Départ : Prabert (1220 m)
Topo associé : Col de l'Aigleton, Versant SW
Orientation : SW
Dénivelé : 1094 m.
Ski : 2.1
Sortie du samedi 7 février 2026
Conditions nivologiques, accès & météo
Météo/températures : 0 - 2°C
Activité avalancheuse signalée dans la zone ce jour, voir la carte.
Skiabilité : 🙂 Bonne
Compte rendu
Itinéraire suivi :
Horaires : 7h15 - 16h30
L'heure de vérité pour le tank
Ça y est, c'est l'heure de vérité ! Après avoir semi-terrorisé mon beau père et fait expérimenter le planté de bâton à un plantureux breton, c'est au tour de ma femme de partir avec le tank.
L'enjeu est de taille, il faut lui faire apprécier cette belle discipline de la montagne, sinon pas de sorties en amoureux, et pas de sorties, pas de palais, et s'il n'y a pas de palais...alors pas de palais.
Pour cette journée, j'ai mis toutes les cartes de mon côté sisi. Ce sera le Col de l'Aigleton
- Je ne connais pas mais le 3e personnage qui arrive m'en a dit du bien. Donc c'est du solide.
- Beau temps prévu,
- Poudreuse si on ne traîne pas.
- Départ 7 h pour éviter le monde.
- Je lui porte même son appareil photo, c'est comme un crissement de fourchette derrière l'ode à la légèreté qui nous guide vers le haut mais bon...quand on aime on porte...
- Avec nous, on a le Petit Nicolas et le copain Sylvaing alias le 3e personnage faute de meilleur surnom, ils vont dans la même direction que nous mais en 20 fois plus vite et en passant par un chemin un poil plus compliqué, à savoir la Crête de l'Aigleton dont j'espère en voir un compte-rendu.
7h15 départ ! le duo de choc disparaît en 5 minutes après allumage de leur turbo-réacteurs tandis que ma femme enlève déjà écharpe et pulls multicouches. On se retrouve seuls à admirer cette belle nature de sapin et de neige qui s'éveille sous cet éclat bleuté d'un beau samedi. Derrière nous, la belle Chamechaude, blanche dans sa robe de mariée fourni un magnifique spectacle.
L'ambiance est très bonne, on se traîne agréablement comme de dignes contemplatifs et on prend des photos par-ci par là. La neige est praticable tant que l'on reste sur la route, dans les sentiers forestiers indiqués par les panneaux (qu'il faut ignorer) c'est horrible, neige blanche, rare et cailloux noirs de partout... On dirait le drapeau breton. Après avoir chuté sur de la glace comme un cheval qui rate une haie, j'ordonne une retraite stratégique sur la route.
Passé 1600m la neige devient excellente c'est un régal a la montée, rapidement l'immense vallon offre ses courbes et ses sommets à notre vue, on admire, on s'émeut, et on prend les photos aussi. Au loin je ne vois pas l'avant-garde, ils sont sûrement déjà en haut, quelle bande de bouquetins ces deux là...le plan était de monter au Col pendant qu'ils s'enfilent le Col et les Crêtes et de se retrouver plus haut au Lac de Venetier, mais vu leur vitesse d'ascension est-ce qu'on va avoir le temps de les rattraper ? Ça dépend de leur vitesse de progression sur la crête j'imagine, mais c'est dur à estimer ces choses-là pour les gens normaux comme nous...
Les conditions sont idéales, petit vent, collines blanches immaculées et le temps qui se dégage, exactement comme le Saint BERA l'avait énoncé, c'est de bon augure pour la suite. On fait une halte d'une heure pour un exercice DVA pour ma femme, et c'est la totale, principe, un essai à blanc puis un vrai essai pour sauver mon gilet sous 50 cm de neige creusée avec amour. Résultat, cible située en 2min30, pas mal, puis 6 min d'acupuncture à la sonde pour Belledonne, peut mieux faire, et des coups de pelles sans amour pendant 8 min 30 pour sauver le gilet. Ce dernier est malheureusement mort d'asphyxie après plus de 15 min sous la neige mais pour une première c'est pas mal.
