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Accueil > Actu > Ski de randonnée > « Si les mentalités ne changent pas, nous n'y arriverons pas » !

« Si les mentalités ne changent pas, nous n'y arriverons pas » ! - Ski de randonnée


18 votes

« Si les mentalités ne changent pas, nous n'y arriverons pas » !

Proposé par jc69 le 07.04.10 à 13:34 :: www.ledauphine.com :: 1407 clics :: 40 commentaires :: Ski de randonnée

Interview du Directeur de l'ANENA »

Commentaires

J
jc69, le 07.04.10 13:39

Nous avons entendu le même genre de discours sur la sécurité routière. Et comme les statistiques restaient mauvaises, les sanctions se sont accrues.
J'espère que nous n'en arriverons pas là pour le ski de randonnée,une des rares activités où règne un vrai sentiment de liberté.

D
davidg, le 07.04.10 21:37

> Nous avons entendu le même genre de discours sur la sécurité routière. Et comme les statistiques restaient mauvaises

de 8k a 5k morts par an, c'es deja pas mal.

jcr74, le 07.04.10 23:24

Ce n'est pas comparable avec la sécurité routière...

L'ANENA est issue du monde de la montagne et les propos de Dominique Letang sont très juste et pleins de bon sens.

Certains randonneurs s'engagent et la passion est souvent plus forte qu'une raisonnable retenue.

J'espère vraiment que la montagne restera un espace de liberté.

Invité, le 08.04.10 08:02

je trouve aussi très juste ces propos.de quelqu'un...qui a fait une grande partie de sa carrère au PGHM.......
ce qui me frappe aussi dans ces évènements ,c'est qu'il est très peu question des "risques" que prennent les secouristes:équipage hélico ,PG,CRSetc.....j'ai trouvé à ce propos intéressant la parole donné à un équipage SECURITE CIVILE dans le DL d'hier....c'est leur métier mais il y en a qui y ont laissé la vie.......

P
Pierre*, le 08.04.10 08:05

Je trouve qu'il y a quand même pas mal de sur-réactions depuis ce week-end.

Comme souvent actuellement dans notre société on est dans l'émotionnel. On a l'impression que brusquement le nombre d'accidents est en augmentation depuis peu et qu'il devient urgent de prendre des mesures.
Or le bilan de cette année est certes mauvais (déjà plus de victimes que pour tout la saison dernière) mais on a déjà eu des années mauvaises. Le nombre de victimes est relativement stable depuis 10 ans (peut-être en légère augmentation) alors qu'on sait que le nombre de randonneurs a explosé dans le même temps. Cette année les conditions nivo sont délicates et c'est normal qu'on déplore plus d'accidents qu'une année où il y a eu un anticyclone d'hiver pendant 3 mois. Il faut quand même étudier les tendances sur quelques saisons et rapporter ça au nombre de participants.

L'anena devrait quand même prendre plus recul même si les propos tenus dans l'article ont du sens.

Invité, le 08.04.10 08:40

"c'est normal qu'on déplore plus d'accidents qu'une année où il y a eu un anticyclone d'hiver pendant 3 mois."

ce genre de remarque implique finalement qu'on (l'ensemble de podefokeur) adapte relativement peu le choix des sorties aux conditions nivo-meteo.
On (en moyenne) a sa liste de courses que l'on veut réaliser dans la saison et on y va. Si l'anticyclone est là depuis trois mois, y'aura pas bcp de morts. Si le mauvais temps et les chutes de neiges sont récurrentes, on y va quand même et il y aura plus de morts. Je force le trait un peu certes mais je crois être dans le vrai. Et quand on voit les deux derniers pics de mortalité en hors-pistes cette année et 06/07, ça confirme cette tendance.

Perso je partage l'avis du directeur de l'ANENA et je suis persuadé que si l'on veut baisser la mortalité, ça doit venir essentiellement des pratiquants. L'amélioration des méthodes genre Munter, de la qualité des prévisions météo, de la façon de representer le risque avec un chiffre... etc... ne changera pas grand chose.

