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Dans les Alpes, la course à l’altitude des stations de ski - Politique et Société


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Dans les Alpes, la course à l’altitude des stations de ski

Proposé par Nemo le 01.01.20 à 13:40 :: www.lemonde.fr :: 2952 vus :: 897 clics :: 12 commentaires :: Politique et Société

Les stations de moyenne altitude sont fragilisées par les effets du changement climatique, et peinent à élaborer une stratégie collective pour y faire face. »

Commentaires

Vinchy, le 01.01.20 22:25

Comme l'article est réservé aux abonnés, il serait plus logique de ne pas le faire figurer ds les actus Skitour du coup non?

N
Nemo, le 03.01.20 08:55

Dans les Alpes, la course à l’altitude des stations de ski
Les stations de moyenne altitude sont fragilisées par les effets du changement climatique, et peinent à élaborer une stratégie collective pour y faire face.
Par Nathalie Grynszpan Publié le 31 décembre 2019

Des projets de téléskis ou télésièges permettront de monter à plus de 2500 mètres d’altitude sur des sites encore indemnes de toutes installation.

Année après année, les mesures le confirment, les stations de ski de moyenne montagne sont en première ligne face aux effets du réchauffement. Dans les Alpes, le début de la saison hivernale s’en ressent. Après des chutes de neige importantes à moyenne altitude, la limite pluie-neige est remontée au-dessus de 1 200 mètres. Il a beaucoup plu sur les stations des Préalpes du Vercors au massif des Bauges.
« Au col de Porte [à 1 325 mètres dans le massif de la Chartreuse], l’épaisseur moyenne de neige en hiver pour la période 1990-2017 est en moyenne 39 cm plus basse que pour la période 1960-1990, soit une baisse de 40 % environ, notait le Centre national de recherches météorologiques dans une étude parue en 2018. La température de l’air en hiver a augmenté de près d’un degré sur la même période. » Les variations restent importantes d’une année sur l’autre. « Les hivers bien enneigés seront de plus en plus rares et les hivers peu enneigés de plus en plus fréquents », préviennent toutefois les auteurs.
Jusqu’à présent, la stratégie des collectivités qui vivent du tourisme de neige pour faire face à cette évolution a surtout consisté à investir lourdement dans des équipements de neige de culture – controversés en raison de leur impact environnemental, notamment sur les ressources en eau. Au-delà, aucune réflexion n’est engagée sur l’avenir des sites fragilisés, qui n’ont pas de capacités d’investissement suffisantes pour couvrir en neige de culture une proportion importante de leur domaine skiable.
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Doivent-ils s’engager sur la voie d’une diversification, voire anticiper la baisse de l’enneigement en supprimant les équipements de certains sites peu rentables ? Ce n’est pas la direction prise, bien au contraire. A l’image de ce qui se profile dans la vallée de la Maurienne en Savoie. Sur ses 22 stations, près de la moitié sont considérées comme fragiles à l’horizon 2030 en raison d’une implantation à 1 500 mètres d’altitude mais également du fait de leur petite taille. La seule orientation pour contrer les effets du changement climatique dans les dix prochaines années consiste à poursuivre l’équipement en remontées mécaniques de la montagne… plus haut en altitude, là où les chutes de neige sont encore assurées.
Projets d’extension de domaines skiables
C’est ainsi que six projets d’extension de domaines skiables ont été inscrits dans le schéma de cohérence territoriale (SCOT) de la vallée de la Maurienne à l’horizon 2030. A Val Cenis, Aussois, Saint-François-Longchamp, Albiez-Montrond et Les Karellis, des projets de téléskis ou télésièges permettront de monter encore plus haut jusqu’aux crêtes à plus de 2 500 mètres d’altitude, sur des sites encore indemnes d0e toute installation.
Entre Valmeinier et Valfréjus, un équipement pharaonique de six remontées mécaniques avec des pistes de ski est prévu pour traverser le vallon encore vierge d’Orelle, à 2 600 mètres d’altitude, en bordure du site classé du massif du Thabor. Ce projet, dénommé la Croix du Sud, consommerait 85 hectares d’un espace aujourd’hui parcouru par les randonneurs, à skis en hiver, et à pied en été.
