Sortie du samedi 4 avril 2026 (Hier)
Rémo Barbaruli, runcec
Conditions nivologiques, accès & météo
Météo/températures : grand beau, 3°C au départ
Conditions d'accès/altitude du parking : vers le point 1257 m, où la neige barre la route
Altitude de chaussage/déchaussage : chaussage vers 1450 m, déchaussage idem
Conditions pour le ski :
- pentes S : neige transfo et moquette parfaites, dommage qu'on ne les ait pas skiées...
- Col de la Portette W : entre poudre et carton, 3*
- Grand Charnier : pente sommitale et couloir : entre poudre et carton, 3*
Conditions nivo et activité avalancheuse :
- les dégâts des avalanches E et S sous 1800 m sont impressionnants !
- vieille coulée et boules dans la pente SE sous la Grande Lance
- le Grand Pic parpine et dégueule en continu - on a eu le temps de l'observer...
Skiabilité : 😐 Correcte
Compte rendu (par Rémo Barbaruli)
Ce moment où tu décides d'appeler le PGHM...
Et que tu te félicites d'avoir sauvegardé tous les numéros des PGHM dans ton téléphone. Et qu'il soit chargé. Et que tu aies pris tes lunettes de vue pour ne pas appeler par erreur le PGHM des Hautes-Alpes...
Bref, alors qu'on en avait quasiment terminé du couloir du Grand Charnier et qu'on attaquait la partie facile du cône, Cec chute. "Ça va ?". Pas de Réponse. "Ça va ?". Toujours pas de Réponse. "Ça va ?". "Mal !". Elle se relève tant bien que mal, tente un virage, mais la douleur est trop forte. Gros coup de bâton dans les côtes, difficile de respirer. Pas possible de skier, on va essayer à pied. Je l'aide à chausser ses crampons, elle entame la descente. A la vitesse d'un mètre par minute, on fait la course poursuite avec l'ombre qui gagne le couloir. A cette vitesse, si jamais elle arrive à descendre, on n'est pas à la voiture avant minuit. Il est 15:23, je descends un peu plus bas pour avoir du réseau et appelle le PGHM.
16:38, l'hélico arrive. Le souffle est hallucinant, un bâton s'envole au passage.
16:50, Cec est pendue au filin dans les bras d'un secouriste (je comprends mieux maintenant), je n'ai plus qu'à rentrer à la voiture par la plaisante forêt du Chazeau - qui plus est avec les skis de Cec dans le dos.
18:12, je suis à la voiture.
20:36, Cec sort du CHU, rien de cassé, poumons et rate intacts, mais bon gros traumatisme lié au choc sur les côtes. En aucun cas elle n'aurait pu redescendre par elle-même. Un grand merci aux secouristes et personnels soignants, super pro et bienveillants.
C'était la troisième tentative sur ce tour pour ma part, la seconde pour Cec : on va peut-être s'arrêter là ;). Pour le reste, je laisserai les photos témoigner.