Départ : Le Grand Thiervoz (Le Cley) (998 m)
Topo associé : Col de la Valloire, versant SW
Sommets associés : Pointe de Comberousse (2866 m) Col de la Valloire (2751 m)
Orientation : SW
Dénivelé : 1800 m.
Ski : 2.2
Sortie du jeudi 21 mai 2026 (Hier)
Conditions nivologiques, accès & météo
Conditions pour le ski : bonnes
Skiabilité : 🙂 Bonne
Compte rendu
Itinéraire suivi : selon topo, puis un peu plus haut sur l'arete de Comberousse. descente par le versant ouest jusqu'à rejoindre le vallon de montée vers 2500m. En bas, j'ai traversé la combe rive gauche jusqu'à butter contre le pied de la Grande Roche et pouvoir prendre la pente encore enneigée qui rejoint le sentier vers 1700m
Horaires : 7h-13h
Bienvenue à vous chers télespectateurs pour notre nouvel épisode de survie en milieu hostile.A la fin il n'en restera qu'un !
Bon faut dire qu'au départ je suis déjà tout seul. C'est pas compliqué aussi... ici c'est le bout du monde, jamais personne malgré les campagnes publicitaires annuelles d'une célèbre agence chartrousine, à haut renfort de poésie et d'images bucoliques. (D'ailleurs c'est bien grâce à cette promotion onirique que m'y voilà enfin !). Et quand en plus on table sur un petit 800m de portage pour l'échauffement alors qu'on peut encore chausser à la voiture en station, ca calme certainement les amateurs. En tous cas merci à tous les autres concurrents d'avoir trouvé mieux à faire.
Allez, on attaque en short, un petit 7 degrés rafraichissant. On est là pour du sensationnel, et il va y en avoir: pour les sensations, ca risque d'être pas mal de douleur avant le plaisir. Et quitte à se prendre un but, autant le faire devant un public nombreux et hilare.
Heureusement que j'ai pioché la boule noire, je suis dispensé de dégustation, pourtant ce ne sont pas les limaces qui manquent sur ce sentier humide.
--- Interlude
Le sentier serpente entre les sapins, le torrent roucoule, la neige crisse sous les baskets, les chamois bondissent (zinzins !) d'un versant à l'autre de la combe, le soleil se lève dans l'axe du col, les marmottes détalent ventre (vide) à terre, la montagne est monumentale, vaste, blanche, vierge ... on imagine aisément les glaciers qui habitaient ces étendues désertes sans doute pas si loin dans le passé. Et on comprend parfaitement pourquoi on peut tomber fiancé(s) du coin au premier regard !
--- Fin de l'interlude
On ne va pas se mentir, question épreuve d'orientation c'est léger: on monte, on monte, on monte, et on prends toujours la bifurcation qui va le plus au fond. Facile. Je m'étais pourtant entrainé assidument dans le brouillard du Reculet tout l'hiver. En fait, ici il suffit de continuer au plus loin. Et en plus il fait beau. Trop beau même, peut-être.
Oh mais Denis, pourquoi as tu laissé entrer Julien dans le studio ?
Et voilà, maintenant ça devient intellectuel aussi... pour les "4 à la suite" (les lacs bien sûr, quoi que j'en ai zappé un excentré, je suis pas fou non plus): j'ai beau appuyer sur le champignon ça ne veut pas buzzer ni monter plus vite.
(Gros plan sur le visage transpirant du dernier candidat en lice, accablé par la chaleur de la fournaise belledonnienne,
sur fond de lagon en cours de dégivrage)
Seulement 3h sans manger et déjà la fatigue gagne du terrain ... pfffff 40 jours jamais de la vie ! Et pourtant voilà l'épreuve du parcours du combattant: les faces nord au dessus de 2700m ont décidé de se faire la belle et de descendre bronzer un peu plus bas. Chaos de boules et de coulées dans le dernier vallon étroit... on arrive heureusement à négocier sur du lisse en rive droite avant la montée finale. Et voilà, paf, l'arrivée ! Je gagne le totem !
Ce col, c'est immensément beau et magnifiquement loin.
Pas encore assez... je décide de poursuivre sur l'arête vers Comberousse (alors que, oh !, un skieur commence sa descente du col éponyme sur une moquette soyeuse). La face Est n'est pas praticable, trop molle (ca chauffe des 6h10). Mais sur le fil, dans les rochers, on arrive à monter un peu, jusqu'à une belle arête en neige qui vient buter contre un gendarme au pied du bastion final.
La production m'indique dans l'oreillette un dernier jeu surprise, celui du labyrinthe: tiens tiens, et si tu essayais de descendre par la face ouest sous le sommet pour rattraper un de ces jolis vallons débonnaires aperçus à la montée en rive droite ? Ni une ni deux, je suis (bêtement) les instructions susurrées par cette petite voix. D'abord une petite facette appétissante à 30-35° en neige dure. Et une cassure. Moins drole derrière ! Tout a foutu le camp, et c'est raide. Je tente de traverser le toboggan laissé par la coulée, mais fait marche arrière, les carres ne tiennent pas sur la glace (et le chien encore moins). On descend le long sur du croustillant lisse à bon grip, et on traverse plus bas moins raide (c'est l'épreuve du portage, chien dans les bras, mollets qui flageolent). Pour arriver dans LE champ de moquette tant attendu. Oh la la ! Du velours sans un faux pli ! On aurait pu tourner un épisode de danse avec les stars avec un rythme de godille ...
Je poursuis et retrouve après cette petite aventure pimentée l'itinéraire de montée. Toujours tout doux, ca porte bien - mais colle un peu en rive droite. Qu'a cela ne tienne, on passe rive gauche !
Et vers 2050, là ou le ruisseau s'encaisse un peu, je bifurque pour une traversée légèrement ascendante (sans peaux), pour suivre une esthétique moraine frontale qui m'amène en haut d'une pente verneuse mais enneigée, repérée à la montée, jusqu'au bord du chemin à 1700m sans déchausser !
Les 100 derniers mètres se font sur une vieille neige jaune, cachée par la neige fraiche plus haut. L'analyse microscopique (au téléphone) de l'épaisse couche poussiéreuse recouvrant les skis montre vraisemblablement la présence de pollen de résineux.
On remet les baskets... et je chute lamentablement des poteaux lors de la traversée du torrent. Après un premier pied dans l'eau j'ai carrément mis les deux et marché à travers sans me poser de question... c'était bon !
Puis ca déroule dans la jungle jusqu'en bas, avec des étoiles plein les yeux, encore tout guilleret de cette balade irréelle dans ce magnifique vallon sauvage.
Hé, Denis, combien j'ai gagné ?
Que dalle, tu vas comme d'habitude mettre trop de temps à écrire ton CR pour monétiser les likes éventuels de ton prochain post Skitour, ah ah ah !


















































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