Traversée du glacier de la Brenva plutôt bien bouchée, mais encordement fortement recommandé.
Conditions nivo et activité avalancheuse : RAS en altitude.
J2 (jeudi) : Bivouac > Eperon de la Brenva (stop vers 4300m sous les séracs sommitaux), 1500m D+
Horaires : 9h-14h30 mercredi / trop tard, on a brassé dans la neige liquide sur les 300 derniers mètres sous le refuge
5h-12h30 jeudi / timing au top avec un début de descente vers 9h30
(avec Charly en guest star)
Il parait que j'ai ronflé cette nuit, alors je suis de corvée de CR.
Tout ce qui est petit est mignon
Ce bivouac de la Brenva, on l'a spoté depuis quelques temps. Et on fait parti des 770 000 personnes (oui, Larmina, 770 000!) à avoir regardé la vidéo youtube sobrement intitulée "This Cabin has NO TRAIL to reach it".
Un demi-tonneau posé à 3000m sur le versant sauvage du Mont-Blanc, ça éveille la curiosité. Ca peut être pratique pour combler la disparition du feu bivouac de la Fourche, et ça peut aussi être un bon camp de base pour de grandes envolées dans le secteur. Un repérage en bonne et due forme s'imposait.
"y'a que 1700m de D+ pour l'accès, ça sert à rien de partir tôt". Ou pas.
Quand on se retrouve à 9h30 à bartasser sur la moraine de la Brenva entre le vide d'un côté et les arbustes de l'autre, mes compagnons au sang haut-alpin sont ravis : ça leur rappelle les plus beau vallon des Ecrins. Note pour les suivants : la "vague sente" qui eut put exister à un moment sur cette moraine n'est plus, et on préfèrera donc largement accéder depuis le hameau de Peuterey.
Ca monte efficace ensuite jusqu'au pied des Dames Anglaises. Traversée du glacier encordés, avec de jolis trous comme on en fait pas dans le 05.
Plus malins que la moyenne, on se dit qu'on va monter droit sous le refuge, en mi rochers mi neige, plutôt que de faire le grand tour par les pentes de neige débonnaires. Deuxième erreur (sauf pour un des fils de Manu qui s'est fait offrir un très beau quartz trouvé sur notre parcours) : la neige est chaude, on sue et on brasse!
Sieste bien méritée sur les belles dalles devant le bivouac. Apéro et repas vite engloutis, belle nuit dans ce demi-tonneau cosy (matelas mousse et couvertures à disposition, il y a même de la vodka de qualité) et bien isolé (thermiquement, pas acoustiquement, donc).
Moche de loin mais loin d'être moche
Réveil 4h, départ 5h / on aurait pu être plus efficaces vu la surface du bivouac à ranger.
On remonte les grandes pentes de neige du versant SE de la Tour Ronde en crampons. La vue sur le plateau de la Brenva s'ouvre aux premières lueur du jour. Soupe à la grimace : ça a l'air tout en glace l'histoire! Pas bien emballés par la vision, on s'approche quand même pour voir la bête de plus près. Et, ô miracle, plutôt que des traits tirés et secs nous y découvrons des lignes pures et fraiches.
L'accès rive droite permet de limiter l'exposition aux séracs.
La suite déroule, bien aidés par l'autoroute tracée par Charly en forme olympique (catégorie "50km ski de fond" plutôt que "sprint de ski alpinisme" en l'occurrence). Cadre absolument grandiose! La pente n'est pas extrêmement raide mais elle est exagérée par les lignes fuyantes.
On stoppe avec Manu vers 4300m en rive gauche au sommet de l'éperon, la suite est en glace. Charly, qui a eu le nez plus creux que nous, s'extirpe un bon 50m plus haut au-dessus d'un premier niveau de séracs, en ayant tiré centre de la face sur le haut. Belle!
Descente en 40, 80 ou 120 virages selon les participants. Petit saut de rimaye, glisse grand large sur le plateau de la Brenva et bonne moquette jusqu'à repasser rive droite vers 2700m. En suivant les traces de biche futée on arrive à glisser jusqu'à Purtud, nettement plus efficace que notre approche d'hier.
Pizza bières à Courmayeur dans un endroit que l'on ne vous recommandera pas (la pizzeria de la Palud était fermée :s), mais l'essentiel était ailleurs. La beauté est dans les yeux de celui qui regarde. C'est d'Oscar Wild(e).