Sortie du lundi 1 juin 2026
PYF05
Conditions nivologiques, accès & météo
Météo/températures : J1 beau et bon regel/J2 couvert jusqu'à 11:00, pas de regel
Conditions d'accès/altitude du parking : ras
Altitude de chaussage/déchaussage : 2400m / 2350m
Conditions pour le ski : correct au dessus de 3000m, trop mou en dessous (J1 descente trop tardive, J2 pas de regel)
Conditions nivo et activité avalancheuse : fonte généralisée, avalanche de pierres/rochers sous la Séa.
Skiabilité : 😐 Correcte
Compte rendu
Itinéraire suivi/Horaires :
J1 D+1500m 31/05: Ecot (06:30)-Refuge Evettes (08:30)-Grand Méan(11:30)-Pointe de la Piatou 3290m(14:30)-Refuge (16:00)
J2 D+1000m 01/06: Refuge(07:00)-Pied de Ciam(10:00)-Sommet 3450m(12:30)-Refuge(15:30)-déchaussage(17:00)
Le mois de mai n'est plus ce qu'il était, de période idéale pour s'aventurer vers les hauts sommets en rando glaciaire, désormais témoin de la fonte généralisée précoce des cumuls neigeux de l'hiver!
J1:Pointes de Piatou par la lac du Grand Méan.
Après une nuit dans la voiture à Bessans, me voici lancé pour une belle aventure dans le majestueux cirque des Evettes.
L'enneigement est bien trop discontinu pour chausser sous les 2400m, mais la marche d'approche permet une mise en jambes. Petit détour par le refuge pour alléger le sac.
Je repars à l'assaut du Grand Méan à 09:30, le pont romain est le seul passage possible, la cascade gronde comme jamais. J'accède au lac par le sentier d'été, portage conséquent mais bien plus direct. Je chausse à peine sous le lac, toujours aussi grandiose avec son front glaciaire et les pointes environnantes. Long cheminement par la crête qui domine le lac jusqu'au Col de la Disgrâce, menaçant côté italien tant par les pentes austères que par les cumulus porteurs d'orage. Petit crochet par les pointes du Piatou, rien que pour la vue sur les Ciamarella et l'Albaron.
Descente trop tardive par les vastes pentes sous la pointe de Bonneval, mais encore très correcte sur le haut.
Soirée en trappeur solitaire au refuge avec coupage de bois et chauffage au poêle (pas trouvé les alumettes, heureusement je m'en étais muni, sinon bye bye séance séchage et carbonara au bain-marie!), habituelles salutations avec les bouquetins/marmottes qui rôdent aux alentours.
J2: Petite Ciamarella, mais grande frayeur
Réveil sous la grisaille, très mauvaise pour le regel, la longue traversée du plateau est très mollasse dès 07:00, rien de bon pour la suite.
Le passage à gauche du "dégueulis" glaciaire (le terme est malheureusement représentatif de son aspect!) passe bien, et l'arrivée sur le plateau glaciaire au pied de la tour de neige et de glace est somptueuse. Enfin une neige correcte, 2800m!
Après 300m ultérieurs de dénivelée, je fais une petite pause sur un beau rocher banquette au pied de la Séa, face à la grimpette qui s'annonce. 100m de plus et les peaux trempées n'ont plus aucune tenue, j'enfile les crampons. La trace est faite, à priori pas de souci, sauf qu'à 3300m, glace vive non franchissable, je vire à gauche, oups ça sent la rimaye, pas top,...frayeur, nouvelle petite redescente pour aller chercher encore plus à gauche, c'est meilleur! Je prend ensuite tout droit pour me refugier sous la brêche, et là gros boum, du niveau d'un rafale au-dessus de la tête suivi d'un brouhaha sans fin, un morceau de la Séa vient de s'écrouler, sur le rocher qui m'a servi de divan, 1h plus tard et je finissais écrabouillé, 2e frayeur! Encore un effort pour franchir le dernier mur, et me voici étalé par terre, épuisé mais heureux! Le temps s'est enfin mis au beau fixe, et tous les 4000m émergent (Mont-Blanc, Combin, Paradiso). Manque une cinquantaine de mètres pour le sommet proprement dit, à priori sans grosse difficulté, mais fatigue+frayeur+seul dans tout le cirque des Evettes, autant rester en forme pour la belle descente qui s'annonce.
Et elle vaut le coup cette "Tchiam" (prononcer à l'italienne, bien plus chantante et ensoleillée: "tu es grande, tu es belle"), légèrement en dévers, pente soutenue, juste décaillée, parfaite! Belles courbes sur le plateau immense, et me voici très vite de retour dans la mollasse.
Nouvelle longue traversée jusqu'au refuge, puis descente à ski jusqu'à 2350m, en suivant les bouquetins.
Et voilà: encore une belle bambée dans ce coin magnifique, avec des conditions dignes d'une fin juin.