On engage ensuite la montée raide, dès 1900 m, faut pas trembler des genoux à ce moment-là, mais heureusement elle assure ses conversions et affronte sans déprime cette nouvelle abîme, les sapins présents nous rassurent de leurs cîmes, nos muscles sous l'effort se compriment et le plateau est atteint sans que nuls ne s'abîme, mais cessons ces douteuses maximes qui tentent ces hasardeuses rimes.
Sur ce plateau disais-je, on quitte définitivement le royaume des sapins pour aborder un nouvel univers complètement blanc, la neige est toujours épaisse et duveteuse, seuls les sapins ont disparu pour ce spectacle rocheux. On est zen et on enchaîne les conversions, à un rythme habituel humble mais maintenu, nul trace des explorateurs sur la crête, petit à petit, la pente devient raide, le soleil commence à chauffer la neige et ma partenaire souffre de ces innombrables conversions. Allez courage un dernier effort !
Après quelques conversions finales et une petite chute, on arrive enfin la haut, on est ravis, la vue estomaque autant qu'elle coupe le souffle, quelle chance de pouvoir accéder à de tels paysages ! On profite ensuite de notre pique-nique pâtes au pesto coppa chèvre et on se prépare à redécoller. Sur la crête j'ai entraperçu vers le début un type en rouge qui semblait grignoter mais ce n'est sûuurement pas nos compères armés d'une telle vitesse d'ascension, on verra bien quand ils seront là. On commence la descente.
C'est là que la partie crousti-fondante commence.
Parce que oui, ma douce moitié est une excellente skieuse, très bonne même, ça fait 10 ans qu'elle donne des conseils à l'ex-sac poubelle glissant toulousain médaillé flocon de neige que j'étais.
Le petit détail que j'avais sous-estimé est qu'elle est une excellente skieuse ALPINE.
Et on descend à 14h, on a raté le créneau poudreuse, la neige est devenue humide et des petites coulées parsèment le trajet qui commence raide.
Au 2e virage in-extremis je comprend que ça va être coton.
Et PAF première chute
Et PIF seconde chute
La pauvre utilise ses 20 ans de ski pour essayer de parcourir 30 m entre chaque virage sans tomber ;( J'essaie de l'aider en lui disant de bien planter son bâton et de ne pas être si en arrière. Tout à coup je me dis que c'est bien ironique que je lui dise ça après tout ce qu'elle m'a appris, la vie est surprenante quand même, peut être que dans 2 ans elle m'apprendra, elle, à jouer aux jeux vidéos qui sait ?
Après 3 ou 4 PAF de plus elle n'en peut plus, elle a l'impression de ne plus savoir skier et d'être revenue au niveau piou-piou. Mais à force de persévérance on avance, mais c'est dur pour elle. Une énième fois elle s'encastre dans la montagne et ne bouge plus du tout. Aïe !
" ça va ?"
" Je ne peux plus relever la tête"
"Aller courage " tentais-je...
Mais bon malgré tout, son niveau de ski reste présent et c'est entier qu'on arrive au Habert pour un petit diabolo bien mérité. Le parfum sapin est pas mal d'ailleurs !
Elle a l'air épuisée mais apprécie la journée, ouf elle ne va pas me revendre sur Le Bon Coin, onglet mari insupportable.
Après cette pause, on termine par le border qui est incroyaaable vraiment j'adore ! Quant à elle, elle ne rêve plus que d'un rêve bleu sous une couette devant un écran et un thé chaud. Mais on arrive sain et sauf à la voiture après une longue traversée par la route très agréable.
Nos compères arrivent une grosse heure après armés de tout leur matériel de grelous ++ et des étoiles dans les yeux, cette Crête n'a semble t'il pas voulu les laisser passer si facilement mais ça c'est sur ce lien : skitour.fr/sorties/184224
Pour nous c'est la fin de la journée, première sortie de couple en ski de rando, un peu fatiguante mais je lui prépare des crêpes maison pour me faire pardonner alors tout vas bien !









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Col de l'Aigleton, Versant SW : Briseur de couple ?


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