Sortie du mardi 12 mai 2026 (Hier)
mat_gre
Conditions nivologiques, accès & météo
Météo/températures : nuit de lundi à mardi très agitée, pluie sous 2000 et 20 30 CM de neige en altitude, grand soleil au fur et à mesure le mardi. Vent sur les sommets.
Conditions d'accès/altitude du parking : parking des voûtes
Altitude de chaussage/déchaussage : 2000
Conditions pour le ski : neige lourde en montée pour tracer, correcte pour la descente, mais beaucoup de portage sur la partie plate.
Conditions nivo et activité avalancheuse : avalanche 100m sous le sommet ! Quelques coulées de neige humide éparses sinon.
Skiabilité : 😐 Correcte
Compte rendu
On prévoit avec Antoine une journée ski à la Grande Ruine, au vu de la météo, qui malgré la tempête de pluie prévue de lundi à mardi, s’annonce grandiose mardi en journée. Après quelques péripéties, départ en Citiz de Grenoble lundi soir, la météo ne s’est pas trompée, des trombes d’eau s’abattent tout au long du trajet. Optimiste et un peu rêveurs, on imagine déjà la peuf qu’on aura le lendemain en altitude.
Arrivée au parking sur les coups de 23h, on pousse la Citiz jusqu’au parking des voûtes, bon je n’aurai pas tenté avec ma voiture, mais ca a l’air de bien passer, on finit par arriver sur une sorte de marécage qui fera office de parking. Petite flemme de planter la tente sous la pluie battante, on opte pour un bivouac dans la voiture. Ambiance grelou assurée !
Départ du parking après une courte mais reposante nuit peu avant 6h. Le jour est déjà levé, pratique, et les nuages semblent s’éloigner, la météo aurait-elle vu juste ? On est seuls sur le parking, pas étonnant un mardi en semaine avec une météo hasardeuse. On espère ressentir l’ambiance sauvage du massif des Ecrins, et effectivement on ne croisera, mis à part les marmottes, pas âme qui vive de la journée, ca dépayse !
On entame la montée ski sur le dos, effectivement ce n’est pas aujourd’hui qu’on chaussera au parking. On croise quelques empreintes de loups, dont on ne s’amuse pas à suivre la trace, et celles plus reconnaissables de lièvres.
Après avoir passé le refuge de l'alpe, la vallée se pare d’une belle et fine couche de neige, qui fondra dans la journée. On chausse finalement après 2h de marche vers l'intersection entre la route du refuge Adèle Planchard et celle du refuge du Pavé. Après encore une bonne bavante de plat, la montée commence enfin. On doit évidemment tout tracer, au vu du peu de passage à cette période et de la neige tombée dans la nuit. La neige s’alourdit au fur et à mesure de son exposition au soleil, on évite les pentes raides, et le refuge Adèle Planchard est enfin en vue.
On évite de trainer car le risque d’avalanche (3 au dessus de 3000) est non négligeable sur les coulées de neige humide au soleil. Enfin plus facile à dire qu’à faire. Vers 13h, je laisse Antoine 200m sous le sommet, et je décide d’expédier la fin de la montée et la partie finale au sommet de la Grande Ruine histoire de redescendre rapidement et de prendre une pause dej bien méritée, on commence à en avoir plein les pattes après plus de 2000m de déniv dont une bonne partie à tracer dans la neige lourde.
C’est là que les choses se gâtent. Arrivé à 100m du sommet, je visualise déjà le couloir final à franchir, quand tout à coup j’entends un grand bruit woompf, mauvais signe annonciateur d’une cassure de plaque. Pas le temps de réfléchir et me voilà embarqué dans la coulée. Je crie en direction d’Antoine qui se retourne en bas et me suit du regard, j’essaie tant bien que mal de surnager en surface. Finalement, au bout d’une quarantaine de mètres, tout s’arrête, j’ai bouffé de la neige mais je suis à l’air libre, au moins en partie. Un rapide checkup, je vais bien, et je m’empresse de prévenir Antoine qui s’inquiète plus bas. Je me retourne et voie l’étendue de la coulée, j’ai surement déclenché une cassure de plaque à distance pendant ma dernière conversion, et 15m plus haut, au niveau du cirque de rocher là où la pente était plus raide, une plaque a lâché entrainant avec elle les pentes moins raides où je me trouvais, sur une centaine de mètres. Plus de peur que de mal, mais quand même, je n’avais pas du tout anticipé une cassure à cet endroit. J’y réfléchirai à deux fois. On s’empresse de redescendre, après avoir abandonné la recherche de mes lunettes de soleil surement ensevelies sous l’avalanche, un maigre tribut à payer.
La descente passe bien, aucune pente n’est foncièrement dangereuse mais on y va quand même un par un évidemment, au vu de ce qui vient de se passer plus haut. Une pause saucisson le temps de reprendre ses esprits, et ca repart. On est accueilli par une bonne centaine de marmottes (sans rire) entre le refuge de l’alpe et le parking, où l’on arrivera sur les coups de 17H, après un mardi bien rempli en émotions !