Massif : Devoluy
Départ : L'Enclus (téléphérique du Pic de Bure) (1485 m)
Topo associé : Pic de Bure, Combe Ratin
Sommet associé : Observatoire du Plateau de Bure (2565 m)
Orientation : N
Dénivelé : 1226 m.
Ski : 3.1
Départ : L'Enclus (téléphérique du Pic de Bure) (1485 m)
Topo associé : Pic de Bure, Combe Ratin
Sommet associé : Observatoire du Plateau de Bure (2565 m)
Orientation : N
Dénivelé : 1226 m.
Ski : 3.1
Faune : Afficher les zones sensibles
Sortie du mercredi 1 avril 2026 (Hier)
Conditions nivologiques, accès & météo
Météo/températures : -6 à 0°C au départ du parking. Au delà de 2000 m un vent de 30 à 50 km/h
Conditions d'accès/altitude du parking :
Accès parking à 1250 m
Altitude de chaussage/déchaussage :
1250m
Conditions pour le ski : neige principalement croûtée sous 1800m et au niveau de la Combe Ratin, complètement cartonnée ou trafollée par le vent avec de larges zastrugi partout en face N et NE, de belles mais rares poches de douce poudreuse dans les combes Nord protégées, neige dure en face sudConditions nivo et activité avalancheuse : quelques coulées humides passée en toutes faces mais sinon le manteau semble bien stabilisé
Skiabilité : 😐 Correcte
Compte rendu
Itinéraire suivi : Parking du téléphérique - Traversée Héroïque - Combe Ratin - Plateau de Bure
Horaires : 10h - 16h30
La traversée d'un Tank Soviétique.
Il a tellement neigé ces temps-ci, si vous savez comme je suis soulagé, ce printemps et ses inévitables allergies en devenir me depitait. Alors on a sauté sur l'occasion pour une sortie. A mes côtés, toujours le même, LadaNiva l'Illustre Breton, l'Elu. C'est probablement sa dernière sortie alors je voulais marquer le coup avec un 3.1 pour finaliser sa première saison de ski de randonnée avant qu'il ne se remette sur un vélo et du kite-surf.
Et quoi de mieux pour cet homme sans aucun instinct de survie que la Traversée Héroïque ? Je ne l'ai jamais faite non plus, pour pimenter le tout. Il y a longtemps un unijambiste adepte de 5.2 m'avait dit que si j'étais sage je pourrai faire ça, Bon ben j'ai été sage alors c'est mon tour !
On part du parking sans coup férir et dès les 30 premières secondes, je suis estomaqué de la beauté du lieu, je n'étais jamais allé dans le Devoluy, beau temps, structures rocheuses étranges, neige éclatante, waouw ! Sous-cotée comme région !
La montée est bien calme, la neige est encore dure mais on garde l'espoir de la voir décailler, pas de vent encore. Je pense que ceux que viendront vendredi où le week-end vont se régaler !
La difficulté arrive à l'approche de la Traversée Héroïque, on cramponne, on range les skis et on commence à avancer avec l'assurance d'un jeune Bambi 30 secondes après l'accouchement. Parce que c'est ce qu'on est, de complets et enfantins débutants de la pente raide.
Derrière nous un guide avec deux clients, il marche comme si c'était son jardin, on doit lui faire honte. Je suis sur qu'il va me faire une remarque parfumée à la rudesse de la montagne, en vrai ce serait pour moi une reconnaissance en soi. Ça veut dire qu'on commence à rentrer dans la cour des grands.
Quelques minutes plus tard il nous rattrape avec sa démarche pleine de bonhommie et là ça part :
"Les gars vous m'inquiètez un peu vu comment vous marchez"
Yes ! J'ai eu droit à ma remontrance, ça, c'est fait !
Il s'approche de moi un peu plus.
"Si vous galérez comme ça des le début, ça sera pire après, et tient ton piolet autrement que comme ça, ce sera mieux pour appuyer s'il y a de la glace. Vous avez pas une corde ?"
Bigre la corde, moi j'avais demandé à un Petit Nicolas et il m'avait dit crampons, voire piolet mais pas de corde, je dis que non mais que j'avais vu une corde déjà positionnée sur le topo.
"Ah celle-là vous pouvez vous accrocher avec mais après pour qu'elle tienne faudra prier"
Bon... Ben on va faire attention alors, on est déjà bien haut.
La montée n'est pas exempte d'une certaine appréhension, c'est bien gelé, les traces de pas sont moins marquées que les topos des jours précédents, je suis pas serein, j'envoie des bon coups de piolets et de crampons. Le Breton il est pas inquiet pour un sou il a l'air de kiffer l'instant.
Je relève un moment là tête et là... le spectacle absolu, cette grotte et ses colonnes sont majestueuses, ça me fait penser à une cathédrale, mais l'allée centrale vers l'autel est bien pentue, je sais pas si je vais l'avoir ma communion...
A part nous et un autre groupe, tout les autres groupes et une troupe de chasseurs alpins sont encordés sur des points fixes. Aïe aïe aïe je n'aime pas être mal préparé comme ça. l'ascension continuera sans accrocs mais les parties complètement glacées resteront les plus stressantes.
Une fois arrivé en haut, on est accueillis par un magnifique plateau et un soleil radieux. On peut se poser pour un pique-nique. Le guide, quoique rude au premier abord est super sympa et on fait un mini debrief de cette partie, des conseils à garder précieusement pour la prochaine fois.(Baudrier et corde à amener surtout)
"Un petit pique nique ?" proposais-je
"J'en ai pas il est dans la voiture"
