Sortie du mardi 21 avril 2026
taramont, marind
Conditions nivologiques, accès & météo
Météo/températures : grand beau - apparition de quelques nuages en début d'ap midi - une certaine fraîcheur entretenue par un petit vent coulis
Conditions d'accès/altitude du parking : 998m - RAS
Altitude de chaussage/déchaussage :
Chaussage pour mon coéquipier à 1700m - Montée entièrement en crampons pour moi
Déchaussage à 1550m
Conditions pour le ski : très bon enneigement - excellent regel nocturne - Lacs Blanc et Noir non encore déneigés - neige encore un peu dure dans les pentes au-dessus du Lac Glacé, ensuite parfaite neige de printemps jusqu'à 1700m puis un peu plus chaotique jusqu'au déchaussage à 1550m (branchages au sol, petites zones déneigées en feuilles) - contrairement aux autres années, pas de boules d'avalanche dans le raidillon de sortie
Conditions nivo et activité avalancheuse : RAS pendant le temps de la course - coulées pré-existantes en rive G du vallon Skiabilité : 🙂 Bonne
Compte rendu (par taramont)
La Beauté ne sauvera sans doute pas le monde contrairement à ce qu’a prétendu Dostoïevski (mais personne ne sait au juste ce qu’il a voulu dire par là). Elle ne le sauvera pas parce que le monde n’a pas su la sauver, elle. La Beauté, il faut la traquer. Non, pas la traquer, la chercher, la débusquer, la contempler en apnée comme un pêcheur de perles, la cueillir de notre regard, du bout des lèvres, du bout des spatules aussi, et passer notre chemin. En tout cas, aujourd’hui, la Beauté a sauvé une journée de plus dans nos vies constamment à sa quête.
Ce n’était pas une surprise. Ce n’est pas la première fois que nous l’avons rencontrée dans la Grande Valloire. Je dis « nous » parce qu’aujourd’hui – et mon Eternelle Fiancée de Belledonne a dû être bien surprise - je suis arrivée accompagnée (et même largement précédée) au bout de ce long et magnifique voyage.
Ne croyez pas pour autant que je renie la Grande Valloire, ma Bella Donna préférée. Oh que non ! Chaque visite renforce le sortilège. Mais l’amour d’un lieu c’est comme la flamme d’une bougie qui peut être partagée sans que cela ne nous enlève aucune lumière ni aucune chaleur. Et mon coéquipier du jour mérite amplement de se fiancer également pour l'éternité à la Grde Valloire car son assiduité dépasse sans aucun doute encore la mienne.
La Beauté de la Grde Valloire printanière se mérite. Le Ruisseau Perdu laisse perplexe au lever du jour : crampons ou pas crampons pour traverser l’avalanche gelée ? Pieds dans l’eau ou saut hasardeux sur quelques pierres ? Les vernes qui ont résisté à l’avalanche résisteront-elles aussi si on s’en sert de main courante ? La neige on la trouve à 1550m comme bien souvent en avril mais se remonte jusqu’à 1700m préférentiellement en crampons. La chaleur s’est laissé attendre et n’a d’ailleurs pas fait de zèle même après l’apparition du soleil. Mais c’est bien tout comme hostilités. C’était juste pour tester la constance de nos sentiments à son égard.
Petite surprise : sur les 4 lacs, on n’en voit qu’un seul mais magique : le Lac Glacé, œil turquoise dans le grand blanc. Des autres, on n’aura vu que des emplacements de lacs. La débâcle n’a même pas encore commencé.
D’aucuns diront encore que ces lieux ne doivent pas trop être divulgués. Ha ha, encore une fois pas âme qui vive à l’horizon et très peu de traces des jours précédents. Et pourtant ce n’est pas faute de claironner leur beauté quasiment chaque saison. Je vous laisse le soin de conclure. (3 skieurs montaient versant Maurienne vers la Selle du Puy Gris)
Je laisse aussi le soin à Marind, mon coéquipier d’ajouter son petit grain de sel à ce semblant de récit. Il en meurt d’envie. Il complètera également l’illustration.
CR de marind:
Je m’exécute…: d’abord dire la petite appréhension causée par cette invitation à partager le pèlerinage annuel de Taramont vers la Grande Valloire, le sentiment d’être privilégié en accompagnant cette figure pas banale, un pilier de skitour !
Puis dire le bien que m’a fait le rythme réputé lent de taramont grâce auquel j’ai pu atteindre le col sans ressentir la moindre impression d’épuisement ou de fatigue. L’ayant régulièrement attendu, j’ai eu des paliers de récupération bienfaisants. ( j’espère que ce passage n’est pas désobligeant pour elle!).
Elle m’a dit que je courais comme un lapin! Connaissant la réputation de cet animal je tient à dire que la comparaison s’arrête là !
J’ai eu un grand plaisir à partager la beauté de ce lieu que je pratique beaucoup, dans lequel je bivouaque souvent, résidant au Grand Thiervoz.
Habituellement je passe une nuit au 1er chalet ; et je ne pensais pas être encore capable d’avaler les 1750m de D+ d’un coup!
La fréquentation de la Grande Valloire rebute sans doute beaucoup de randonneurs pas très chaud pour le portage sur une longue distance. Pourtant ça fait partie du plaisir du ski de printemps qui portait bien son nom hier!
Et l’insolite œil turquoise du lac glacé comme une pierre précieuse sertie dans le nombril d’une danseuse indienne vaut le voyage !
On doit y retourner pour le col d’Arguille un peu plus engagé.
Itinéraire suivi : topo
Horaires : départ 5h - début descente à 12h30