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La stratégie qui vise à préserver à tout prix l’activité économique du ski est fortement critiquée, à commencer par la Mission régionale d’autorité environnementale Auvergne-Rhône-Alpes (MRAE). Appelée à donner son avis sur le projet de SCOT, la mission note que « le développement des domaines skiables “par le haut”, porteur des effets environnementaux en général les plus significatifs, apparaît motivé par une volonté d’augmenter l’attractivité économique à très court terme et ne fait pas l’examen de solutions de substitutions raisonnables ». Pour l’autorité environnementale , « certains de ces projets tels que l’interconnexion de la Croix du Sud, l’extension des domaines skiables de Val Cenis ou d’Aussois, sont susceptibles de causer des dommages très significatifs voire irréversibles, à des milieux écologiques d’une valeur exceptionnelle ».
Ces critiques sont balayées par Michel Bouvard, vice-président aux finances du Conseil départemental. L’ancien député LR de la Maurienne (1993-2012) veut croire que ce nouveau grand domaine skiable de la Croix du Sud, offrirait une « garantie neige » et permettrait de « consolider le modèle économique de la vallée » en attirant une clientèle internationale. Avec ses 165 000 lits touristiques pour 43 000 habitants, l’activité du ski en Maurienne génère 97,8 millions d’euros soit 15 % des recettes du département de la Savoie.
« La diversification n’a que peu d’écho »
Dès lors se pose la question : quels sont les bons investissements pour pérenniser l’activité touristique de la vallée savoyarde au-delà de 2050 ? Investir à trente ans, la durée d’amortissement d’une remontée mécanique ? Ou investir dès aujourd’hui dans de nouvelles activités sans doute moins génératrices de recettes que le forfait de ski mais susceptibles de se maintenir, voire de se développer (randonnée, vélo, tiroliennes, voire balnéothérapie...) ?
Martine Noraz, maire (sans étiquette) de Valmeinier de 2008 à 2014, est convaincue pour sa part que « la donne climatique a changé », qu’il faut désormais « réduire la voilure », en clair « accepter d’être moins riches ». L’ancienne élue regrette que chaque station tente de préserver ses acquis plutôt que de travailler collectivement à un projet pour la vallée, de construire un tourisme à l’année en valorisant l’environnement naturel de la montagne, et non sur les trois semaines d’activité hivernale.
Pour Lionel Laslaz, directeur du département de géographie de l’Université Savoie-Mont-Blanc, « le poids du ski reste tel que la diversification n’a que peu d’écho auprès des élus. Le ski reste le levier principal et les chiffres le démontrent ». Mais « le système atteint ses limites », avertit M. Laslaz, avec les conséquences environnementales des équipements, le prix toujours plus élevé des forfaits de ski et des territoires structurés autour de la seule activité hivernale.
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« A trente ans, on peut encore investir », rétorque Alexandre Maulin, président de Domaines skiables de France (DSF), la chambre professionnelle des opérateurs de domaines skiables. « C’est après 2050 qu’il y a une part d’inconnue », et de reconnaître que DSF n’a pas encore de « doctrine sur le changement climatique ». « C’est un sujet qu’on étudie, on commence à en parler », précise M. Maulin. Pour preuve, lors de son dernier congrès national, en octobre 2019 à Besançon, les exploitants ont abordé pour la première fois cette question en invitant Samuel Morin, directeur du Centre d’Etude de la Neige (CNRM-Météo France) contributeur au rapport spécial du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) sur les océans et la cryosphère pour le chapitre sur l’évolution de l’enneigement à l’horizon 2050. Sans en tirer pour l’instant d’enseignement.
Nathalie Grynszpan (Chambéry, correspondante)

Invité, le 03.01.20 11:11

Merci beaucoup Némo pour le copier/coller de cet article, qui montre une fois encore, et comme dans tous les domaines, que les bénéficiaires d'un système très lucratif font TOUT pour préserver leurs acquis, et que l'écologie et la préservation de notre environnement pour nous et nos enfants, pffffff c'est pour les rêveurs, voire c'est tout simplement des bêtises.
C'est vrai, on est peu un bêta nous autres à croire que le réchauffement climatique va dégrader nos modes de vie, ou même notre vie tout court, vous croyez pas ?

