ActuTopo-guideSortiesForumsPhotosMatosAnnoncesConnexion
Inscription
Entrez votre email et récupérez votre mot de passe dans votre boite
Ou
J'ai déjà un compte
Connexion
Entrez l'email et le mot de passe que vous avez reçu lors de votre inscription
Créer un compte | Mot de passe oublié

Sorties > Lauzière - Cheval Noir > Plaque en Lauzière

Plaque en Lauzière ⭐⭐⭐

Massif : Lauzière - Cheval Noir
Départ : Celliers (1370 m)

Topo associé : Les Frettes, combe de Bridan

Sommet associé : Les Frettes (2527 m)

Orientation : SE

Dénivelé : 1250 m.
Ski : 2.1

Sortie du vendredi 27 décembre 2013

Timir, loulou38

Conditions nivologiques, accès & météo

Beau
Etat de la route : Altitude du parking :
Bonne poudre avec localement de grosses accumulations assez denses en versant E

Altitude de chaussage (montée) :
Altitude de déchaussage (descente) :

Activité avalancheuse observée : voir le récit ci-dessous.

Skiabilité : 🙂 Bonne

Compte rendu (par Timir)

Celliers - Portes de Montmélian - combe au N du Pic de Lachat
Premier jour de beau après le marasme de Noël : malgré les mises en garde de météo-France nous décidons de sortir. Cap sur la combe de Bridan que j'ai déjà souvent parcourue par conditions douteuses.

Après une montée très agréable et sans histoire, nous arrivons au sommet un peu frustrés par le court dénivelé et la platitude des pentes. Le Diable s'engouffre dans cette brèche et me suggère de tenter la descente dans la combe inconnue qui s'amorce à gauche du Pic de Lachat. Sur la carte ça ne parait pas méchant, et je me dis que si la neige est suspecte nous pourrons stopper et remonter. C'est l'erreur classique, et malgré ma longue expérience je tombe en plein dedans.

Premiers virages dans la combe en neige excellente. La pente se redresse rapidement et atteint 30° avec des accumulations conséquentes, mais je pense pouvoir trouver un cheminement sans véritable risque sur la croupe centrale, et la neige est si agréable à skier ! Finalement nous passons sans problème cette section.

Suit un talweg assez plat et encaissé. La présence de trous d'eau m'incite à skier quelques mètres plus haut que le fond, en rive gauche, sur des pentes bien chargées mais pas hautes : 50 m environ, et ne dépassant pas 30°. Nous passons sans problème et arrivons en haut d'une pente qui parait plus délicate : combe de 30 m de large, haute de 100, inclinée à 30° et très chargée.

Je commence par quelques virages très doux au ralenti pour tester la neige : ça semble bien stable. Je continue donc, sur une neige un peu densifiée par le vent mais très agréable à skier. Laurence me suit à distance, et nous arrivons entiers et ravis sur un grand replat à 1950 m. Pour revenir à Celliers, nous décidons de remonter par où nous sommes descendus, jusqu'à rejoindre la combe de Bridan.

Je trace précautionneusement en m'écartant très peu de nos godilles. La pente est très chargée mais me parait assez saine. Laurence, comme il se doit, suit à distance respectable, et je l'attends en haut du raidillon. Quand elle me rejoint, nous attaquons avec un intervalle de 50 m le talweg plat qui ne m'inquiète pas du tout. Et pourtant !

Rapidement, alors que, suivant scrupuleusement la trace de descente, je traverse la pente peu au-dessus du ruisseau, nous entendons un vroufff... Nous nous arrêtons tous deux, je scrute la pente et ne vois rien... Après 3 longues secondes Laurence voit qu'une plaque se décroche 30 m au-dessus d'elle, et donc 50 m derrière moi. Je suis hors trajectoire mais pas elle et lui crie de reculer, mais c'est trop tard : elle est littéralement fauchée et disparait sous la neige en moins d'1 seconde. Il est 12:20 .

Je teste immédiatement mon téléphone (sfr) : aucun service. Il n'y a donc pas d'autre choix que de sortir Laurence tout seul. En 2 mn environ je localise l'endroit où elle semble enterrée, en 1 mn je la localise précisément à la sonde, mais je découvre qu'elle est à 1:50 m sous la surface ! Ca me parait impossible de creuser seul à une telle profondeur en moins de 10 mn, mais il n'y a pas d'autre choix.

