindre devant moi, et la mienne ne sera plus jamais pareille, tous ça pour un loisir pas très sérieux... Le gars va finalement s'arrêter et s'en sortir Indemne, je ne sais pas par quel miracle. Un peu plus haut je rejoins son binôme qui visiblement, ne mesure pas la gravité de ce qui vient de se passer. Je lui dis qu'il ferait mieux de déchausser et de descendre en désescalade : son pote a déjà grillé une sacrée cartouche, mieux vaut en rester là pour la journée. "Il en a déjà grillé d'autres" me répond-il, " et il en a encore plein son chargeur ". Quel toupet, quelle bêtise... Ils n'ont que 20-25 ans, j'essaie d'être indulgent, je me souviens à quel point j'étais con à leur âge, mais tout de même : je n'ai jamais chuté en pente raide et je ne serais probablement plus là pour en parler si c'était le cas. Ceux-là ont une chance incroyable et ils ne s'en rendent même pas compte ! Les paroles d'Edward Whymper me reviennent à l'esprit : « Grimpez si vous le voulez, mais n’oubliez jamais que le courage et la force ne sont rien sans la prudence, et qu’un seul moment de négligence peut détruire des vies entières de bonheur. N’agissez jamais à la hâte, prenez garde au moindre pas. Et dès le début, pensez que ce pourrait être la fin ». Ceux-là feraient bien de s'en rappeler. Je ne donne pas cher de leur peau s'ils ne parviennent pas rapidement à se remettre en question, et je pense aussi à leurs proches : savent-ils seulement la menace qui plane sur eux. Les morts ne souffrent plus, ce sont les vivants qui souffrent, ceux qui restent. J'essaie de m'en rappeler à chaque fois que je pars en montagne. Il n'y a rien de plus égoïste que de prendre des risques inconsidérés : c'est comme cracher à la gueule de ceux qui nous aiment et plus généralement, de tous ceux qui compte sur nous pour vivre une vie normale, en souffrant le moins possible.
Bonjour Ouf tout se termine bien Peut-être aurons-nous un retour de la personne concernée? J'y suis passé hier, j'ai clairement hésité à descendre, la neige du haut semblait piégeuse, et un passage délicat en bas, un autre projet en vue donc j ai filé. Ceci dit on m'a dit que 2 personnes étaient descendues, visiblement ont pris garde à ceux qui montaient. Sur la prise de risque etc... personnellement j'aime beaucoup lire paul bonhomme là dessus (cf son fb), un article récent paru à ce sujet. Par ailleurs si quelqu'un trouve un petit tube de crème solaire sur le chemin, merci de le ramasser il a dû tomber de mon sac j'en suis désolé. Bon ski
J'étais dans le premier Chourum (sans visibilité), je croyais que j'allais me prendre une avalanche avec tout le sluff que je prenais et mon binôme au-dessus, en sécurité lui, me dit "un gars a chuté, il va te tomber dessus", je me suis accroché encore plus à mes piolets et coup de bol il a réussi à se planter dans la neige. Ils ont perdu une GoPro dans l'affaire.
Hello Étienne, on s'est inquiété pour lui et pour vous les deux car on s'est dit s'il s'arrête pas , il vous prend. Finalement, qu'est ce qu'il a fait ? Ils sont descendu à ski ou à pied ? On leur a pas pas vu quand on est retourné au parking
Salut, j'étais sorti du premier chourum quand je l'ai vu devalé tête pied toute la pente entre les 2 chourums depuis la sortie d'en haut, il a vraiment eu de la chance de s'arrêter sur les 50m avec une pente légèrement plus faible avant de sauter la petite barre dans le trou de l'olympique. Je pense que ca n'aurait pas été trop trop grave pour ceux en dessous et par chance s es skis se sont stoppés aussi mais c'est sur que sans savoir ça fait peur. On a un peu parlé, ils ont perdu une gopro qu'on a pas retrouvé, mais tout allait bien à part la belle frayeur et forcément pas trop d'envie de lancer des virages (mais je crois qu'ils sont descendu à ski). Après chacun est libre de juger des conditions pour descendre à ski quand tu remontes la pente à l'aller, l'erreur peut se payer très cher et il a eu beaucoup de chance, en tous cas pour moi ça m'a valu un bon rappel à l'ordre sur ce qui peut arriver dans du raide...
Désolé de mettre mon grain de sel, mais je trouve que si la situation est limite, ta reaction ne l est pas moins! Dans la situation de stress dans laquelle le gars devait être, quel est l' interêt d aller en rajouter autant en lui hurlant dessus de la sorte, à part provoquer un suraccident? Bref un coup à en venir aux mains pour moi
Des menaces? C est pas moi sur ta video donc non, je comprend pas trop ta question. Je t ai expliqué, libre à toi de pas te remettre en question mais ta reaction est loin d être saine et n apporte rien de bon dans ce genre de situation
Ils sont au moins descendus à l'Olympique en ski oui, mais ils ne faisaient quasiment plus de virages, la confiance était partie. Ensuite je ne sais pas, je suppose qu'ils ont continué de skier oui.
