Sortie du jeudi 5 mars 2026 (Aujourd'hui)
RFG
Conditions nivologiques, accès & météo
Météo/températures : voilé, très doux, ps de vent.
Conditions d'accès/altitude du parking : RAS
Altitude de chaussage/déchaussage : On se gare au pont de Mortes. Encore beaucoup de neige pour le ok d’été…
Conditions pour le ski : inespérée, poudre ancienne sur le 2/3 sup puis neige molle bien que dense pour le reste.
Conditions nivo et activité avalancheuse : rien vu ni entendu ce jour.
Skiabilité : 😄 Excellente
Compte rendu
Itinéraire suivi : topo AR
Horaires : 9h30 - 14h.
Encore un projet qui tombe, et pas des moindres…
Cela fait longtemps que je n’ai pas fait de virages dans une pente aussi raide et soutenue.
Avant toute chose, spéciale cassdedie à mon rouya Pierba qui ronge sa saison, momifié dans un corset carbone intégral suite à son fracassage du crâne et moultes vertèbres lors d’un accident de ski en ce début de saison. C’est pas la dernière frère, j’en ai plein les tiroirs des comme celle là. Tkt.
…
Tout commence il y a 3 semaines alors que j’allais surfer la fameuse goulotte de droite sur le même sommet. Lors de l’approche, au hasard d’une trouée dans le bois je leve le nez et aperçoit la possibilité d’un itinéraire sur l’immense versant Nord de cette impressionnante pyramide.
M’y revoilà ce matin.
Quel drôle de passe temps que le miens.
L’on dépose les enfants à l’école / nounou, et 3h plus tard, on est seul au milieu de nulle part, en équilibre 700 m au dessus de la vallée sur nos pointes en acier plantées dans la glace. Cogite cogite.
Approche sans encombre. Plusieurs déchaussages imposés par les torrents et les dépôts d’avalanches gargantuesques, je vire à droite après la passerelle du torrent de Vaunoire.
Ensuite c’est une longue ascension qui m’attend. 600m de face de la base au sommet et cette pente très forte dès le départ qui jamais ne faiblira jusqu’à devenir très soutenue dans le tiers supérieur.
Quelques passages mixtes sur le haut auront raison de ma volonté et me feront chausser 50m sous le terminus. Aller retour piéton pour la vue et m’éviter une manip de crampons en plus.
Vertige, la pente ne s’arrête jamais.
C’est raide ! Ça ne ressemble à rien de ce que j’ai pu surfer jusque là, un itinéraire si raide pour une altitude modeste.
La neige est froide et pardonne les erreurs mais pour autant je m’applique à chaque virage. D’ordinaire j’ai tendance à descendre comme un gros sale, mais aujourd’hui je m’applique…
Serais je en train de trouver les limites de ma pratique ? Cogite cogite encore un peu plus…
Il faut dire aussi qu’en cas de zippette ce sont plusieurs ressauts qui m’attendent en dessous, dont celui de la cascade, d’une bonne trentaine de mètres.
Finalement je glisse sans efforts jusqu’à la passerelle. Je remet les peaux détrempées pour aller trouver un point de vue afin de photographier la face.
Parfaite pyramide au milieu de nulle part.
Aucune trace de passage auparavant.
Il aura fallu une fois de plus aller fouiner, repérer, imaginer sur les images satellites, s’engager à l’aveugle, tenter. Et c’est ça qui est grisant ! Quel privilège !
La postérité ? Bas les couilles.
Le plaisir c’est l’exploration, l’aventure derrière la maison. Aucun topo. Se débrouiller et se vautrer ensuite dans cette soupe dopamineserotonisée qui nous fera tenir jusqu’à la prochaine.
J’ouvre le débat pour clôturer l’épisode des ouvertures en Matheysine (3 en un mois tout de même !), pour ou contre le voile nuageux en montagne ?