Sortie du samedi 7 février 2026 (Aujourd'hui)
Tom le berlinois
Conditions nivologiques, accès & météo
Météo/températures : peu de vent, soleil partiel
Conditions d'accès/altitude du parking : Les confins, route dégagée
Conditions pour le ski : bonnes, poudre au dessus de 1700m
Conditions nivo et activité avalancheuse : Neige dure trafolée en dessous de 1700m, puis tout poudre. BRA3, Plaque à vent taille 3 (grande) partie en aérosol et poudre dense : horaire vers 12h35
Skiabilité : 🙂 Bonne
Compte rendu
Je tenais à partager mon expérience pour la communauté toujours plus importante de skieurs de randonnée.
Le fait que quelques skieurs, situés sur la pente secteur Pointe E du Paré de Joux, aient fait partir une énorme avalanche pose question. En tant que grimpeur, on m'a enseigné à ne pas faire partir la moindre pierre sur les cordées d’en dessous. En montagne, on évolue souvent avec d’autres pratiquants. Pourquoi monter dans le Paré de Joux E par un BRA 3 quand on connaît la fréquentation, un samedi, dans la combe du Grand Crêt en contrebas ?
Le jeune qui faisait partie du groupe ayant déclenché l’avalanche — je ne sais quelle distance il a dévalée — est un miraculé selon moi. Je lui souhaite bon rétablissement. Malgré le choc, nous avons tous deux lancé la recherche ARVA en attendant les secours, mais à deux, nous étions dépassés par la taille de la zone de recherche. La zone d’accumulation où je me situais faisait ma taille à certains endroits. Nous avons continué la recherche jusqu’à l’arrivée des deux hélicoptères, 20 bonnes minutes après mon appel au 112 ; nous pensions que d’autres skieurs de leur groupe en contre-haut étaient ensevelis, ce qui, apparemment, n’était pas le cas.
Pour ma part, pourquoi être sorti seul ? La confiance des pratiquants aguerris... Avec 25 ans de ski de rando/alpi et sachant que je monte dans le Grand Crêt 5 fois par an, cela fait au moins 100 fois que je passe ici. La probabilité a fini par jouer en ma défaveur…
De plus, j’ai vu maintes fois la section au niveau de la grotte balayée par des coulées. Cet endroit présente un inconvénient majeur : on ne voit pas les pentes qui dominent, ce qui ne me permettait pas de voir le groupe de skieurs évoluer sur les pentes W. Du coup, pourquoi ne pas avoir choisi les crêtes juste à droite, où la visibilité est meilleure, comme je le fais souvent ? J’ai relâché ma vigilance… mais pas totalement, puisque j’ai eu le temps de me tourner sens descente au moment de l’aérosol (de la taille d’un tsunami) qui m’a propulsé 20 mètres plus loin en une milliseconde, juste avant l’arrivée de la neige.
J’ai déclenché mon airbag à ce moment-là et il m’a sûrement permis de ne pas être enseveli, car j’ai réatterri debout sur mes skis... Je dois peut-être ma survie au matériel, qui sait ?
Je vous laisse voir et juger par vous-mêmes de la taille de l’avalanche sur la photo. Merci aussi aux autres skieurs, aux pompiers et aux sauveteurs qui sont venus me réconforter au parking, plus de peur que de mal, on se sent toujours bien ici !
J’ai perdu un bâton Ski Trab noir. Si, à la fonte des neiges, quelqu’un le retrouve, j’habite à La Clusaz et ce serait super sympa de me faire signe. A+
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