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Sorties > Alpes Grées S > 4 jours dans le froid de la haute maurienne

4 jours dans le froid de la haute maurienne

Massif : Alpes Grées S
Départ : Bonneval sur Arc (1800 m)

Topo associé : Albaron, Evettes à vincendières

Sommet associé : Albaron (3637 m)

Orientation : NE

Dénivelé : 4250 m.
Ski : 3.1

Sortie du mercredi 17 février 2021

cocok2

Conditions nivologiques, accès & météo

Grand beau toute la semaine avec quelque nuages le dernier jour.
Etat de la route : noire Altitude du parking : 1830

Altitude de chaussage (montée) : 1800
Altitude de déchaussage (descente) : 1740

Activité avalancheuse observée : Des toutes petites plaques par endroits et des petites coulées du à la chaleur de l'après midi.

LieuAlt.Ori.HeureQté.TypeCom.
Ouille du Midi3000-2600ECroutée finpoudre bonne en haut mais ça se dégrade en descendant
Albaron3600-2200SWPoudre tasséePas mal en haut mais en bas il faut chercher les pentes W pour que ça reste bon
Col d'Arnès3000-2600NEPoudre tasséePas si mauvais juste sous le col
Punta Adami3100-2600SCartonnéeVraiment pas top la
Col d'Arnès3000-2200WPoudreLes 50 premiers mètres en glace mais en dessous c'est une bonne poudre