Certes on peut aussi se réconforter mathématiquement en se disant que le nombre de morts augmente peu par rapport au nombre de pratiquants. C'est quand même se cacher derrière sont p'tit doigt, je trouve.

A
ANENA, le 08.04.10 08:53

Bonjour tout le monde,

Ne vous inquiétez pas, on prend du recul ... Et on sait très bien que, alors que la fréquentation a augmenté au cours des 20 dernières années (tant en rando qu'en hors-piste), le nombre d'accidents mortels et de décédés par an oscille toujours autour des mêmes chiffres : 21 et 31. Et on sait très bien également que ces chiffres ont tendances à osciller selon les conditions globales de l'hiver. Cependant, on aimerait bien les faire baisser ces chiffres ! Il y a peut être encore une "marge de manoeuvre" vers le bas.
Par exemple : cette année, 7 accidents mortels (sur les 31) où la personne pratique en solitaire. 5 décédés ensevelis plus de 12 heures ... Un des conseils de prévention de base que l'ensemble de la communauté connaît (mais n'applique pas forcément) est "jamais seul". Et je ne suis pas certain que toutes les personnes qui s'étaient engagées seules avaient réellement pris toute la mesure des éventuelles conséquences.
Autre exemple de cette année (et c'est une tendance que l'on ressent depuis quelques temps déjà) : 8 accidents mortels dans des pentes à plus de 30° alors que le BRA est à 4. Hop, vous enflammez pas, je sais que, dit comme ça, ça ne veut presque rien dire ... mais quand je vois que certains d'entre vous considère encore le risque 3 comme "moyen" parce qu'au milieur de l'échelle, je me pose des questions. Le risque 3 est dans le haut de l'échelle en ce qui concerne les "déclenchements provoqués", et le risque 4 est le risque maximum pour le pratiquant (pas de différence entre 4 et 5 en ce qui concerne les déclenchements provoquées, la différence concerne les départs spontanés). Donc, ce que je veux dire, c'est qu'en 4 (c'est à dire quand même assez rarement dans l'année), on doit faire plus qu'envisager de renoncer à une pente ... Et pour finir sur cet exemple, je vous livre le commentaire d'un secouriste d'une des fiches d'accident que j'ai réceptionnée en début d'année (accident par risque 4) :
"rien de plus [que les infos renseignées] : montée en peau par risque 4, au milieu de coulées déjà parties naturellement, et à la première pente un peu raide ..." [boum]. Je pense franchement qu'il faut qu'on apprenne vraiment à faire une introspection avant de s'engager (on éviterait parfois certains pièges de l'inconscient), rester vigilant non-stop (y'a des ingrédients "détonants") et RENONCER ... je sais, c'est dur.
fred

P
Pierre*, le 08.04.10 08:54

En théorie effectivement, le randonneur devrait parfaitement s'adapter aux conditions et en parfaite logique dans un monde parfait une année aux conditions nivos délicates ne devrait pas faire plus de victimes (même moins puisque les gens devraient rester chez eux). Mais on n'est pas dans un monde parfait et ce genre ne raccourcis ne fonctionne pas.

En fait ce qui m'a fait réagir, ce n'est pas forcément ce qui est dit dans cet article (des évidences bonnes à rappeler avec lesquelles on ne peut qu'être d'accord) mais plutôt le ton et surtout la dernière petite phrase.

Concernant le nombre d'accidents qui augmente peu par rapport au nombre de pratiquants qui explose, ce n'est évidemment pas une raison pour se satisfaire du bilan actuel, mais c'est quand même une donnée essentielle à rappeler.

P
Pierre*, le 08.04.10 09:00

Je viens de lire le post de Fred. Entièrement d'accord. Il ne faut pas se satisfaire d'une stabilisation mais tenter d'aller vers une baisse. Mais dans le discours actuel, on a plutôt l'impression que le nombre d'accidents est en hausse dramatique et qu'il devient urgent de prendre des mesures (législatives ??).
Ce discours largement entretenu par les médias (également en Suisse actuellement) devrait quand même être tempéré.