Après un travail de forçat, dans une neige qui s'effondre au fur et à mesure que je creuse, je réussis à dégager sa cuisse droite. Il est 12:35 . La jambe ne réagit pas au toucher et je suis très inquiet. Mais je progresse maintenant rapidement en direction de la tête, et entends un gémissement de bon augure. Enfin je dégage la bouche, et aussitôt Laurence donne des signes de conscience. Ouf !!!!!!! Il est 12:39 et il n'y avait donc plus de marge.

Ensuite il a fallu encore 30 mn pour dégager complètement Laurence, devenue suffisamment lucide malgré sa sévère hypothermie pour me guider et participer. Nous sommes alors au fond d'un puits d'1 m de diamètre, dans lequel Laurence tient entièrement debout : elle était en fait ensevelie à 1:70 m de profondeur. La cassure ne faisait que 25 cm d'épaisseur, mais l'étroitesse du talweg semble avoir bloqué l'écoulement de la neige, qui s'est accumulée au dessus de Laurence après l'avoir déplacée de seulement 3 m.

Mais ce n'est pas fini. Laurence a perdu un ski et un baton, elle a les deux mains complètement invalides à cause du froid, et elle présente les symptômes de l'hypothermie. Heureusement son téléphone (free) a suffisamment de réseau pour que je puisse appeler les secours, qui sont débordés car il y a déjà plusieurs sauvetages en cours, mais qui finiront par arriver après 25 mn. Entre temps Laurence a déjà récupéré à une vitesse étonnante. Finalement nous rentrons tranquillement à Grenoble, où un goûter réparateur achève de requinquer l'accidentée.

Je laisse aux lecteurs le soin de tirer des enseignements de ce récit. Je précise que je ne suis pas un casse-cou, que je suis très expérimenté et connais bien la neige. Mais arrive toujours un moment où on se fait avoir, et c'est généralement là où on ne s'y attend pas.

De Laurence, mon petit mot pour décrire le point de vue de la personne ensevelie :
Il est vrai que pendant cette incursion dans la combe du Pic de Lachat, je n'étais que moyennement tranquille, mais j'assume entièrement d'y avoir suivi Pierre.
Quand la plaque s'est mise en mouvement, j'ai juste eu le temps de regarder si j'avais une chance de pouvoir reculer suffisamment vite pour y échapper, ce qui n'était pas le cas, et du coup je n'ai pas vu si Pierre était hors de portée de l'écoulement.
Quand j'ai été fauchée, j'ai bien essayé de rester debout le plus longtemps possible, mais bien évidemment, on n'a aucune chance, et je me suis immédiatement retrouvée à terre, la tête en bas, sous la neige.
Comme on était quasiment en bas de la pente, j'ai été très peu déplacée, mais du coup aussi, tout s'est figé extrêmement rapidement, et je n'ai pas eu le temps de ramener mes bras vers mon visage pour pouvoir creuser une poche d'air pour respirer. Heureusement une des mes n'était pas trop loin et j'ai pu gratter quelques cm autour de la bouche, ce qui a été juste suffisant pour patienter le temps que Pierre dégage ma tête.
J'étais en train sombrer dans une sorte d'étourdissement dû à mon avis à une trop grande concentration en CO2, quand Pierre m'a dégagé la bouche.
Juste avant je suffoquais, en essayant malgré tout de ne pas céder à la panique pour économiser l'oxygène ...
C'est pour ça le temps a été vraiment un élément très important.
Autre chose : je ne savais pas s'il avait été enseveli lui aussi, et je n'entendais rien, je n'ai pas senti non plus quand il m'a sondée au niveau de la cuisse, ni apparemment quand il a commencé à me dégager le bas du corps.
J'aurais vraiment aimé qu'il crie pour me dire qu'il était en train de me chercher, puis qu'il m'avait trouvée, et je pense que ça peut être une aide précieuse pour la victime pour lui permettre de tenir plus longtemps.


Commentaires

P
PascalC, le 27.12.13 21:45

Merci pour le récit, heureux que ça se termine bien.
Bravo pour ton efficacité lors de la recherche.
Il est évident que tu n'avais pas que ça à faire mais si tu as quelques photos de l'endroit ... 😯

Invité, le 27.12.13 21:48

8O Ouuuuff!!! Quel récit! Content que tout se soit bien terminé ; ton sang-froid y est pour beaucoup.

A
AlexR, le 27.12.13 21:51

Merci beaucoup pour le récit, très instructif.
Heureux que ce soit bien terminé.

D
Didyeti, le 27.12.13 21:53

Salut,
Merci vraiment pour ce témoignage précis et honnête - on se "reconnaît" bien dans ton récit, instructif. Ca fait froid dans le dos 🤢 ...
Bravo pour ton sang-froid, ton action efficace.
J'espère que vous "digèrerez" cela tout les deux, ça risque de prendre du temps 😯 . Heureux pour vous de l'issue favorable, une pensée pour vous ce soir 😯 ...
Didier.