Ah !
On partage mon petit sandwich en deux alors.
J'ai faim.
Malheureusement il faut enchaîner par la Combe Ratin, et punaise elle est pas triviale, malgré quelques combes pleines de poudreuses que je garde en tête pour la descente, la neige est trafollée par le vent et les zastrugi gênent pour l'adhésion des peaux, la forte hétérogéneite entre neige cartonnée bien dure, et la trafollée compliquee la montée sur une pente raide et sans couteaux, on aurait pu les mettre. On est lents sur cette partie mais ça passe. Entre le replat suivant et l'ultime montée on reprend les couteaux, on peut faire sans mais on ne veut plus se casser la tête. C'est raide, ça me rappelle une montée où j'ai gagné mon surnom de Tank Soviétique, mais j'ai un meilleur moteur cette année, on ne l'entendra pas siffler de douleur faute de carburant.
Malgré la chaleur du soleil, le vent commence à souffler fort. Je ferme toutes les écoutilles pour tenir le froid ressenti. Les autres randonneurs en font de même, tout le monde est à l'abri sous les coupes vents.
Mais pas l'Elu.
Non lui, c'est en T-shirt jaune premier prix, sans casque, sans crème solaire et avec toute la flamboyance de la sainte Bretagne qu'il attaque cette dernière pente bien sentir, j'en pleure de rire tellement c'est contrasté avec les autres randonneurs. Sacré bonhomme, il devrait geler sur place mais non, il admet juste qu'il fait frais au mieux ! Et c'est ainsi qu'on atteint le plateau de Bure pour admirer ses magnifiques radio-telescopes. C'est vraiment un endroit paumé, mais fort beau, et d'un calme une fois que l'on est abrités.
Séquence photo, petite discussion avec les autres skieurs et c'est parti pour la descente. Personne ne se souhaite vraiment de bonne descente, plutôt bon courage. Il y a toute les pires neige et rien n'a décaillé finalement, le vent compense l'action du soleil à mon avis.
C'est parti !
On a beau chercher des neiges meilleures entre les faces Sud et Nord de la Combe Ratin, rien a faire, soit trop dur, soit trafollé ou dans les creux de la croutée. Beerk.
Le Breton fait une vilaine chute, mais il est comme Deadpool, il ne peut pas vraiment mourir.
La fin de la Combe sous le point 2181 est très technique, tourner est difficile du fait de la neige, la mini-barre rocheuse ne rassure pas. Je commence à bien sortir mes virages sautés, j'ose enfin enchaîner, je suis tout ravi. Mon compagnon sort la technique de la Feuille Morte No Jutsu pour s'en sortir et on arrive enfin à la combe qui m'intéresse au pied de la Plate Longe ou de la vraie poudreuse nous attend.
De la vraie poudreuse de perlinpinpin, c'est pour ça qu'on en a bavé tout en haut !!!!
Mais c'était de la poudreuse magique, elle a vite disparue comme par enchantement et malgré tout nos efforts pour chercher de la vrai neige, rien n'y a fait, du point 1946 au parking, quelque soit la pente on n'a au mieux que 10s de poudreuse avant de se prendre des horreurs, on doit rester sur le qui-vive et on en ressort moins fatigué physiquement que mentalement. A 50m du parking la neige est franchement cool, c'était supeeeer...
Mais au final ça restait un bon moment, ces difficultés sont un peu anecdotiques avec un tel temps, c'était une journée, belle, physique, technique, variée, tout ce qu'on peut souhaiter.
A la voiture, il n'y avait pas un pique nique à partager mais un festin de proportions byzantines, on a pu en ressortir tout repus. Maintenant c'est l'heure de rentrer, je pars vers un discret bosquet pour une pause technique, et au moment de profiter d'une intimité bien mérité, j'entends un :
Attention !
Un policier est soudain là à ma droite, à l'ombre du bosquet, sous les éclats de rire nerveux de mon partenaire.
Ça c'est pas une rencontre habituelle sous les bosquets, que fait-il là ?!
"Excusez moi monsieur j'ai failli dégainer devant un agent de l'autorité publique" tentais-je de plaisanter
"Ça aurait été verbalisable d'ailleurs"
Je pense qu'il plaisante. J'espère :|
Il repart, il semblait prendre des photos d'un petit monument , nous n'en seront pas plus.
C'est sur cette note qu'on finit ce CR, on s'est bien donné aujourd'hui, je pense qu'on en sort "apaisés" la nuit sera bonne sans nuls doutes.
J'espère qu'il vous aura plu et pour ceux qui iront se frotter au plateau de Bure, je pense que vous allez bien profiter s'il y a moins de vent alors très bonne fin de semaine et bon weekend à tous !

Petite ballade à l'ombre du téléphérique

Vraiment, je suis charmé par le Devoluy

Début de la Traversée Héroïque : on cramponne

Niveau de confiance à 75%

Niveau de confiance à 60%

En fait ça valait franchement le coup

La prochaine fois, la corde sera là 😉

Le Chourum dans toute sa splendeur

Début de la première descente vers la Combe Ratin

Ça glissouille un peu sur la première pente

Fin de la Combe Ratin

La beauté des alentours m'émeut

le traditionnel T-shirt des 2500 m sous 40km/h de vent à température négative


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Traversée Héroïque : A la recherche de l'apaisement.


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