Invité, le 08.04.10 09:28

"mais plutôt le ton et surtout la dernière petite phrase."

ouais bof... le ton dans toutes les formes écrites (interviews, e-mail, forum...), c'est très subjectif et ça vient essentiellement de l'interprétation du lecteur. De plus le "ton" c'est relatif à la forme. Mieux vaut, quand on est pas d'accord, avancer des arguments et des contre-arguments sur le fond, non?

P
Pierre*, le 08.04.10 09:42

OK alors je ne suis pas d'accord sur le fond de la dernière phrase et de sa deuxième partie en particulier: "Si les mentalités ne changent pas, nous n'y arriverons pas et des skieurs vont continuer à mourir dans l'indifférence générale."

On n'est justement pas du tout dans l'indifférence générale et justement le nombre de victimes rapporté au nombre de pratiquants est plutôt à la baisse. Donc oui faisons mieux et ne nous satisfaisons pas de cette baisse mais non les gens ne sont pas indifférents aux accidents.

F
Francoua, le 08.04.10 10:10

Dans 15 jours, on n'en parlera plus... chaque fois qu'il y a une "crue" d'accidents, c'est la même chose.

Invité, le 08.04.10 10:24

Pïerre : "non les gens ne sont pas indifférents aux accidents."
Francoua : "Dans 15 jours, on n'en parlera plus"

C'est plutôt troublant de lire ces 2 phrases à la suite, non ?

Invité, le 08.04.10 10:32

Francoua est simplement réaliste.

M
maya, le 08.04.10 10:42

oh oui, on est loin, me semble t'il, "de skieurs qui meurent dans l'indifférence générale" on serait pas plutôt parfois dans le "sensationnalisme" avec pléthores de titres de journaux locaux dès que la neige coule sur les pentes?! même les JT nationaux en font leur 1 parfois!! Bon certes ce type d'info plus ou moins "choc" peut faire office d'appels à la prudence avec parfois de bons aspects disons "pédagogiques" dans les articles et reportages qui en découlent!

Invité, le 08.04.10 10:57

faudra-t-il rappeler la définition du mot "indifférence" ? si on n'en parle plus dans 15 jours, je trouve que ça se rapproche pas mal de l'indifférence. Biensûr que l'on est triste quand quelqu'un de proche ou non disparaît en montagne mais est-ce pour cela que les mentalités changent ? je n'en suis pas certaine, et c'est là le sens de la dernière de l'interview ci-dessus.

E
Etienne-H-, le 08.04.10 11:23

On vit sur la même planète ou bien?
Que ce soit lors d'un séisme à Haïti, sur un trottoir parisien par -3°C, dans un autobus qui n'aurait pas du descendre la côte de la Laffrey, sous une avalanche en Belledonne, on meurt, point.
On en parle un certain temps, on s'émeut. Ensuite les vivants continuent à vivre.
Que la vie poursuive son cours, c'est ça que l'on appelle "l'indifférence générale"?

Invité, le 08.04.10 11:41

ouais c'est ça. D'ailleurs, je dirais plutôt : que la vie poursuive son cours comme si de rien n'était, c'est ça que l'on appelle "l'indifférence générale".

Autre explication plus rationnelle, et c'est gentil de l'avoir proposée ;-) on ne vit pas sur la même planète.

V
Valmag, le 08.04.10 12:45

"Si les mentalités ne changent pas, nous n'y arriverons pas et des skieurs vont continuer à mourir dans l'indifférence générale."
C'est au contraire le fond du problème. On voit bien à travers tous les débats de ces jours que les mentalités ne sont pas prêtes à évoluer et, qu'après l'émotion du moment, l'indifférence générale justement va à nouveau prendre le dessus.
Il serait quand même temps de considérer le risque 3 pour ce qu'il est, c'est-à-dire un risque marqué. Malheureusement, après un hochement dubitatif de tête, on va continuer comme avant. Penser, c'est tout juste si on n'a pas reproché à MF d'avoir mis 3 et pas 4 parce qu'il y avait des avalanches et des interventions du PGHM !

