Partis pour deux nuits d’acclimatation en prévision du Mont Blanc avec Nath, avec pour objectif le refuge des Écrins et quelques itinéraires aux alentours.
Départ à midi tapante après un pique-nique bienvenu aux Claux, juste avant le tunnel (1265 m). On savait que la route était fermée et que cette première journée serait une bonne bavante… peut-être pas à ce point. En voiture, c’est rapide ; à ski, ça prend son temps. Heureusement, on peut chausser dès le parking — une chance, au vu de la température ca ne va pas durer.
On traverse Ailefroide, village figé sous la neige, puis on atteint enfin le pré de Madame Carle après 3 heures de ski. À part quelques écureuils et un ou deux skieurs aventureux, on a les Écrins pour nous seuls : le rêve. Rien à voir avec l’affluence estivale.
Le glacier a encore bien rétréci, mais on l’aperçoit depuis le parking. Et c’est parti pour la montée. Le torrent se franchit facilement, deviné sous la neige ; difficile d’imaginer que le pont a encore été emporté l’été dernier par un courant trop puissant — les glaciers fondent vite.
Après quelques virages, un petit raidillon demande de l’attention : pas le droit à l’erreur, sinon c’est la barre rocheuse en contrebas. On atteint enfin le refuge du Glacier Blanc. La météo est parfaite, mais l’envie d’arriver se fait sentir. Petite pause, puis on repart en prenant pied sur le glacier, bien bouché — ça change de l’été.
On arrive au coucher du soleil à l’aplomb du refuge. Encore un effort, et on atteint le refuge à 19h, sans même sortir la frontale. Bien accueilli par la gardienne, on s'enfile un repas salvateur. Quelques photos des étoiles, puis réflexion sur les plans du lendemain, et au dodo. Roche Faurio est déjà tracé, le Dôme pas encore, mais une cordée tentera l’ouverture. Après 2000 m de montée et la route depuis Grenoble, on préfère jouer la sécurité et partir sur la classique Roche Faurio.
Derniers arrivés le soir, on partira aussi bon derniers des trois cordées présentes : le sommeil, c’est important. À 8h, skis aux pieds, on attaque la montée vers 9h et atteignons le sommet à 11h. Vue magnifique sur le massif. On aperçoit les skieurs redescendant du Dôme ; ils nous diront avoir bien brassé pour faire la trace.
Un rapide coup d’œil à la météo confirme les dires de la gardienne : dégradation en fin d’après-midi, et temps pourri le dimanche. On décide d’annuler la deuxième nuit et de redescendre tranquillement — l’acclimatation aura été un peu courte.
Quel plaisir à la descente : la neige , croutée au début, devient bonne, surtout après le refuge du Glacier Blanc où l’on s’offre un casse-croûte bien mérité. Après 3 heures de descente, on en finit avec l’interminable route vers Vallouise et on retrouve enfin la voiture.
Super séjour, même écourté : du beau temps sur deux jours, une belle bambée dans les Écrins. On reviendra pour la Barre.