Clem, tu es en train de m'expliquer que j'ai stressé un mec qui était en train de faire une chute mortelle ? On est sérieux là ? Tu ne crois pas qu'il était de toute façon à bloc ? J'aurais dû lui chanter une chanson pour le déstresser ? On est dans l'instinct de survie là, tous se joue en deux secondes. S'il y a une chance de s'en sortir, c'est dans les premiers mètres de la chute, pour éviter de se transformer en boulet de canon direct : il faut un maximum de tension, c'est la gazelle qui fuit l'attaque du lion : pas le temps de réfléchir, on est dans le registre des réactions automatiques du cerveau reptilien, avec un pic d'adrénaline phénoménal.. et toi tu me parle de yoga et de pensées zen ? Après oui, je reconnais que mes hurlements ne servaient probablement pas à grand chose, sinon peut-être à mobiliser encore un petit peu plus une énergie mais qui était sûrement déjà à bloc. C'était peut-être aussi chez moi une réaction commandée par le cerveau reptilien qui essaie de sauver un membre de son espèce en lui criant "bats-toi ! survie ! je ne veux pas que tu meures ! " Inutile peut être, mais au moins j'aurais essayé quelque chose, avec une prise de contact dans les derniers instants de la victime, prise de contact qui ne peut être qu'orale, et encore une fois j'aurais préféré lui chanter une berceuse mais les circonstances se prêtaient plutôt aux hurlements...ou alors à la stupeur muette...chacun sa façon d'affronter l'impensable. Me dire que tu serais devenu violent envers moi en revanche, me paraît complètement inapproprié, et plutôt inquiétant même.
@Mat : merci bien pour ton témoignage, ta sincérité, ton message très juste et plein d'humanité (ta réaction viscérale, et réfléchie à la fois, en fait partie). Tiens, j'ai eu exactement le même réflexe que toi, lors de la chute d'un jeune dans un couloir moins raide mais dangereux : hurler "bats tois, bats toi, bats toi" - pas sûr que ça soit utile/déterminant, mais on tente ce que l'on peut dans cette situation - et je partage l'analyse que tu en fais. Merci encore. PS : pas sûr que clem63 formule une menace, en lisant son message - que je ne partage pas sur le fond - je pense (à lui de confirmer) qu'il indique juste (à tort, à mon sens) que ta réaction aurait pu provoquer un "désir de baston" de la part de celui qui a chuté et de son collègue. Et ce n'est pas (je crois) une menace exprimée de sa part à ton endroit.
Salut Didyeti. Ouf ! merci de ton message, je commençais à me demander si je n'étais pas fou. Tu as eu le même réflexe que moi, donc je ne suis pas le seul, ça me rassure. Clem sous-entend que ma réaction lui aurait donné envie de me casser la gueule. Du coup ça me fait flipper. Je me dis qu'en plus de voir des jeunes cons trop téméraires mourir devant moi, je dois me préparer à me défendre si jamais il leur prend l'idée de venir me casser la gueule parce que je les ai stressé en gueulant trop fort. Ca devient de plus en plus dangereux la montagne 🤣
Aucune menace en effet, pour moi on peut gueuler un coup quand on a
peur, pour soi ou quelqu' un d autre, mais il y a des limites à l'
aggressivité, je n' ai ecouté qu' une fois la video mais ca m' a ecorché
les oreilles je dois dire, et si je suis venu ecrire sous ton post c
est bien que ce qui m' a choqué dans la vidéo c' est pas la chute (s il
avait pas attendu que vous vous soyez rangés sous la paroi là encore j
aurai pu comprendre). Si j ai bien compris le mec fait deux trois
tête-pied, se rattrape miraculeusement, est peut être encore dans une
position scabreuse mais toi tu viens encore lui hurler dessus: "Faut pas
tomber là! faut pas tomber là!!!" Je pense qu il vient de s' en rendre
compte en fait, et tout ce que ca peut lui apporter à ce moment là c'
est du stress supplementaire, donc risque de surraccident, je persiste
et signe. D' ailleurs même tes ecrits sur les faits transpirent l'
aggressivité quelques jours après, on a bien compris qu à tes yeux c'
était des cons et que t as jamais du faire une erreur en montagne. La réaction normale qu on attendrait d' un secouriste (j ai vu ca en cliquant sur ta fiche) serait plutôt de lui demander si ca va, mais bon je dois être à l' ouest.
Clem, le "Faut pas tomber là" c'était pour son binôme qui était encore en haut. Celui qui avait chuté n'était plus visible, il avait disparu dans le trou. Pour moi il était sûrement mort. D'ailleurs tu m'entends dire qu'on doit appeler le PGHM. Dans ma tête c'était clair, on lançait le processus classique (car oui je suis secouriste), 1-Appeler le PGHM, 2-Proteger pour éviter le sur accident (entre autre expliquer au deuxième jeune con encore au-dessus de la pente que s'il tombe ici, il est mort, puisque visiblement c'est quelque-chose qu'ils n'ont pas compris) 3-Rejoindre la victime et prodiguer les gestes de secours. Des erreurs j'en ai fait plein dans ma jeunesse, et d'ailleurs je le dis dans mon texte, relis : "j'essaie d'être indulgent et de me souvenir que moi-même j'ai été jeune et con". Tomber en pente raide, ça ne doit pas arriver si on veut rester vivant, point à la ligne. La portion de terrain était pourrie et dangereuse, tenter un virage là où ils étaient, c'était une hérésie. Je te l'ai dit, je ne suis même pas sûr que les élites de la discipline (Vedrine, Bonhomme et autres) auraient osé. Je vais cependant cesser de me justifier car je pense que de nous deux, c'est toi qui présente un comportement malsain, en suggérant de la violence physique interpersonnelles, là où de mon côté, il n'y a qu'un témoignage de réaction spontanée de protection face à une situation extrêmement dangereuse. Je retiendrai simplement de ton intervention que je dois me méfier à l'avenir, et être prêt à me défendre physiquement si je tombe sur des caractères violents comme le tiens, et qui plus est, n'ont aucune intelligence de situation et comprennent tout de travers. J'ose espérer que tu fais partie d'une minorité, et que la plupart des gens saint d'esprit ne se mettraient pas à chercher en plus la bagarre dans une situation déjà assez difficile sur le plan technique et humain. Restons-en là si tu veux bien, car je pense que je perds mon temps à discuter avec toi.
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