M
migloo, le 27.12.13 21:57

C'est "bon augure" (pas bonne augure).

A part cela, je pensais que le numero d'urgence 112 était pris en charge par n'importe quel fournisseur (free, sfr ou autre) indépendamment de l'abonnement.

E
eterlou73, le 27.12.13 22:01

Bravo pour ton sang-froid, bravo pour le récit, une pensée pour vous 2 😯 ...

L
le ded, le 27.12.13 22:08

Sans réseau physique, pas de 112; ce n'est pas une histoire de fournisseur ou de forfait mais de couverture et de synchronisation entre mobiles et émetteurs (antennes) 🙄
Bel exemple de courage et de sincérité pour la communauté.

Invité, le 27.12.13 22:19

Merci beaucoup pour ce retour qui fait froid dans le dos!
J'espère que vous repartirez tous les deux en randonnées bientôt.

Juste une question, serait il possible d'avoir une photo de l'avalanche?
Autre question, tu parles de "thalweg plat", la plaque est partie de là?

Encore merci!

L
luc, le 27.12.13 22:21

Bon diou ça fait vraiment froid dans le dos votre truc.

Laurence, je te souhaite au plus vite de te retrouver sur tes planches et sous ta voile.
Requinque toi moralement et physiquement et reviens nous en grande forme!

Quant à toi Timir, Bravo.
Très simplement bravo pour ton sang froid, ta rapidité, ta pugnacité...
Merci pour ton cr.

M
migloo, le 27.12.13 22:42

@leded

Il n'a apparemment pas pu obtenir le 112 avec son téléphone SFR mais il y est parvenu avec un téléphone free, c'est ce qui m'étonne.
En présence d'un réseau physique on devrait pouvoir joindre le 112 quelque soit notre fournisseur.

L
LasLas, le 27.12.13 22:47

Merci pour ton récit et merci de nous faire partager cette difficile expérience qui est profitable à tous.
Je m'en souviendrais d'autant plus, qu'à 12h20, nous finissions notre sandwich, aux Frettes, soit 200 ou 300m au dessus de vous. 🙁

Toz, le 27.12.13 22:47

un immense merci pour ton témoignage, ton humilité et ta sincérité 😎
n’hésite pas à virer les futurs commentaires acerbes des moralisateurs de tout poil 🤢
heureux que tout ce soit bien fini et bravo pour ton sang froid
tu peux aussi renseigner la base de http://www.data-avalanche.org/ pour que votre accident "profite" egalement à la communauté
un bon rétablissement à Loulou38 physiquement et à toi moralement

Invité, le 27.12.13 22:58

[edit tchouf] Message censuré car ne respecte pas les règles du forum.

L
luc, le 27.12.13 23:07

Ad... "Pathétique et personne pour te dire que tu es sorti un jour où..." et tatati et tatata....

Bien vu Toz!
No comment.

Et moi je te dis re et re merci pour ton CR Timir, et pour ton coup de pelle...

T
thierryg, le 27.12.13 23:09

Pour AD: tu pourrais commencer par te faire connaitre et au final tu pourrais aller déverser ta morale à deux balles ailleurs. 😡

Merci Tchouf.

L
le ded, le 27.12.13 23:23

@migloo
un peu hors sujet mais en montagne, à 10m près on peut être hors réseau (zone d'ombre, couverture nuageuse) et les mobiles n'ont pas tous la même sensibilité en réception d'antenne. 😉

X
xdo, le 27.12.13 23:32

Un sauveteur m'avait indiqué qu'il faut toujours essayer de faire le 112, même si le téléphone indique "aucun service" ou si il n'y a pas de barre.
Le 112 essaye de passer par n'importe quel opérateur voir par des lignes militaires.
La couverture dans Belledonne, Lauzière, ... est ainsi quasi totale.
Dans les Ecrins, il y a des trous.

Qui confirme ?