N
Nemo, le 08.04.10 12:51

Bon après avoir fait tous les efforts nécessaire à la bonne information des podefoqueurs .... pourquoi pas se dire que ceux qui décident d'aller faire de la pente par risque 3 ou 4 ont fait leur choix et que si ils se font coffrer , ils assument ?
Que chacun est responsable de ses choix, que MF fait correctement sont boulot, que l'échelle de risque peut être du 3, 5, 10 ou 347 ca ne changera rien, et que la vie vaut tout simplement le risque de mourir ?
Un randonneur qui reste à l'abri par risque 4 et accepte que d'autres ne s'y mettent pas

V
Valmag, le 08.04.10 13:01

Ce serait trop simple, car ceux qui vont assumer ce sont ceux qui restent et ce sont les sauveteurs qui malgré tout vont y aller ...

P
Pierre*, le 08.04.10 13:10

@Béa: enfin ce manichéisme où on oppose indifférence et le fait qu'on continue à vivre et à sortir, j'adhère pas du tout.

Plus généralement, je suis contre le sensationnalisme. Qu'on veuille réduire les accidents, éduquer les gens, faire évoluer leurs comportements vers plus de sécurité, je suis pour mais je suis également pour présenter les choses telles qu'elles sont. Et vouloir réduire le nombre d'accidents ne doit pas occulter le fait que contrairement à ce qu'on veut souvent nous faire croire, il n'y a pas d'augmentation depuis 10-20-30 ans.

Ces à-coups dans l'information, ces sur-réactions sont néfastes à une prise de conscience réelle. On est dans l'événementiel, dans le court terme.

P
Pierre*, le 08.04.10 13:19

@vallou05: concernant le problème des sauveteurs, qui n'est pas celui de cette discussion, on parle trop souvent à leur place. http://info.rsr.ch/fr/rsr.html?siteSect=4001&broadcastId=730216&bcItemId=11806309 un sauveteur parle...
C'est juste dommage que l'interview soit tronquée et qu'on n'ait pas le passage où il parle de ses motivations.

V
Valmag, le 08.04.10 13:36

@ Pierre. J'ai fait allusion aux sauveteurs en réponse à Némo. Le sauveteur interviewé confirme justement mes quelques mots et même au delà !
Personne ne peut donc se dire, c'est mon affaire de sortir par risque 3 et 4 et j'assume si je me fais coffrer. Non, ça ne marche pas comme ça !

J
jiel, le 08.04.10 14:01

Par Pïerre :
"je suis pour mais je suis également pour présenter les choses telles qu'elles sont"

donc

"... sous les spatules des trois premiers, toute la pente se déroba ... Les skieurs étaient considérés comme aguerris. ..."

extrait du DL
http://www.ledauphine.com/chamonix-une-enorme-avalanche-de-plaque-fait-trois-morts-@/index.jspz?chaine=23&article=285155

"3. Risque marqué

L'instabilité s'aggrave et s'étend à de nombreuses pentes dont les particularités topographiques sont généralement décrites dans le bulletin. Suivant les situations, il sera fait mention des zones les plus exposées, sans oublier que la réalité du terrain, notamment après des épisodes de neige ventée, exclut une localisation trop stricte des secteurs. L'instabilité est alors assez marquée pour que des déclenchements puissent se produire sous l'effet de faibles surcharges, comme le passage d'un seul skieur. Dans le cas où une activité avalancheuse " naturelle " est prévue, celle-ci doit se traduire par un nombre restreint d'avalanches, de moyenne importance dans la majorité des cas, quelques-unes d'entre elles seulement pouvant prendre une assez grande extension. ..."

Extrait de http://www.meteo.fr/guide/avalanche_guide.html

Pour un risque 3, il faut bien donc bien retenir la phrase suivante :

" L'instabilité est alors assez marquée pour que des déclenchements puissent se produire sous l'effet de faibles surcharges, comme le passage d'un seul skieur."

Ce qui abouti à la colère justifiée de Dominique Letang qui finit par souligner :
"Dans l'avalanche des Aiguilles rouges (trois morts lundi), les trois skieurs victimes se sont engagés en même temps sur la plaque alors qu'il est bien connu que sur terrain dangereux, il faut maintenir les espaces."

