Tout en bas, alt.1400m, une avalanche de talus de belle envergure est partie dans la journée, coupant à deux reprises le chemin. Nous l'avons donc passée à la descente mais pas à la montée du matin. Vu le volume conséquent, mieux vallait ne pas s'y trouver.
Itinéraire suivi : gpx. Nous y sommes allés au feeling; les possibilités sont nombreuses dans le secteur.
Horaires 9h - 16h
NB : on a perdu deux gants: Un petit gant droit et gris pour madame. Un plus grand noir et toujours droit pour monsieur. Faut le faire quand même !
Rendre compte? C'est difficile.
Aujourd'hui, jour où je dois m'y coller, le temps a repris ses droits et s'écoule trop vite entre mes doigts. Je serais tentée de m'arrêter là, je voudrais me contenter de quelques données techniques et passer à la suite.
Car comment saisir justement ce temps d'hier, cet indicible? Sans commune mesure, dé-mesuré, inquantifiable.
Flottement, le monde a ralenti.
Non en fait, le temps n'existe plus vraiment, ou bien il se mesure autrement. Pas dans sa durée , pas dans sa chronologie. Il est plutôt comme une toile blanche et bleue, à la fois tendre et lumineuse, sur laquelle se déploient des images et des sensations désordonnées.
Ce qui me reste de cette journée, ce n' est pas un récit, c'est une poésie, la densité du silence, la fulgurance des vagues dessinées sur la neige soufflée, les arêtes acérées du Rognais, l'histoire enfouie dans les pierres du fort, la trace derrière moi, dans tout ce blanc, fil de vie.
Notre pas est lent sur la plaine, rythme ancien des caravanes imperturbables. Mais je ne suis plus un point minuscule et laborieux. Tout en moi se dilate et je deviens le paysage. Je suis devenue l'espace, alors qu'importe le temps?
Sensation cosmique, universelle. Sensation d'éternité.
Je ne retrouve celà qu'ici, parfois, en montagne, loin de la fureur des hommes. Et je m'en tisse un cocon pour les jours à venir.
Mais comment dire ?les mots sont si peu de choses.
. Les mots sont tout ce que nous avons.