L
le ded, le 27.12.13 23:41

Effectivement, même sans indicateur réseau, ça ne coûte rien d'essayer le 112!
les couvertures:
http://treshautdebit.orange.fr/reseau-couverture-nationale.php
http://www.skitour.fr/forum/read_193865.html

X
xdo, le 27.12.13 23:50

le lien .html précise
"Le 112 mobile est prioritaire sur tous les autres appels, c’est pourquoi il est normalement possible de l’appeler même lorsque le réseau est saturé.
De plus, le 112 est acheminé par le premier réseau disponible dans la zone d’appel, même si vous êtes abonné à un autre opérateur"

"aucun service" ou "pas de barres" indiquent le niveau avec son opérateur.

davidl, le 28.12.13 07:03

Longue vie à Laurence et à toi

Invité, le 28.12.13 07:41

Bonne chance à Laurence pour se remettre du traumatisme (j'ai moi-même été fauché il y a 18 ans un décembre dans des conditions très semblables) et un grand merci à toi pour ce récit très précis, que j'ai tenté de reconstituer sur la carte grâce aux informations.

On ne m'enlèvera pas la conviction que ton partage d'expérience sauvera des vies!

T
Timir, le 28.12.13 08:41

Merci à tous pour ces commentaires très positifs. Malheureusement je n'ai pas pensé à prendre après coup de photos du terrain, qui auraient sans doute été instructives.
La plaque est bien partie au niveau du talweg plat, environ 30 m au dessus en rive gauche, dans une pente à 30° (max). Altitude 2060 sur mon alti. Ce talweg étroit est assez bien visible sur la carte : un peu à droite du point coté 2120 (au N du pic Lachat), juste avant le pli de la carte.

L
LasLas, le 28.12.13 08:48

Hi Timir. Peux-tu, stp, developper ceci :
"Pour revenir à Celliers, nous décidons de remonter par où nous sommes descendus"
J'aimerai bien comprendre ce choix. Etait-ce décidé avant ? La foret ne permettait pas de descendre ? Les conditions de descente t'ont paru ok pour remonter la pente ? Merci à toi.

G
gilloup, le 28.12.13 09:05

N'est ce pas dans ce coin que pierre chapoutot est décédé? :

http://www.camptocamp.org/outings/193652/fr/pic-de-lachat-crete-se-de-l-antecime-2338m-depuis-celliers

L
le ded, le 28.12.13 09:20

Du coup, la Remarque du topo "Jolie course de découverte du massif de la Lauzière lorsque le risque d'avalanche est important." ne veut plus rien dire et pourrait induire en erreur !

Invité, le 28.12.13 09:32

Sauvetage de vie magnifique , sinon je me pose la même question que PassoG ?

Invité, le 28.12.13 09:41

Merci pour ton récit; Bravo pour ton sang froid....
Plein d'enseignements en ce qui me concerne...
Laurence, bienheureux pour toi; on se reverra en vol ou ailleurs... 😎
Stef

G
gilloup, le 28.12.13 09:41

A la lecture de votre récit, je crois comprendre que l'avalanche s'est produite entre les points 1988m et 2129m de la carte au 25 000, au Nord du pic de Lachat.
Est ce bien ça?

P
Philoupi, le 28.12.13 09:44

Heureux dénouement! ouf 🤨
Bon boulot Timir.
Sans nullement vouloir lancer un débat, je pense que le temps pris juste après l'avalanche pour essayer de téléphoner (dans le cas ou tu es seul à chercher), est du temps perdu (chaque seconde/minute compte) pour trouver la victime. La survie de la personne ensevelie dépend quasi uniquement de son (ou ses) camarade resté à la surface qui va la rechercher avec son DVA et sonde puis pelle. Alors oui, quand la personne est dégagée à minima (visage), il est préférable de téléphoner. C'est juste une remarque constructive, pas de polémique ...
Remettez vous de vos émotions 🙂

J
jeromeF06, le 28.12.13 10:11

Merci pour le partage de cette "experience de vie" et vraiment bravo pour ton comportement sur ce secours. Comme Philoupi je me posais la question de savoir si au final le 112 pas accessible ne t'a pas fait gagner quelques minutes précieuses. Cela a du avoir aussi un effet avec ses conséquences sur ton stress, ta "conscience" d'être seul à pouvoir sauver la situation...Si tu peux/veux ce serait intéressant de partager avec la communauté quelle a été ta réaction sur cet évènement dans le processus que tu as engagé pour sortir Laurence. Très cordialement.

L
loulou38, le 28.12.13 10:16

Me voilà levée après une bonne nuit, qui a quand même été longue à amorcer ...
Effectivement , je confirme : chaque instant de gagné ou perdu compte, jusqu'à avoir dégagé la tête
Pour moi , comme tout a été figé très vite et que mes bras étaient mal placés, j'ai pu me faire uniquement une micro poche pour respirer, quelques cm autour de la bouche, et j'étais en train sombrer dans une sorte d'étourdissement dû à mon avis à une trop grande concentration en CO2, quand Pierre m'a dégagé la bouche
Juste avant je suffoquais, en essayant malgré tout de ne pas céder à la panique pour économiser l'oxygène ...
Donc oui, il était moins une, et chaque instant compte jusqu'à avoir dégagé les voies respiratoires

D
DavidS38, le 28.12.13 10:22

Merci pour ce partage ... il est toujours très intéressant de lire de tel témoignage 🤭 . Courage à vous deux pour "apaiser / digérer" ce stress et ce choc ; le fait d'en parler / écrire participe à ce processus 😊 .