Comment pourrait-on dire que sa conclusion n'est pas justifiée ?

J
jiel, le 08.04.10 14:02

Pas pratique pour écrire et se relire ... il vaudrait mieux ouvrir une discussion !!!!!

B
Bistourett, le 08.04.10 14:23

Un graphique brut de décoffrage sur les morts par avalanche en ski de rando (données prises sur le site de l'Anena). A comparer avec l'évolution du nombre de pratiquants.
http://imagik.fr/view-rl/237582

A
ANENA, le 08.04.10 15:38

Re,

Le graph est OK, mais il faut d'une manière générale se méfier des tendances linéaires sur le nombre de décédés. On a l'habitude de travailler sur le nombre d'accidents mortels, et non pas de décédés, car, parce qu'on travaille sur des quantités réduites, un seul accident mortel impliquant un grand nombre de décédés (4 ou plus) peut infléchir facilement la courbe de tendance. Cela dit, il y a effectivement une augmentation du nombre moyen d'accidents mortels en randonnée entre les périodes 2000-2005 et 2005-2010. On avait cependant constaté une baisse entre les périodes précédentes (1995-2005 et 2000-2005). Les saisons 2005-06, 2008-09 et 2009-10 sont catastrophiques pour la randonnée et font que la courbe grimpe vers le haut.
La question que l'on peut se poser est : ces trois années cata découlent-elles d'un changement de comportement des randonneurs ou de conditions nivo-météo propices ?
un petit graphique pour la route par ici : http://imagik.fr/view-rl/237641
Je rajoute que, sur les 40 dernières années, la courbe des accidents mortels en randonnée en France est plutôt stable (très légère hausse, sans commune mesure avec l'évolution du nombre de pratiquants). un autre graph ici : http://imagik.fr/view-rl/237647
Fred

B
Bistourett, le 08.04.10 15:56

Merci pour ces deux graphiques qui permettent de prendre un peu de recul. Peut-on trouver quelque part une estimation de l'évolution du nombre de pratiquants voire de la fréquence de pratique ?

Invité, le 08.04.10 15:57

Anena a écrit :
"... Par exemple : cette année, 7 accidents mortels (sur les 31) où la personne pratique en solitaire. 5 décédés ensevelis plus de 12 heures ... Un des conseils de prévention de base que l'ensemble de la communauté connaît (mais n'applique pas forcément) est "jamais seul". Et je ne suis pas certain que toutes les personnes qui s'étaient engagées seules avaient réellement pris toute la mesure des éventuelles conséquences...."

Juste un témoignage par rapport à ce "conseil" de l'ANENA que je ressent comme très normatif, et pas loin de la règlementation :

Je fais régulièrement des randonnées à ski seul.
j'essaie d'être prudent, dans une pratique qui ne l'est pas.
j'y prend du plaisir.
J'assume.
Je ne dis pas toujours où je vais, car je ne le sais pas forcément à l'avance.
La montagne, c'est trés dangereux. Partir seul multiplie les risques. Les formations que j'ai reçues (FFCAM), l'information que je trouve facilement (BRA, sites web, refuges, webcams, ANENA, ...), l'expérience de 30 années de pratique du ski de randonnée, tout celà m'aide à éviter les pièges du terrain, ..... jusqu'au jour où ......
J'ai un contrat "assurance-vie" et un un contrat "obsèques".
C'est ma liberté.
Pour ceux qui ne veulent pas prendre de risques, il y a le ski de piste, le ski nordique, ... , la pétanque (ne pas abuser du Ricard quand même).

