Sortie du dimanche 5 avril 2026 (Hier)
giiums
Conditions nivologiques, accès & météo
Météo/températures : grand beau, sauf jeudi soir. Chaud depuis hier matin. Pas froid en altitude si absence de vent
Conditions d'accès/altitude du parking : RAS
Altitude de chaussage/déchaussage : PK de BSP
Conditions pour le ski : bonnes même si le vent a soufflé fort en altitude
Conditions nivo et activité avalancheuse : ça chauffe vite en S depuis hier. Le manteau passe en mode printanier
Skiabilité : 🙂 Bonne
Compte rendu
J1 - Bourg Saint Pierre - Cabane de Valsorey (montée itinéraire classique) - D+ 1450
J2 - Cabane de Valsorey - col du sonadon - Grand Charmotane - Mont Avril - Cabane Chanrion - D+ 1400
J3 - Cabane Chanrion - col du Mont Rouge - Mont Blanc de Cheilon - cabane des dix - col de la Serpentine - Pigne d’Arolla - Cabane des Vignettes D+2600
J4 - Cabane des Vignettes - col de l’Eveques - col du Mont Brûlé - Col de Valpeline - Tête de Valpeline - Zermatt - D+ 1500
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Petit flash-back : nous sommes mardi 17 mars. Nous nous élançons pour la Haute Route Chamonix - Zermatt en 4 jours. Parfois la montagne nous laisse passer parfois elle met tout en œuvre pour nous dissuader d’avancer. Alors nous avions à peine réalisé la moitié de la première étape et que les éléments étaient tous en notre défaveur, nous rebroussions chemin jusqu’à Chamonix et remettons à plus tard la traversée.
Départ jeudi matin aux aurores de Lyon. L’objectif est de laisser la voiture Martigny et accéder à Bourg-Saint-Pierre en train / bus. Montée efficace à la cabane de Valsorey que nous atteignons en mi journée. Cabane 2*. Les guides nous indiquent que les conditions sctuelles sont idéales, propices au record (affaire à suivre)
Vendredi matin, départ aux aurores : nous avons deux options de course et devons encore confirmer le refuge du soir lorsque nous aurons du réseau au col du sonadon. Cabane des dix pas dispo, nous réalisons notre descente (cadre grandiose) jusqu’à hauteur de la cabane de Chanrion et décidons de remonter le Mont Avril (sommet malheureusement ravagé par le vent - 2*) et son vallon disposant encore d’une bonne poudre dure (4*). Cabane de Chanrion 5*.
Samedi, après une première journée d’approche et deuxième journée d’échauffement, il fallait une course plus magistral pour marquer notre séjour. Sur les bons conseils de skieurs rencontrés au refuge, nous mettons cap sur le mont Blanc de Cheilon et décidons de l’enchaîner avec le pigne d’arolla. Sommet très esthétique. Accès via des pentes où nous slalomons entre les crevasses et sous les ceracs. Ambiance haute montagne garantie. Les très esthétiques arêtes sommitales et les environs se dégagent quelques minutes après notre arrivée au sommet. Cette fois ci, la providence semble avec nous. Descente dans une poudre durcie jusqu’au glacier en longeant la rimaye pour éviter les crevasses puis sur le glacier jusqu’à col de Cheilon (4*) . Descente dans la combe jusque sous la cabane des Dix en poudreuse protégée par le vent et encore globalement encore froide (5*). Longue remontée jusqu’au col de la Serpentine sous un soleil de plomb. Le dénivelé augmente et nous rappelle qu’enchaîner des courses à +2500 de D+ se fait mieux en Belledonne que dans des environnements haute montagne. Passé le col de la serpentine, les watts manquent, les arrêts se font plus fréquents et le cardio remonte rapidement. Il ne reste plus grand-chose pour atteindre le sommeil mais il faut s’employer sérieusement pour venir à bout du faux plat final.
Nous atteignons le Pigne d’Arolla un peu avant 16h : nous sommes seul, pas un nuage à l’horizon et vent globalement faible. Moments magiques pour la seconde fois de la journée. Il a fallu s’employer ! La providence est bien avec nous. Descente sans histoire et globalement directe à la cabane de Vignettes. Cabane 3* (4 si la capacité aurait été moindre / 100 places)
Dimanche, étonnamment la caisse et les jambes reviennent vite malgré la bambée de la veille. Nous gagnons rapidement le col de Valpeline via les cols de l’évêque et du mont brûlé (remonté en crampons). Crochet à la tête de Valpeline pour apprécier le panorama splendide sur le Cervin et la dent d’Herens. Vue à couper à le souffle. Quelle chance d’être ici, à ce moment, avec de telles conditions…! Descente dans un cadre splendide en zigzagant entre les crevasses jusqu’à 3000 (neige 4*) avant de retrouver de la neige transfo au dessous. On se fait dépasser par deux flèches qu’on ne tarde pas à encourager en criant… record de la Cham-Zermatt battue :)
Raid en montagne de toute beauté. Le massif est très propice aux boucles et sommets qui sortent du cadre de la haute route et qui demandent un peu de réflexions et de préparation pour réaliser de beaux enchaînements.
Récit partiellement rédigé dans le train du retour : la Suisse proposant cette avantage :)