Skiabilité : 😟 Médiocre

Compte rendu

Avec Bastien, Guilhem, Maxime
Bonneval - Ouille du midi - refuge des Evettes - Albaron - refuge d'Avérole - Col d'Arnès - refuge Gastaldi - punta Adami - Col d'Arnès - Bessans
Bon, ben au moins on saura qu'en février à 3600 avec du vent, il fait froid. Un peu trop même mais au moins on s'en souviendra. On avait sans doute des objectifs beaucoup trop élevés pour la saison mais bon, on sait jamais et autant vérifier par nous même. On décide donc de partir de Bonneval mais on se rend vite compte que nos sacs sont un peut plus lourd que ce qu'on imaginait. On avait chacun nos duvets, la blinde d'habits chauds, tout le bordel de matos de glacier, les piolets tractions, la bouffe pour 5 jours, les crampons etc.
Le premier objectif était la Ouille du Midi et on monte donc droit les pistes de Bonneval. Ce qui est cool, c'est que juste après les pistes, on se trouve déjà dans un milieu super sauvage et on découvre avec grand plaisir la langue glaciaire suspendue du glacier inférieur du Vallonnet. En montant, on croise des gens qui nous disent que c'est l'horreur près du sommet et qu'ils ont fait demi-tour à cause du vent. C'est assez embêtant parce qu'on voulait descendre dans la face est et si on ne pouvait pas y descendre, il fallait faire tout le tour de la montagne pour remonter du coté des Evettes. En approchant du sommet, le vent se lève effectivement pas mal mais rien d'insoutenable. On déchausse 20 mètres sous le sommet et on fini à pied et c'est avec pas mal de satisfaction qu'on découvre la face est skiable et un vent bien moins fort sur le sommet même. Il n'y a pas de topo skitour de la face est de la Ouille du Midi et je comprends parce qu'elle n'a pas un intérêt immense. Quoique, c'est sympa quand même. Le haut est assez raide. Peut-être du 45° sur les premiers mètres, puis ça s'adoucit progressivement. On entre donc dans la partie supérieure qui est assez exposé mais la neige y est vraiment pas mal. Dans la partie inférieure, c'est un peut du tricotage entre les barres mais globalement, ça passe partout (ça passe surement mieux en descendant toujours vers la droite). L’intérêt principale de monter à la Ouille du Midi, outre la beauté, était d'avoir une vue sur la face nord de la grande Ciamarella (on sait jamais, au cas où c'est en conditions passables) mais on ne voit que des cailloux et de la glace.
On arrive donc avec les derniers rayons du soleil au refuge. Il y a quelque autres personnes mais pas trop du coup c'est sympa. On réfléchi pendant toute la fin d'aprèm à ce qu'on allait faire le lendemain et après plusieurs heures de débat, ça s'est fini comme d'habitude. On verra bien demain! Le lendemain on se lance donc vers les 8h sur le plan des Evettes. Il fait froid, très froid mais on ne le sent pas trop du coup ça va. En tout cas, il a fait assez froid pour que les peaux de Maxime gèlent complètement. Il se retrouve donc sans peaux à avancer en canard. Il est courageux parce que la montée à l'Albaron n'est pas toute rapide. On y va donc tranquillement en rigolant pas mal. On s'est même arêtes une demi heure dans une magnifique grotte de glace. Il était clair qu'on allait pas voir du coté de la Ciamarella mais ça nous embêtait un peu d'avoir monté tout le bordel des pioches pour rien. On décide donc de monter à l'Albaron mais en grimpant un peut. On passe grimpe donc un premier ressaut de 150 mètres environ. C'est trop bien. On est au soleil sans vent, y a de la glace et c'est beau. On arrive sur la grande pente du milieu où on remet les peaux (sauf max) pour monter sur le deuxième ressaut. Progressivement, on passe à l'ombre et il y a de plus en plus de vent. On s'attaque alors au deuxième ressaut et je crois qu'on s'en souviendra. On grimpe dans le froid, l'ombre et la tempête. Je grimpe en dernier et à chaque fois que je lève la tête, je vois un des trois autres allongé dans la neige si ce n'est pas moi. C'est dur. Il faut avancer et ne surtout pas s’arrêter. Dans un passage, disons, un peut plus dur techniquement, je lève la tête et une belle boule de neige me fonce droit sur le visage et me frappe de plein fouet. Bordel, c'était vraiment pas le moment. Je me retrouve à grimper les yeux fermés pendant quelque minutes. J'essaie vraiment d'ouvrir les yeux quitte à pleurer mais au moins pour voir ou je suis. Impossible. Je ne sens plus grand chose sur la partie droite de mon visage mais je ne m'en rend pas encore compte. Personne ne dit un mot et chacun affronte la tempête en se retranchant dans ses derniers recoins mais on se fait batailler tous ensemble. Je sais pas, c'est purement du ressenti mais je dirai du vent à 80 km/h environ. ça peu paraître pas tant mais l'ombre, la pente, l'altitude, la fatigue et le froid général ont fait qu'on à vraiment du se dépasser. Je sais pas pour les autres mais j'ai complètement perdu la notion du temps. Tout ce qui comptait était de rejoindre l'arête. On espérait tous s'abriter de l'autre côté au soleil. Sans le dire on pensait tous que ce combat serait terminé une fois être arrivés sur l'arête. Eh ben, ce n'était pas le cas. On s'est fait reprendre par la tempête de plus belle en avançant vers le sommet. A un moment, Guilhem se retourne vers moi et signale inquiet que la partie droite de mon visage est vraiment devenue blanche. Ma foi, en vérifiant, c'est vrai que je n'avais plus aucune sensation en touchant mon nez. ça faisait une espèce de bande qui partait de mon nez et qui allait jusque sous mon œil droit. C'était donc ma première petite engelure mais rien de grave. Arrivés au sommet, on tangue dans tous les sens. Si on ne donne pas tout, le vent nous emmène vraiment où il veut. Il y a beaucoup d'émotion mais j'ai rarement été aussi éclaté en arrivant à un sommet. Bastien tente de