A
ANENA, le 08.04.10 16:37

Re re,

bon, voilà pourquoi je n'aime pas vraiment intervenir sur les forums .... parce qu'après, on ne s'en sort plus !
@PiB : je respecte personnellement totalement ton choix et ton point de vue, et même, je le comprend. Tu sembles justement faire parti de ces personnes "qui ont pris toute la mesure des éventuelles conséquences" d'un accident, comme je l'ai ajouté.
Après, l'un des rôles de l'Anena, c'est de faire de la prévention et de donner des conseils. Je voulais juste souligner le fait que, peut être, si ces personnes avaient été accompagnées, leur sort n'aurait peut être pas été le même (on pourra me rétorquer que ça aurait pu être pire, avec plus de personnes sous l'avalanche !). C'est un conseil "basique" de prévention avalanche, comme celui de porter un DVA, une sonde et une pelle, etc. etc.
On peut sans doute dire que c'est "normatif" (une norme de prévention en quelque sorte) ... mais ça n'est en aucun cas "réglementaire".
Et c'est cette différence qui fait qu'on est encore libre en montagne. Et qu'on souhaite mettre l'accent sur la prévention avant que le législateur ne mette son nez là-dedans.
Aurais-je ouvert la boite de Pandore ?
fred.

V
Valmag, le 08.04.10 17:36

à ANENA, je te comprends, un mot est vite trituré dans tous les sens, lesquels sens ne seront pas toujours identiques pour tout le monde !
Chacun ramène les conseils généraux à sa petite personne et va trouver un biais pour s'en dispenser mais sera éventuellement le premier à les donner à un néophyte ...

Invité, le 08.04.10 17:42

100% avec Fred de l'ANENA et plus intransigeant que lui sur le sujet car moins besoin de "politiquement correct".

Je suis d'ailleurs intervenu après 4 pages de conneries sur le sujet "sécurité en solo"
http://www.skitour.fr/forum/read_147239.html,
pour dire la même chose que lui.

J'hallucine... le solo brave quand même la règle élémentaire de sécurité... "sortir en montagne à plusieurs". Mais bon, à skitour le débat est éternel... y a toujours des Mr Gros-malin qui sont passé au travers des gouttes... en en gardant sous le semelle et en étant vigilant, qu'il nous disent... at qui sont pret à rencarder les autres sur le pourquoi du comment.

Je ne les traite pas de Charlots...mais de Chanceux...et lit donc avec beaucoup de recul les renseignements nivologiques de Skitour

Invité, le 08.04.10 18:22

"J'hallucine... le solo brave quand même la règle élémentaire de sécurité... "sortir en montagne à plusieurs"."

Les accidents de lundi dernier montrent malheureusement le contraire.
Sortir seul augmente la sécurité. Par contre on grille de facto le jocker du secours. Chacun sa "stratégie" mais à titre perso, quand je vais en montagne, que ce soit seul (le plus souvent) ou à plusieurs, mon but n'est pas de pouvoir me faire secourir, mon but c'est de ne pas me faire emporter par une coulée.

[mode je m'enerve gentillement on]
je trouve quand même effarant qu'en 2010, on puisse encore confondre sécurité et secours.
Fred, merci très sincèrement de tes interventions mais quand je lis ça:"prévention avalanche, comme celui de porter un DVA, une sonde et une pelle", ça me fait hurler. L'ARVA, pelle, sonde, ce n'est en aucun cas un kit de prévention! C'est pour le secours, quand la prévention et la sécurité ont échoué. Sur ce point-là, l'ANENA brouille complètement les cartes avec http://www.anena.org/votre_securite/materiels/materiels_menu.html où elle presente l'arva (DVA) comme un matériel de sécurité :(
Ma suggestion constructive et amicale est de modifier ces pages en précisant que le DVA est un équipement de secours. Il donne juste une chance supplémentaire, c'est bien mais c'est tout.
En diffusant ce genre de messages faussés, faut pas s'étonner qu'il y ait des randonneurs qui déclarent ouvertement que quand ils ont leur DVA, ils vont prendre plus de risques!

[mode je m'enerve gentillement off :wink: ]

J
jc69, le 08.04.10 18:26

"Et c'est cette différence qui fait qu'on est encore libre en montagne. Et qu'on souhaite mettre l'accent sur la prévention avant que le législateur ne mette son nez là-dedans." De Fred de l'ANENA.
Je pense qu'on est tous d'accord pour qu'il n'y ait pas de loi anti-avalanche.

