Sortie du jeudi 29 janvier 2026
taramont, 100T
Conditions nivologiques, accès & météo
Avec Lidjia
Météo/températures : grand beau avec quelques brumes résiduelles - pas relevé les températures : sans doute légèrement positives - pas de vent
Conditions d'accès/altitude du parking : 970m - RAS - un peu d'affluence, parking non dégagé mais possibilité de se garer
Altitude de chaussage/déchaussage : 970m
Conditions pour le ski :
montée : pénible dans la forêt, trace raide suivant le sentier d'été et peu de possibilité de s'en écarter vu l'emprise de la végétation
descente : pour tout dire, il faut découper la descente en 3 sections :
- des falaises jusqu'à l'entrée du bois, excellente poudreuse profonde et légère
- dans le bois, cheminement peu aisé mais ça passe
- sur la piste : ski facile grâce à un récent damage partiel
vu l'excellence du haut et la facilité du bas, on peut résumer en "skiabilité bonne"
Conditions nivo et activité avalancheuse : environ 50cm de neige récente dans les prés du haut, un peu moins en forêt mais on ne touche quasiment rien ; aucun signe d'instabilitéSkiabilité : 🙂 Bonne
Compte rendu (par taramont)
On pourrait dire 800m de D+ hier, 780m aujourd’hui, c’est bien kif kif. Mais, comme beaucoup de choses qui se disent sans réfléchir, on serait loin de la vérité.
D’ailleurs, l’objectif n’était pas de niveler la productivité – une Slovène ne compte pas, elle apprécie ce qu’elle a sous les yeux et se préoccupe peu de ce qu’elle va avoir dans les jambes. Non, l’objectif était de créer un choc d’éclairage et d’ambiance entre les deux journées. Autrement dit : lui faire voir deux aspects de la réalité chartrousine. Il y en a d’autres bien sûr, mais le séjour de notre amie est bien trop court pour que se déroulent pour elle toutes les merveilles du massif. N’a qu’à revenir, na !
Il y avait avec nous l’ami Jacques toujours enthousiaste devant l’inconnu et pour faire la trace devant nous. L’inconnu lui fut révélé sans rien lui cacher et le laissa ébloui. Comment pourrait-il en être autrement ? On est dans la Chartreuse lumineuse, ne l’oublions pas. Par contre, le fossé de labour était déjà creusé. Et profondément. Merci à ceux qui s’y sont attelés au-delà de la forêt et ont manié le soc avec une régularité métronomique.
Il fallut d’abord remonter la piste non ouverte. En partie par l’itinéraire fléché pour la randonnée, en partie en bord de piste. Damage en cours sans doute en vue du WE.
Puis vint la section forestière. Là, on ne rigole plus. Notre Slovène s’engouffra dans les bois sans en connaître l’issue et nous ne la retrouvâmes qu’à la sortie, laissant le soleil éclairer encore davantage son radieux sourire. Pour moi, ce fut laborieux. Vraisemblablement, un randonneur en raquettes a dû monter par le sentier d’été qui monte abruptement dans la forêt, des randonneurs à skis se sont calés dans cette trace horriblement raide sans se soucier de mon confort à venir. Occupée (bien occupée !) par l’évitement de toute glissade en arrière, je récitai comme un mantra « Monte au Mt Fuji, oh escargot ! Monte lentement, mais monte ! » (ça prend du temps, mais ça marche). Jacques, le patient peut en témoigner.
Enfin, le 3e ciel , antichambre du 7e, fut atteint. A la station du Granier, le prix du ticket d’entrée n’était pas affiché. Mais je le connaissais. Quoique, il me semble que depuis mon dernier passage en fév 2022, la végétation se soit densifiée. Quoiqu’il en soit, j’étais prête à payer le prix. Quand, devant vous, s’étend un champ de poudre dont la date de péremption n’est que pour demain, quand, à vos pieds, se prélassent toute la Vallée des Entremonts et quelques brumes résiduelles, quand les lointains N paraissent être sous la crasse alors que vous pensez à sortir la crème solaire, quand, au-dessus de vous, se dressent les falaises sommitales piquetées de petits pins fort esthétiques, quand vous sentez que vous tenez un champ bourré de neige qui ne demande qu’à voler, vous oubliez de suite ce qu’il vous a fallu d’opiniâtreté pour surmonter tous les obstacles sournoisement jonchés dans la forêt. Vous oubliez même qu’il n’y a pas d’autre chemin de retour pendant que vous bavardez tranquillement avec les pompiers secouristes des Savoies et de la Loire réunies, en exercice, et qui raquettes aux pieds svp, viennent du Granier tout sourire bien qu’ayant bien brassé.
Dire la joie de cette descente, qu’on aurait bien voulu telle que dans la prairie du haut jusqu’en bas, est inutile. Ce sont des moments où l’on sait pourquoi on y revient toujours.
La forêt se négocia au petit bonheur la chance. Chaque arbre est encore debout et nous aussi. La piste était toujours encore à moitié damée et on fut au parking en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Enfin, pour être honnête « on » c’est Lidjia et Jacques. Votre servante a pris quelques pauses qui ne furent pas que contemplatives.
Mission initiation Chartreuse pour Slovène enthousiaste accomplie.
Itinéraire suivi : topo jusqu'au pied des barres - 7,7km
Horaires : départ 9h50