BERA du jour : risque 3 avec des plaques en tout versants, en cours de stabilisation, le matin et avalanches de neige humide à prévoir l'apres midi.
Aujourd'hui c'est un lundi comme les autres.
Mais comme samedi il ne faisait pas beau, alors ça ne compte pas, donc aujourd'hui, il a été décidé que c'était encore dimanche.
Devant les conditions du jour, on a pas mal hésité, fallait du pas trop pentu mais pas trop plat non plus pour ne pas ramer dans la fraiche. La veille avec le S on avait joué au sous-marin dans une journée incroyable à la Grave et ses 60cm de fraiche bien froide. 95 au patin c'était clairement pas suffisant !
Du coup fallait viser du un peu plus portant histoire de ne pas couler Lulu dès la troisième sortie.
Ainsi donc le Rocher Blanc est notre destination, course bien trop connue au vu de comment elle est chiante d'accès.
Ca commence déjà sur le parking, où t'es pas le bienvenu, gare toi pas ici, skie pas là. Bon, certes, on a fait tout bien comme il faut.
Beaucoup de traces nous montrent la voie, on les suit sans se poser de questions.
Si. Sur l'échelle de Chamrousse, c'était du 6/10, donc déjà plutôt bien relou. On remonte à pied un sous bois moussu pour retomber enfin sur le chemin.
On ne nous y reprendra plus, ça c'est sûr!
Ah ouais?
A la faveur d'une clairière, les traces se séparent, et je prends la plus naturelle, il me semble bien que ça monte ici.
Et ben non.
Traversée descendante dans le bois pour rejoindre la vraie trace.
Comment c'est possible que des traces aussi merdiques soient autant suivies? Je ne sais pas mais on fait clairement partie de l'équation du coup...
My bad, j'étais un peu tranquille sur ce chemin connu (quand il est sans neige) et je me suis bien fait avoir.
Déso Lulu.
Derrière, Lulu ne fait plus confiance, tous les 20m elle regarde le GPS. On ne se perdra plus : coïncidence?
Le refuge de Madame tarde à arriver, l'impression d'être un semi remorque dans un col à 2000m, on n'avance pas. Et puis la foret laisse place à un paysage plus ouvert, le rythme s'accélère un peu , tout rentre dans l'ordre. Peu de traces poursuivent après le refuge : tant mieux!
Et surtout, les traces sont souvent confondues avec la trace de montée, laissant une place incroyable pour la descente. A lire leur CR on comprend mieux : le brouillard les a un peu forcé à suivre un fil conducteur. Merci à eux en tout cas, leur trace s'avère bien utile pour avancer tranquillement dans le vallon!
Ca va pas fort pour Lulu avec un adducteur en moins, séquelle d'une conversion option "calins glacés" dans le border quelques heures auparavant.
Mais apparemment il faut absolument aller au sommet, Maman n'ayant pas élevé, d'après ce que je comprends hein, une pute.
Bon. Alors allons y à ce sommet!
Le vent souffle fort et plaque sérieusement tout dans le coin, c'est bof. On avise un itinéraire plutôt plat pour aller voir la vue mais de toutes façons il vente très fort, c'est pas la joie.
Vite vite enlever les peaux, p'tite photo et tchao on se casse.
Ca valait bien le coup d'aller là haut, tiens...
La descente durement gagnée s'offre à nous et aux quelques chanceux également présents ce jour là. Il y a de l'espace pour tout le monde, c'est un bonheur!
La neige a eu le temps de prendre un peu de cohésion, la portance s'en retrouve améliorée et le 95 au patin redevient son maitre, voilà qui est bien! Ca passe également pour Lulu, c'est une belle descente, un peu plate par endroits avec toute cette neige.
Petit pic nic au refuge avec un bon sandwich à base de nicotine passive et de cigarette électronique au gout suave. Je crois qu'il y avait aussi du pesto rouge, mais j'en suis pas sur.
Sartre avait raison, l'enfer c'est les fumeurs.
Aller pas le temps de bronzer, faut s'activer car la neige commence à chauffer sa mère comme on dit. A peine partis du refuge qu'une purge plein SW débaroule la pente et s'en va se perdre en forêt.
Elle motive en partie le passage en rive gauche du ruisseau, en suivant une dizaine de traces.
"Je sais pas où ça va, mais si on y va, ben on le saura!"
Mouais pas très convaincant, alors je rajoute:
"Et avec un peu de chance ça enlève une partie du border!"
Et là , c'est bon, il n'en fallait pas plus pour convaincre mon acolyte, c'est parti donc pour une descente dans une foret très éparse en direction de, ben de je sais pas trop quoi.
Ah, voilà, en direction du ruisseau, fallait s'en douter!
Petite traversée et remontée de l'autre coté et ça commence à faire beaucoup de merdouille dans une seule journée.
J'entends passer une offre de vente déstockage "Tout doit disparaitre" de matos de ski de rando. Puis c'est carrément offert par la maison, dans sa grande générosité. Ma foi, si c'est offert, je prends!
La donation est actée, il est temps de rentrer à la voiture.
On retrouve bientôt le chemin et le border avec certains passages un peu rapides, il faut l'avouer.
Et puis c'est retour à pieds dans la boue.
Ca fait splotch splotch, c'est de la bonne boue bien douce, les genoux sont contents.
Ce fut une bien belle journée en somme , où il a fallu aller chercher ces quelques virages magiques pour profiter de cette chute de neige inespérée.