Invité, le 08.04.10 20:12

Argh, re, re, re

@Mic'hel : tout a fait d'accord avec toi : DVA/S/P ne sont pas des appareils de sécurité, mais bien de secours. Je viens d'ailleurs de découvrir le bug sur la page vers laquelle tu as pointé. On fait très bien la différence, et si tu avais suivi une seule de nos journées, tu saurais que nous les présentons comme des "jokers" qui ne garantissent en rien notre survie. Ce bug sur notre page m'avait échappé. Si tu reprends "DVA mode d'emploi", tu ne verras jamais apparaître ce bug ! Je demande à ma collègue de corriger dès demain matin !
Donc non, on ne confond pas (sauf là !) et on ne diffuse pas ce genre de message, normalement.
Mea culpa ... errare humanum est ... on peut pas tout voir, même chez nous !

fred

Invité, le 09.04.10 18:50

Puisque tout le monde semble etre concerne pourquoi ne pas etendre la demarche communautaire de skitour vers une sorte de benevola pour l’apprentissage des risques avec quelques sorties « prevention et utilistation du materiel de securite ». Puisque skitour regroupe une communaute large avec des personnes experimentees et d autres moins, il parait logique que cette communaute se responsabilise et montre l'exemple en proposant des « formations ou mise a niveau ».
Ca pourrait permettre a chacun d apprendre ou de faire le point sur ces choses la… Pour eviter des reglementations en montagne, peut etre faut-il montrer que les personnes la partiquant sont responsables et conscientes de ces problemes…
C est juste une idee… Je sais que ca peut resembler au CAF et que c est pas le role de skitour mais pour s inscrire dans la duree il faut peut etre evolue et changer les mentalite surtout a la vue du nombre croissant de pratiquant du ski de rando.

F
fifdule2, le 09.04.10 22:01

Y aurait il des temoignages de randonneurs:
-qui ont renoncé à leur sortie ce jour là ?
-qui ont modifié leur course ou leur itinéraire ? (exemples)
-qui ont fait demi tour ?
Sur quels elements se sont ils basés pour prendre leur decision ? Quelles ont été leurs sources d'information ? quel a été leur raisonnement ?

A contrario, qu'a t-il manqué ou qu'aurait il fallu à ceux qui regrettent d'avoir pris trop de risques ce jour là (j'en connais des) pour qu'ils changent d'avis ou d'objectifs ?

Invité, le 09.04.10 23:50

Oui ce jour jour là j'ai renoncé
Je voulais faire les 4 têtes avec un copain
après analyse du rique niveau 4 sur les sites
plus une vue des photos sur les dernieres sorties détaillées sur ski tour
nous sommes allés faire du ski de piste plutôt que de choisir une autre sortie
c'etait pas genial mais sans risque

H
Henrinours, le 11.04.10 15:54

Je m'excuse, mais qq unités de plus ou de moins, ça a de l'importance pour les proches et pour la communauté, mais ça n'a rigoureusement aucune validité statistique : pas assez de données ... Alors les grands discours ... faut relativiser. On arrivera non plus jamais au zéro mort, et à mon avis on est au minimum de ce qui est possible.

Ce qui est vrai, c'est qu'il y a le phénomène de "passer à travers" la perception de mauvaise situation évidente, ça cela regarde d'abord la psychologie. Voir l'article de Duclos sur la question.

Il y a aussi, ou en même temps, l'habitude. Attaquer à trois en même temps une pente raide manifestement propice à une plaque, c'est un comportement de skieur de piste. Un bref moment d'aberration qui peut nous arriver à tous, et à moi aussi ça m'est arrivé, mais c'est Anselme Baud qui a raison. Distance, distance, distance ! Même si ça n'empêche pas l'avalanche, au moins ça limite la casse. Ce doit être un réflexe de base, et permanent.

Dimanche je suis resté à la maison, lundi faute de partenaire (il faut tj être à plusieurs pour qu'il y ait qq qui reste dessus) j'ai fait de la piste et du bord de piste, je me suis foutu sans réfléchir dans un endroit craignos parce qu'en bord de piste, et quand je m'en suis rendu compte j'ai filé latéralement sans demander mon reste, ma trace y est resté la seule pendant deux ou trois jours !!

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