s'allonger par terre pour se protéger mais ça ne change pas grand chose. C'est dur. On avait prévu de redescendre de l'autre coté en prenant la via ferrata mais le rebord était corniché et on ne savait pas trop ou c'était. De toute façon, il était bien trop dangereux de s'approcher du vide avec le vent. C'est alors qu'on se rend compte, un peu désespérément, que le combat n'était pas encire fini. Bordel, par où on descend? C'est devenu très mental. Je pensais qu'il était midi mais en demandant l'heure à Bastien, il me dit qu'il est 16h30. Bordel, le jour va tarder à se coucher!! C'est assez dur de rester lucide et on repart donc sur l'arête en direction de la selle de l'Albaron. à un moment, Guilhem trouve un endroit où on peut descendre versant ouest. Après quelque mètres de désescalade, on arrive à s'abriter un peu. Pour la première fois depuis quelque heures, on peu souffler un peu. Il n'y a presque pas de vent et on est au soleil. Je suis assi à coté de Bastien et tout ce qu'on fait, c'est manger et boire pour reprendre de l'énergie. J'ai du mal à reprendre mon souffle et je suis complètement déshydraté. Dans ma tête il était clair que je n'allais pas tomber dans les pommes mais je sens que je n'en suis pas si loin que ça. La bonne nouvelle est que mon nez à refondu. Après quelque minutes, on chausse les skis et on descend au refuge d'Avérole. La descente est assez plaisante malgré la croute au début. Tout ce que je fais est suivre les traces de Bastien qui skie vachement mieux que moi pour rester dans la neige cassée. En bas, on a pu trouver un peu de poudre dans les bonnes orientations. On arrive au refuge vers les 18h. On est morts. Il y avait deux autres personnes au refuge avec des chiens immenses mais trop gentils (les gens et les chiens). Ils avaient fait un bon feu et il faisait agréablement chaud. On se rend compte peu à peu qu'on se souviendra très longtemps de cette saint Valentin mais pas pour les mêmes raisons que les gens normalement. On est exténués.
Le lendemain aura été un contraste très fort. On s'est levé assez tôt mais on est pas partis du refuge avant les 13-14h. On à profites du soleil sur la terrasse et on a mangés, toute la matinée. En soit, c'était super cool. à 13h, on a quand même décidé de bouger, pour aller ailleurs. On part alors en direction du col d'Arnès. Il fait chaud, trop chaud. ça botte comme jamais et ça coule sur toutes les faces. Par contre l'ambiance est super belle. L'endroit est trop beau et on est seul au monde perdus au fond de la haute Maurienne. après avoir pu remplir les bouteilles sur une falaise où de l'eau goutait, on a rejoint le col pour découvrir le manque de neige en Italie. C'est dingue comme le vent à tout décapé. On descend donc sur le refuge Gastaldi. La neige est pas ouf mais il y a une belle ambiance et de toute façon, il est assez tard. La Bessanèse se dévoile dans toute sa majesté. Après la courte remontée au refuge, on s'aperçoit que la porte est grande ouverte et qu'il y a 40 cm de neige dans tout le refuge (sauf la partie des lits). C'est presque marrant. En tout cas, on le prend bien et on s'attaque au déneigement du refuge. On aura passé une bonne soirée, malgré l'impossibilité de chauffer le refuge. Au moins, on aura bien testé les duvets et on a super bien dormi. Il a fait froid, mais maintenant on est habitués.
Pour le dernier jour, on avait prévu de revenir par le pas du Chalanson et le col du Greffier, ce qui nous permettrait d’atterrir directement à la voiture. Coup sur coup, on a du faire demi-tour. Du refuge, on voulait passer à peu près à niveau, par là ou il y a un chemin en été mais les falaises nous ont vite découragés. On revient donc et on décide de passer par la punta Adami. Sur notre carte, ça avait l'air de passer. Mais cette dernière à du oublier de mentionner la barre de 400 mètres qui nous barrait le chemin tout au bout du vallon. C'est dur mais il faut faire demi-tour et remonter en vitesse au col d'Arnès. La neige est toujours aussi dégeu mais c'est pas très grave. La mission maintenant est de rentrer chez nous. Coté Français, les 50 derniers mètres du col d'Arnès sont complètement gelés et y a des cailloux partout. C'est chaud à descendre et on aurait clairement du prendre le temps de mettre les crampons. en désescaladant tout doucement, je vois d'un coup Guilhem débarouler à toute vitesse sur l'intégralité de la pente. En bas, il bouge pas trop. ça fait ultra peur de le voir comme ça. Bastien arrive à le rejoindre rapidement. Rien de cassé (enfin, on espère). Il a juste éparpillé tout son matos sur la pente vu que le porte-matos de son baudrier s'est complètement déchiré. Pour ma part, j'y étais presque. à trois mètres de la vraie neige j'ai dérapé sur la glace et je me suis retrouvé pendu à mon piolet, impuissant. C'est assez comique comme situation. Au bout d'un moment, j'ai du me résoudre à lâcher prise pour atterrir dans la neige. Bastien, qui avait mis ses crampons en bas pour aller cherche le matos de Guilhem à pu récupérer aussi mon piolet, qui étais resté planté dans la glace. Guilhem avait des belles douleurs au coude et à la hanche mais bon, il fallait profiter que ce soit à chaud pour descendre. La suite de la descente aura été des kilomètres de plat et un long regret de ne pas avoir farté ses skis avant e partir. On avait plus mal aux bras qu'aux jambes à force de pousser. ça s'est fini par du ski de fond sur les pistes de Bessans. Pour récupérer la voiture, Bastien à fait du stop pour Bonneval et il nous à récupéré ensuite sur la route et c'est comme ça que s'est conclue cette belle aventure. Ce n'étais pas du grand ski mais un vrai voyage en montagne qui regorge de moments forts et de souvenirs. Merci à vous trois!


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