S
savoy, le 28.12.13 10:43

Bravo pour ton humilité!

Invité, le 28.12.13 10:46

Bonjour,
on t'acclame comme un héros alors que tu vous êtes les seuls responsables de cet incident, que vous êtes sortis en montagne par indice avalanche "marqué" juste après une tempête de vent et de neige au mois de décembre!
J'ai déjà aussi fait des conneries, mais je ne comprend pas qu'on t'applaudisse, que personne ne trouve ça bizarre d'être passé proche du drame alors qu'il était annoncé et évident que la montagne était mortelle ce jour!
Pardon pour la morale.

X
xdo, le 28.12.13 10:46

@Philoupi
D'accord avec toi
Ma remarque était juste pour dire que quand viens le temps d'appeler alors il faut essayer quelque soit l'état du réseau.
@Loulou38 & Timir
Sang-froid salvateurs !
Merci pour la qualité du témoignage
Profitez du réveillon 🙄

H
HDlameije, le 28.12.13 11:09

@loulou38 : J'en étais resté à ton retour en montagne en 2013 et à ta course du 23 juin à l'Aiguille des Glaciers. Tu nous as fait une belle frayeur 🙄 Pierre a été très efficace. Chaque seconde de votre vie devient importante et précieuse, si elles ne l'étaient pas perçues comme cela avant. Vivez là à fond. Rendez grâce, le ciel vous épargné.

Tous ceux qui sont passés par cette situation comprendront ce que cela veut dire. Bonnes fêtes.

@Tchouf : Je crois que tu peux modifier ta remarque sur le topo : "Jolie course de découverte du massif de la Lauzière lorsque le risque d'avalanche est important "

F
Forezan, le 28.12.13 11:52

Mais même la combe normale n'est pas innocente puisque c'est dans cette combe que le regretté Chapoutot c'est fait prendre pour toujours! 🙁

Invité, le 28.12.13 11:54

le vallon de lachat est certainement le plus dangereux du secteur

C
Chech, le 28.12.13 12:07

Merci pour le témoignage et courage pour les prochaines sorties ; bien content de l'issue heureuse !

Invité, le 28.12.13 12:16

Salut Laurence, on ne se connait que par personne interposée, du parapente. J apprend ce récit et vraiment content que tu t en tires si bien ! Timir bravo pour cette efficacité ! As tu utilisé ta sonde dans ta recherche pour affiner le signal dva ?
En tout cas bon courage pour la suite et j espère que vous reprendrez confiance rapidement. A+

Invité, le 28.12.13 14:21

@mitch
Il ne s'agit pas d'admirer 2 skieurs qui semblent avoir fait une très grosse erreur, mais de les remercier pour leurs propos à haute valeur pédagogique (ok, pas de mérite pour l'un d'eux, la pédagogie, c'est son métier 😉 ).
Le récit de certains auteurs de "holdups" et autres gavages par risque 3+ ne sont toujours pas aussi instructifs à lire.
J'ai bien souvent trouvé les CR de Timir (et ceux d'avant quand il était à la concurrence) assez justes et objectifs.
Donc, je récidive: merci!

P
Philoupi, le 28.12.13 14:32

Je suis entièrement d'accord avec mitch ! vous avez déconné .....
.... mais j'ai préféré me cantonner à l'avalanche. 🙂

Invité, le 28.12.13 14:55

ce récit me parait un peu pompeux un vrai sénario de film tout se joue à la minute voir à la seconde près
et le goûter miracle il faudrait donner la recette!!!!

L
loulou38, le 28.12.13 15:04

si un jour tu te retrouves dans ma situation, ce que je ne te souhaite pas, tu comprendras l'importance de ces minutes, et même secondes ...

T
Timir, le 28.12.13 15:07

Deux réponses aux questions posées, et deux remarques.

1. Tout à fait d'accord que téléphoner au 112 est une perte de temps, et que le plus important est d'être très rapide. Je ne l'avais jamais fait avant et j'ai pu voir a posteriori qu'il faut au moins 5 mn pour avoir la bonne personne et se faire comprendre. Donc heureusement qu'il n'y avait pas de réseau !

