Sortie du lundi 2 février 2026 (Il y a 2 jours)
taramont
Conditions nivologiques, accès & météo
Météo/températures : fraîcheur sans plus - belles éclaircies - vent en rafales tempétueuses
Conditions d'accès/altitude du parking : 1070m - RAS
Altitude de chaussage/déchaussage : 1070m
Conditions pour le ski :
Descente E restée en poudreuse sur 50m environ puis de plus en plus lourde
Bois des Fraisses ludique, bien enneigé, neige impeccable
Mur des Fraisses : encore de belles zones de poudre profonde en rive G
Piste finale en bon état
La skiabilité est entre correcte et bonne si on tient compte du tout
Conditions nivo et activité avalancheuse : RASSkiabilité : 😐 Correcte
Compte rendu
Les jonquilles progressent, les neiges régressent. Comme moi : lentement. (je vous laisse choisir le verbe qui s’applique à la 2e phrase) ….
Hier soir, je n’ai pas pu aller voir la Lune des Neiges au plus près, je l’ai donc photographiée chez moi. C’est la même. Elle a les mêmes cratères, le même mystère, on va s’en contenter.
Casse-tête : où aller au plus proche un lundi ? Tout est trafolé, les miasmes des citadins trainent au-dessus des espaces les plus larges. Allons donc dans les étroitures cachées, là où aucune spatule civilisée n’a l’idée de prospecter. Donc, le Bois des Fraisses.
Pour cela, j’empreinte au départ l’itinéraire dit de « randonnée » fléché depuis le Planolet. Ici, on entend par « randonnée » un cheminement plein d’embûches et où il est conseillé d’avoir un tendon d’Achille aussi flexible qu’un sandow, ce que je ne possède qu’à un seul pied (perdu l’autre sur la longue route de mes divagations). Au bout d’un moment, un dilemme s’impose à moi : ou bien je sors de ce foutu bois et je me fais cueillir par le vent, ou bien je continue à bûcheronner bien à l’abri d’Eole. Je continue. Pas longtemps : voici une échappatoire salvatrice grâce à un petit exercice d’acrobranche. Me voici, largement aérée, à l’orée du bois. Je vois où je suis : pas loin. Au tiers environ du Mur des Fraisses. J’ai sur le dos, un petit fagot de brindilles qui me servira à allumer le feu ce soir. C’est toujours ça de pris. Je me cale dans une trace confortable ; le lundi, on en trouve toujours une faite par un encadrant plein de sollicitude pour ses novices. Le vent est bien là mais je fais avec. Comment d’ailleurs faire autrement ? Mais je sais que lorsque je retournerai dans la forêt, je serai à l’abri.
Et là commence le bonheur : protégée dans une forêt enchantée que le vent n’atteint pas, une neige encore belle, peu de passages. Il faut juste éviter de tomber dans un scialet. Mais si on les connait, faudrait vraiment être étourdi pour y tomber. Je chemine ainsi toute à ma solitude, à mon silence, à ma paix.
A la Croix, après une séance de shooting photos pour un groupe de jeunes bien sympas, impossible de résister à une descente E. Au début c’est parfait. Mais bien vite les trafoles sont en neige de plus en plus lourde. Avec un peu d’effort cependant, ça tourne. J’entre dans la hêtraie qui peut être un vrai bonheur. Qui peut l’être. A trop chauffé. J’arrête les frais.
Je remonte. La vision de toute la ligne des Lances jusqu'à Fontanieu et Granier et le Colleret, des Rochers de Bellefont et du plateau de la Dent de Crolles, font oublier l’augmentation substantielle de l’épaisseur des skis à partir de la mi-pente. Et le passage intermittent d’un train fantôme fort bruyant dans le Vallon de Malissard. Les zigzags sont ludiques : en tournant à D, je suis poussée par le vent, en tournant à G, je suis retenue. Match nul. Le sommet est vite regagné.
Ne reste alors plus qu’à danser dans le Bois des Fraisses, descendre le Mur dont l’orée en rive G est encore en très bonne neige puis de finir sur le bout de piste de bonne tenue.
Dans le jardin, les jonquilles attendaient la pluie. Elles n’ont pas attendu bien longtemps.
Itinéraire suivi : Scia par le Bois des Fraisses + A/R en E jusqu'à 1500m env
Horaires : départ 8h45