Sortie du jeudi 21 mai 2026 (Hier)
ratel.gab, tomidou
Conditions nivologiques, accès & météo
Météo/températures : Iso vers 3800 grand beau et pas de vent (au soleil ça chauffe)
Conditions d'accès/altitude du parking : Nous avons voulu essayer une nouvelle approche pour ces itinéraires en utilisant les routes carrossables des remontées et se garer à l'alpette pour passer la nuit au refuge de la Fare.
Altitude de chaussage/déchaussage : 2100m
Conditions pour le ski : Très bonne la neige est resté froide dans l'écharpe (bonne peuf) mais malheureusement deux traces nous ont devancé les jour d'avant dommage... ça sera le leitmotiv cette saison décidément. Dans le ouest nous avons attendu 13h pour descendre et la majorité du couloir était en moquette. En dessous vu l'heure c était bien mou mais très skiant
Conditions nivo et activité avalancheuse : RAS
Skiabilité : 🙂 Bonne
Compte rendu (par ratel.gab)
L'Écharpe Nord de l'Étendard me faisait de l'œil depuis un moment. Bien que la ligne soit relativement courte, je la trouve esthétique, et au vu des conditions, il fallait sauter sur l'occasion. Heureusement, Tom et Thomas sont tout aussi motivés pour descendre de Savoie et me suivre dans l'aventure.
Mercredi soir, on se retrouve donc avec mon bon vieux RAV4 sur les chemins de l'Alpe d'Huez, en direction du refuge de la Fare où l'on prévoit de passer la nuit. La chance est avec nous : la route est déneigée jusqu'à l'Alpette. L'approche est donc rapide. D'autant qu'on chausse depuis la voiture.
Arrivés au refuge; enfin, là où il est censé se trouver, on ne voit pas grand-chose. Normal : il est entièrement sous la neige, et il faut creuser pour accéder à l'intérieur. Personne n'a dû y dormir depuis un moment. On ouvre la porte… Eh bien si : des souris, apparemment. Les lits sont tapissés de crottes. Combiné à un froid humide et au fait qu'on n'a que des sacs à viande, une excellente nuit se profile.
C'est environ 0h de sommeil plus tard que le réveil sonne. Départ 6h. L'avantage quand on ne dort pas, c'est qu'on n'a pas la tête dans le cul. La montée jusqu'au pied de la ligne est efficace, mais avec beaucoup de traversées. Au pied, on aperçoit deux traces qui sortent de l'Écharpe… Raté — encore une fois, on remballe nos espoirs de première trace. La neige est bonne jusqu'en haut, et les anciennes traces ne devraient pas nous gêner à la descente. C'est beau, et ça fait plaisir de se sentir en forme.
La ligne, bien que relativement courte, remplit entièrement les attentes d'un skieur de pente raide. Le premier virage de Thomas au sommet est stupéfiant ! plein gaz. La suite se fait en bondissant chacun notre tour d'un côté puis de l'autre. Quel plaisir.
En bas, on prend la peine de traverser le glacier nord de Barbarate, où des avions font des ronds dans la neige. On prend du recul et on observe cette saignée blanche dans la pyramide qui s'est offerte à nos spatules. On profite de la vue et du calme du lieu avant de remonter une deuxième fois la ligne. Cette fois pour gagner le sommet et skier le couloir Ouest.
Sous le sommet, un petit passage en dry ajoute à l'ambiance. On observe le couloir, on attend qu'il décaille. Vers 13h, ding — c'est l'heure. Et là, on a eu de tout : de la moquette impeccable, de la glace dégueulasse, de la goulotte, du dry skiing, et un passage sous une corniche à environ 60° pour éviter une zone déneigée. Du vrai bon ski de montagne, quoi.
Avec les chaleurs annoncées, pas sûr que le couloir tienne encore longtemps. Pour la suite, c'est un enchaînement de grandes courbes sur de la moquette à poil très long, puis de la jonction en mode ski de fond pour retrouver le refuge.
Une journée remplie de superlatifs lié au bonheur, merci le ski.
PS je crois que mon appareil décale d'une heure