2. Nous avons décidé de remonter pour les raisons suivantes :
a. L'idée était d'augmenter le dénivelé en descente en bonne neige, c'est à dire au-dessus de 2000. Nous avions vu à la montée que la combe de Bridan était très bonne jusqu'à 1800, nous voulions donc la descendre.
b. Descendre intégralement le vallon nous aurait amené assez loin de la voiture.
c. Je pensais vraiment prendre peu de risques en reprenant l'itinéraire de descente, même si je sais par expérience qu'on déclenche plus en montée qu'en descente.

3. Oui, je suis parfaitement conscient d'avoir déconné.

4. Laurence m'a dit qu'elle aurait aimé que je crie pendant que je creusais : ça lui aurait confirmé que je la cherchais, et ça ne m'aurait rien coûté. Elle a raison. Je ne l'ai pas fait car je pensais qu'elle avait perdu connaissance (c'est ce qui se passe généralement après quelques minutes, voire quelques secondes), mais j'aurais dû le faire par principe.

R
rupicapra, le 28.12.13 15:09

j'ai des photos de cette zone, comment les associer au CR ?

Invité, le 28.12.13 15:17

Au bout du compte....n'aurais tu pas l'intuition que les pièges sont en Toi ....plus que dans la montagne? 😉

P
Philoupi, le 28.12.13 15:18

bah, on apprend tous les jours !
mais ce n'est pas parce que la combe "était bonne" qu'elle l'est ! Il faut se méfier du "paraître"

Invité, le 28.12.13 16:08

Concernant le fait de donner l'alerte avant ou après, c'est vraiment un point qui se discute quand on est seul.

Entre perdre 5-10 minutes à sortir la personne, ou perdre 10 minutes dans l'arrivée d'un médecin (qui pourra lui seul ranimer quelqu'un si il le faut), il faut choisir.

En secourisme, la première chose qu'on apprend, avant de progiduer les premiers soins, c'est de proteger du suraccident (notamment en cas d'accident de la route), puis de donner l'alerte (pompier, 112...).

Si on est plusieurs, c'est nettement plus simple bien évidemment.

Bref, rien de catégorique sur ce point. Chaque situation doit s'adapter. Si l'avalanche est de grande ampleur et qu'on est seul, et que la recherche risque de prendre du temps, il faut à mon avis, commencer par appeler les secours.

Invité, le 28.12.13 16:12

Clair, précis, très instructif. Merci.
Heureux pour vous. Bonne récupération.

xdo : par rapport à ta remarque : "Le 112 essaye de passer par n'importe quel opérateur voire par des lignes militaires.
La couverture dans Belledonne, Lauzière, ... est ainsi quasi totale.
Dans les Ecrins, il y a des trous.
Qui confirme ? "

Ce que je peux dire en tant qu'ancien militaire (alpin), c'est que nous utilisions des postes radio "sécurité" (SIMOCCO) permettant de contacter directement les secours via leur réseau spécifique montagne. Les massifs dans leur ensemble (il doit y avoir encore quelque trous) sont en effet maillés par un réseau de balises radio sur un certain nombre de points hauts ciblés dans les différents massifs. Il est donc possible que le 112 puisse passer par ce réseau. Seuls, les secours (ou des techniciens) pourraient le confirmer.

Invité, le 28.12.13 16:50

Pour avoir bosser avec le parc des Ecrins secteur valbonnais il y a des zones 'noires" où même leur radio de secours ne passent pas... pour le téléphone je pense que perdu au fond du vallon de Valsenestre ça doit être très difficile d'avoir le 112....
Bien content que celà ce finisse bien pour vous

S
spirou73, le 28.12.13 17:13

A la lecture du récit (toujours utile pour tout le monde), et des commentaires: il me vient à l'esprit ceci: La Lauzière est un massif TRES fréquenté, même quand les conditions sont loin d'être bonnes. Du coup, il y a souvent du monde autour et pas trop loin. Là, on dirait qu'il y avait Passo G. dans votre secteur. Du coup, pour appeler du secours, je ne le ferais pas avec le téléphone, mais avec 3 coups de sifflet (intégré maintenant dans toutes les ceintures pectorales des sacs à dos). Creuser à 3, ça va + vite que tout seul, si on sait s'organiser.

