Sortie du samedi 6 juin 2026 (Il y a 2 jours)
Bart-S, marian
Conditions nivologiques, accès & météo
Météo/températures : Bâché dans la nuit, s'ouvrant au petit matin avant de se revoiler fortement jusqu'en fin de matinée. Léger vent de S.
Conditions d'accès/altitude du parking : Parking à l'héliport (se garer un peu avant, au départ du chemin). Route d'accès pas si simple à prendre avec les barrières en bois sur le parking des grands montets!
Altitude de chaussage/déchaussage : sur le glacier à la montée (2300m), un peu plus bas à la descente (2200m) grâce aux névés sur la piste de skis. La bascule moraine/glacier se fait obligatoirement à pieds.
Conditions pour le ski : C'est sec un peu de partout! De visu, toutes les lignes glaciaires sont en glace sauf peut-être le Couturier.
Rimaye de la NNE des Courtes plutôt facile à passer en rive gauche. Face NNE pas trop mal remplie. 20-30 cm de neige froide sur les contrepentes N mais avec un fond dur pas loin, ça purge assez facilement sous les skis à la descente.
Neige dure avec bon grip sur les orientations NE et E, pas décaillées du fait du voile nuageux, mais ça aurait probablement été très bon après 1h de cuisson au soleil.
Cordier en neige quasi tout du long (contre toute attente par rapport à notre impression depuis le bas) en le rejoignant après le premier tiers de la face NNE. Juste 5m un peu plus dry avant de rejoindre la grande pente Nord du sommet des Courtes. La ligne est très belle! Mais la perspective de descendre les sections clés, expo et orientées Est, en neige béton nous a fait préférer une descente moins stressante par le face NNE.
Conditions nivo et activité avalancheuse : Petites purges de surface à la descente dans les zones où la neige froide n'adhérait pas au fond dur.
Skiabilité : 😐 Correcte
Compte rendu (par Bart-S)
Itinéraire suivi : montée par le couloir Cordier, descente par la face NNE après un petit bout d'arête à pieds depuis le sommet.
Horaires : 2h-13h.
Il y a des gens bizarres qui continuent de scruter les bulletins neige et avalanche (spéciale dédicace à MF qui les publie encore de façon détaillée actuellement) et les webcams d’altitude en juin.
Certains d’entre eux sont suffisamment saugrenus pour se donner rendez-vous à 2h du matin sur un parking désert alors qu’ils ne se sont jamais vus.
De façon étonnante, ces personnes nouent tout de suite le dialogue, et débutent une promenade commune en pleine nuit, skis sur le dos, à la lueur de leurs frontales sur plus de 1000m de dénivelé. D’autant plus ridicule qu’un de ces noctambules s’est fait une entorse à la cheville peu de tant avant et marche avec une attelle.
Pour couronner le tout, ces individus sont suffisamment dérangés pour skier des pentes dans lesquelles une chute pourrait avoir des conséquences fatales.
C’est complètement (abs)cons !
A moins que…
…la vue des premières lueurs du jour sur les sommets emblématiques du bassin d’Argentière, passant tour à tour du blanc, au rose puis à l’orange soit de nature à émerveiller l’âme ;
…que le geste machinal d’enfoncer ses piolets dans la neige fraîche qui n’existe désormais plus qu’à ces altitude-là, puis de monter ses pieds l’un après l’autre pendant des heures, ne transporte l’être dans un état méditatif intense ;
…que la sortie au sommet après plus de 7h d’efforts, sans autre présence humaine à la ronde, ne procure un sentiment d’accomplissement rare ;
…que l’enchainement des virages à la descente, tantôt serrés lorsque la neige se fait ferme, tantôt allongés lorsque la poudreuse se manifeste, mais toujours concentré, n’apporte une indicible satisfaction.
Hier soir, on fêtait les 40 ans d’un copain.
Il y a eu les grands rires des jeux de l’après-midi puis les grandes flammes du barbecue de la soirée, avec cette merveilleuse odeur de saucisse grillée.
S’en sont suivies des discussions plus sérieuses, sur l’état du monde en général et de nos petites vies en particulier.
Lorsque mon réveil a vibré dans ma poche à la même heure que la veille, sa sonnerie a été couverte par le gros son de DJ baraques à frites.
Et à la joie d’être entouré de mes potes dans une ambiance électro enivrante, est venue s’ajouter la jubilation d’avoir vécu 24h de ma vie de la façon la plus vivante qu’elle soit.
Ma drogue est désormais rangée au placard pour les 5 prochains mois, jusqu’au retour de cette ‘autre’ poudre blanche.