S
sakul, le 03.01.20 17:50

merci pour le partage.

P
Pilator, le 03.01.20 19:02

"C'est à la fin de la foire que l'on compte les bouses" : dans trente ans, la profession de nettoyeur de montagnes aura le vent en poupe...
Personnellement, je ne comprends vraiment pas comment la balnéothérapie, les tyroliennes (et via-ferrata) pourraient être présentées comme des alternatives douces !

Invité, le 03.01.20 19:27

Cette évolution climatique m'inquiète beaucoup dans le sens ou la pierre angulaire de l'économie de nos montagnes est la saison d'hiver (~80 000 saisonniers, sans compter les locaux et les retombées indirectes). Les aménageurs de la montagne ont donc le cul entre 2 chaises :
1) faut-il ne rien faire ? Quitte à supprimer des emplois ?
2) ou équiper plus haut quand c'est possible ? Afin de soutenir cette économie au détriment (malheureusement) de l'aspect environnemental ?
C'est un choix cornélien. Une 3ème option serait d'aller vers un autre tourisme en proposant d'autres activités et d'arrêter le ski sous 1800/1500m. Mais quelques choses me dit qu'on arrivera pas à attirer autant de monde... Bref j'ai bien peur que l'on assiste à cette course à l'altitude.

V
Vivagel, le 03.01.20 20:34

Il y a peut-être d'autres pistes de développement que le tourisme, au moins dans les vallées ?

T
TMSA, le 03.01.20 21:48

Supprimer des emplois ? De quels emplois parle-t-on ? A l'heure actuelle les saisonniers arrivent en masse pour la saison. Ils ne s'agit donc pas d'emplois qui profiteraient aux gens de ces vallées sinistrées suite à l’effondrement des industries.
C'est pour cette raison qu'en Maurienne les stations n’ouvrent pas avant les vacances de Noël même si l’enneigement le permet. Contrairement à Chamrousse ou 7 laux par exemple.

Actuellement le projet le plus effrayant reste celui de la croix du sud. L'avis défavorable pour cet UTN suffira-t-il à bloquer définitivement ce projet ?

Invité, le 04.01.20 17:59

@TMSA Il doit bien y avoir des saisonniers qui sont du coin dans le lot mais je ne serais dire la proportion. Justement seriez-vous m'indiquer ce chiffre ?

Invité, le 04.01.20 18:30

La fuite en avant vers le haut n'est qu'un aspect du changement de l'économie touristique en cours : le Club Med ( capitaux chinois ) n'est plus celui de nos parents; ça ressemble de plus en plus à une big company mondiale, à la suite de la Cie des Alpes, pour construire des ensembles semblables aux nouveaux paquebots de croisière géants dans leur modèle touristique autonome ( il arrive même que ça y ressemble aux Arcs ...) et faire venir une clientèle nouvelle, et lointaine ... bon, il y aura du personnel précaire embauché sur place, mais la planète on s'en occupe quand ?

Invité, le 04.01.20 19:01

c'est une epidemie pire que la gastro !
projet de révision du scot Fier-Aravis :
www.ccvt.fr/SCOT-Fier-Aravi
L'enquète publique cours jusqu'au 8 janvier:
www.mairie-thones.fr/fr/actualite/172689/procedure-enquete-publique-scot-fier-aravis

Ici on ne peut pas aller chercher plus haut, alors on s'étale et on bétonne !

N
nenessed, le 04.01.20 22:25

Ne vous inquiétez pas lorsque la fin du pétrole arrivera et elle arrivera (c'est juste qq décennies ) tous ces débats n'auront plus lieu d'être , les stations seront toutes fermées , les boutiques de skis auront disparu tout comme tous les magasins de sport qui vendent du pétrole !

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