Invité, le 28.12.13 17:13

Bonjour
Quelques questions concernant le pelletage.
avant de creuser est ce que tu t'es recule de la hauteur d'enfouissement de la sonde?
Et la zone de pelletage est t'elle en pente ou a plat?
Avais tu une pelle petit gros godet alu plastique?
Merci

L
le ded, le 28.12.13 17:29

@François
Les militaires n'utilisent pas la technologie GSM dans leur transmission radio téléphone 🙂

Invité, le 28.12.13 18:59

La solution est d'avoir avec soi une radio vhf et la fréquence de secours des pisteurs de la station la plus proche de sa sortie.
Les plupart des fréquences est accessible sur le net.
La portée de ces vhf permet souvent de couvrir le maillage manquant des portables.

A
agent_double, le 28.12.13 20:36

La solution est d'avoir avec soi une radio vhf et la fréquence de secours des pisteurs de la station la plus proche de sa sortie.
Les plupart des fréquences est accessible sur le net.


Justement non ça ne fonctionne pas. Les secouristes utilisent la VHF avec le système de relais en montagne dont l'accès est privé et payant. Il faut alors appuyer un coup pour déclencher le relais, puis ré-appuyer pour communiquer. Impossible donc d’émettre sur ces fréquences qui sont codées.

Et puis de toutes façons, il serait illusoire de vouloir essayer de communiquer avec des pisteurs de la station voisine qui est peut-être simplement de l'autre coté d'une vallée ou ça ne passera pas.

La radio VHF en montagne, c'est très capricieux, surtout sans le système de relais auquel on a pas accès.

Puis tu te vois te trimballer avec les fréquences dans ton calepin et faire 15 essais dans le vide ?!!

Reste le portable qui est déjà pas mal, puis les bonnes vieilles méthodes de quand ça n'existait pas...

L
le ded, le 28.12.13 20:46

Oui mais à l'époque c'était du ski de Printemps ... ;-)

A
agent_double, le 28.12.13 21:21

ah bon ??

A écouter certains, y'a 30 ans, on skiait jamais en rando l'hiver.
Cela explique donc que quand mon père partait avec ses skis de rando l'hiver, ce devait être une couverture, pour pas que ma mère sache qu'il allait dans les bordels

++

Invité, le 28.12.13 22:25

J'en connais des qui...partaient à 4 entre noel et jour de l'an avec une tente et 5 jours de bouffe...par d'arva , de smartphone....et surtout comme le grand président Mao....ne comptaient que sur leurs propres forces 😜 Si ça peut inspirer quelques "performers" 🙄
Bravo à nos deux amis de s'etre bien tirés de ce " vent du boulet"!!!

Invité, le 28.12.13 22:39

Bonsoir si vous voulez voir les photos du circuit allé sur camptocamp le 15 décembre 2013 anne sophie martin elle a rentré la rando ont n étaient 5 dans le groupe a faire par neige stable---------------

Invité, le 28.12.13 23:19

Bonsoir Pierre,
Merci pour ce récit
Bon rétablissement à Laurence
En espérant te croiser à nouveau sur des skis
Amic
Olivier Revel

Invité, le 29.12.13 09:43

Bon, tout finit bien, c'est un bon point. On ne peut que s'en féliciter et féliciter Pierre d'avoir secouru Laurence à temps. Bravo.
Maintenant je me permets une incursion sur un autre volet et n'y voyez aucune polémique ou autre (ca y est, on me taxera de vouloir polémiquer peut-être), car forcément tout le monde l'a en tête mais n'en parle pas: le BRA du vendredi pour le massif: 4 (Vanoise, Belledonne, toutes les orientations étaient en noires). Combe de Bridan: très bon jugement, elle semble ne pas craindre. La suite est bien décrite par Pierre: le jugement, le mauvais jugement que "TOUS" nous avons eu un jour sans pour autant aller à la casse. Qui n'a pas failli sans se faire prendre???
Ce n'est pas le Diable comme dit Pierre, car cela est un peu biblique je trouve, mais bien une erreur que fort justement tu reconnais. Quelle humilité.
Ce qui me chagrine, connaissant bien l'un des 2 auteurs de la sortie, c'est ce pourquoi la Lauzière et pas à quelques minutes de chez eux, la Chartreuse (BRA: 3) ou le Vercors (BRA: 3). Et un questionnement que l'on retrouve dans les livres: avez vous discuté de l'opportunité de cette descente par un autre itinéraire? Laurence: as tu fait part de tes doutes à Pierre?
Retapez vous bien!
Bon ski.

V
Vivagel, le 29.12.13 09:56

C'est très intéressant ces récits expliqués en détail et commentés par les acteurs, c'est très instructif et je pense que ce sont de telles lectures qui peuvent ensuite permettre d'allumer automatiquement de petits signaux de vigilance et d'attention sur le terrain.
En tous cas bravo à Timir pour l'efficacité de la recherche arva et du pelletage, je pense que t'as pas dû être radin sur la sueur sur ce coup ! 🙂

Invité, le 29.12.13 09:57

Moi avec un BRA 4/5 je ne fais pas de rando ;on est assez informés aujourd'hui pour s'éviter de telles doses de stress.

Invité, le 29.12.13 11:02

Timir a dit : "Je laisse aux lecteurs le soin de tirer des enseignements de ce récit."

Quels sont les tiens ?

P
Pierrepringy, le 29.12.13 11:29

La vache, sacré récit. Je te fais grace des commentaires genre "tu étais prévenu", "par risque 4 on ne sort pas" etc...Je suis moi aussi sorti par des risques marqués donc je n'ai pas de leçon a te donner. En revanche je reviens sur ton secours proprement dit. Chapeau car tout seul face a tant de neige, ce n'est pas simple. Tu as super bien agit et bravo a toi. Bonne récupération a vous deux et faites gaffe a vous.

L
loulou38, le 29.12.13 16:13

Pour répondre à Oups :
le BRA Lauzière, qui est en fait appelé Maurienne sur le site de MF, indiquait un risque 3 pour vendredi, avec un cumul de neige récente de 25cm, beaucoup moins que sur Belledonne, où le cumul était annoncé à 40cm
Au sujet des oientation en noir, , c'était toutes orientations sur Belledonne, et sur Maurienne, la moitié N ( d'est à ouest ) + plein S
voilà pourquoi on a fait un peu de route, après s'être posés la question d'un tour en Chartreuse, où on craignait le manque de neige vu l'absence de sous-couche
Pour l'itinéraire, nous avons discuté du choix qui a été fait, et pesé le pour et le contre
Nous étions tous les deux conscients que de remonter par là était risqué, c'est juste la pente qui est partie pour laquelle nous n'avions pas le même avis, elle ne me plaisait pas du tout, aussi bien à la descente qu'à la montée, mais sans argument particulier, c'était juste un ressenti, dont je n'ai pas fait part à Pierre
Mais bon , ça n'aurait sans doute pas changé grand chose, parce qu'elle ne craignait pas plus que le reste sur une analyse objective

Invité, le 29.12.13 18:43

Les postes ci dessus donnent l'impression que risque 3 c'est tout bon... be carefule , des jeunes pratiquants vous lisent .

L
LasLas, le 29.12.13 19:38

Je confirme. Le risque estimé par le BRA de ce jour était de 3. Et je suis sortis aux Frettes par la combe de Bridan pour exactement les mêmes raisons.
Après, j'étais dans un mode différent.

Invité, le 29.12.13 19:40

Merci Laurence.
L'objectivité, c'est ton jugement 🙄 (tu l'écris). Je te livre mon expérience du ressenti comme toi.... sauf qu'on a creusé et... qu'on était... à 6000 mètres d'altitude dans la nuit, à la frontale en alpi. On a décampé quand on a vu le manteau. Toute la pente s'est fait la malle peu après. On a eu la chance peut-être de prendre cette décision à ce moment là. En ski de rando, nous l'oublions souvent et c'est normal car le manteau change d'un point à l'autre. Tout le monde le sait.
Il y a une semaine, j'ai creusé en 2 endroits très différents, 2 cols différents sur la même sortie: même chose dans le manteau.... ce qui t'a joué un très mauvais tour ce samedi (gobelets, couche fragile, poudre). 🤢 Rapporté dans une sortie en Lauzière aussi d'après ce même débat. Bon tu ne peux pas tout lire, idem pour Pierre. Moi non plus je ne l'avais pas lu, mais vu par contre.
Pour être objectif, selon moi ce samedi, ca aurait été de creuser au moins une fois. Ok, tu ne le feras pas tous les 10 mètres, c'est normal et impossible à faire. Mais c'est plus objectif de creuser une fois, que le ressenti et peut-être que ca aurait été pour toi une meilleure expérience. Bravo pour ton sang froid sous la neige! 😊
Prudence et bon ski (t'es ressortie, tu descends, tout baigne) 😉

M
Mathilde, le 30.12.13 19:01

Merci pour le récit et le partage d'expérience ! Bon rétablissement à vous.

D
ddaniel, le 08.01.14 09:16

Bonjour
Belle maîtrise du DVA dans une telle situation de stress. Sans doute le résultat d'un entraînement régulier.
Félicitations pour ce compte-rendu très pédagogique qui mérite d'être utilisé dans les formations...
Ce serait bien d'en faire un article plus visible.

Cette sortie