ActuTopo-guideSortiesForumsPhotosMatosAnnoncesConnexion
Inscription
Entrez votre email et récupérez votre mot de passe dans votre boite
Ou
J'ai déjà un compte
Connexion
Entrez l'email et le mot de passe que vous avez reçu lors de votre inscription
Créer un compte | Mot de passe oublié

Sorties > Mercantour - Alpes Maritimes Italiennes > Le bureau des miracles a été ouvert à la Cime de Pal

Le bureau des miracles a été ouvert à la Cime de Pal ⭐

Massif : Mercantour - Alpes Maritimes Italiennes
Départ : Roya (Parking supérieur) (1590 m)

Sommet associé : Cime de Pal (2818 m)

Orientation : NE

Dénivelé : 1950 m.
Ski : 4.2

Faune : Afficher les zones sensibles

Sortie du vendredi 20 mars 2026 (Hier)

ciaisg, Walt06, edwardoo

Conditions nivologiques, accès & météo

Météo/températures : Grand beau
Conditions d'accès/altitude du parking : ras
Altitude de chaussage/déchaussage : on chausse au bout de la piste sous le trou des corneilles. retour en hélicoptère !
Conditions pour le ski : tout ce qui était nord était en poudre, transfo en sud/est et gelée en ouest

Conditions nivo et activité avalancheuse : pas pire ! des petites coulées de purge dans le raide en nord, le reste a été pelé, 

Skiabilité : 🙂 Bonne

Compte rendu (par ciaisg)

Itinéraire suivi : départ du hameau de Roya, remontée du vallon de Roya jusqu'au sommet du mont Triboulet, descente face ouest jusqu'au fond du vallon de Demandols, remontée cime de Pal par son épaule est et descente dans la face NE. Puis c'est là que le ski s'est arrêté pour moi ! Après les secours les copains sont rentrés via la baisse de Barel en longeant le flanc nord du mont Rougnous. ils auront fait 2450m. 

Je vous relate maintenant ce qu'il m'est arrivé lundi dernier (le 16 mars 2026), depuis j'ai récupéré, me suis fait opérer du bras droit et savoure le temps qui passe !!!
Par miracle je suis toujours en vie !
J'en ai tiré des leçons qu'il est bon de partager car je peux encore le faire !!! 
On doit être peu nombreux dans ce cas...


Nous voilà partis du hameau de Roya dans la vallée de la Tinée, un groupe de 4 bien motivé, pour aller skier la face NE de la Cime de Pal via le mont Triboulet.
C’est loin, c’est long et c’est beau. Le temps est clair, pas de vent et le BERA est de 3 donc normal après des chutes de neige. Il y a eu du vent mais rien d’inquiétant de visu sur le parcours choisi. Enfin rien qui puisse m'inquiéter personnellement.
Après 5h nous arrivons finalement au sommet et partons pour la face.
On zappe l’entrée principale, car il fallait descendre 5m en crampons, pour en trouver une plus facile plus à l’ouest.
Nous rentrons dans la face par un couloir large et peu raide (petit 45°) En rive droite la neige est en sucre poudre de très bonne facture, alors qu’en rive gauche elle a été un peu matée par le vent. Nous faisons un peu partir le couche superficielle pendant cette première descente, mais rien d’alarmant.
Nous descendons jusqu’à un point surplombant des ressauts. A cet endroit nous nous posons la question de où aller : Gauche ou droite ?
A ce moment là je vois clairement que le passage de gauche fonctionne. Je demande quand même à mes coéquipiers ce qu’ils en pensent et où ils veulent aller ? Ils me répondent à droite car ça à l’air moins raide sur la cartographie.
Je m’élance donc en traversée (sur cette plaque qui partira bien plus tard) pour une dizaine de mètres et venir butter contre un rocher. C’est le but !
Je demande donc aux autres de partir à gauche et je fais ma conversion pour faire demi-tour.
Comme j’ai perdu deux mètres dans la traversée, je dois revenir en faisant des escaliers.
A ce moment là je ne ressens toujours aucun danger : je suis au dessus des ressauts mais les pierres sont bien apparentes et la neige tient bien.
Je fais à peu près dix mètres en escalier pour me rapprocher du point où je pourrai traverser en skiant. C’est à ce moment là, après bien cinq grosses minutes d'activité sur la plaque, qu’une première fissure vient découper la couche de surface.
Je réalise alors que quelque chose se passe mais rien ne bouge pour l’instant. Je sonde la neige une fois de plus avec mon bâton, ça me semble toujours correct et je fais mon dernier escalier pour enfin pouvoir basculer à gauche et skier pour rejoindre les copains.
C’est à ce moment là que toute la plaque part après une petite détonation.
Elle me couche sur le flan gauche et m’entraîne dans les ressauts. J’essaye de me relever pour skier et m’échapper (comme j’ai déjà pu faire plusieurs fois dans ma vie) mais la pente beaucoup trop raide, le peu de marge que j’ai pour le faire (environ cinq mètres) et l’impossibilité de skier proprement ce que j’ai en dessous me font me résigner à affronter ce qui m’attend.
Je me retourne sur le flanc droit avant de chuter dans les ressauts.
Je perds rapidement mes skis (que pour une fois je n’avais pas verrouillés !) et fais deux culbutes dans la neige qui tombe avec moi sur environ quarante mètres de dénivelé.
J’attends avec peur le moment où je vais impacter un obstacle qui va me pulvériser mais non ! Je me sens ballotté dans tout les sens mais rien de grave ne se passe même si je sens que je tape fort les rochers.. L’épaisseur de neige qui m’entoure amorti les chocs, un peu comme les grosses vidéos de freeride en Alaska ! et vous allez voir que c'est le cas !
J’arrive maintenant dans la seconde partie de l’avalanche : les roulades sur le flanc avec la neige qui me pousse, et me recouvre sur environ trois cent cinquante mètres de distance.
Je suis tombé sur le flanc et la masse de neige commence à me recouvrir tout en me poussant vers le bas. Je fais un peu bouchon de pêche, ou pour ceux qui naviguent en planche à voile/kite, comme quand on tombe dans la mer en furie et que l’on se fait recouvrir par les vagues !
Je suis toujours pleinement conscient de ce qui m’arrive et comprends que je suis plutôt en surface car à chaque tour j’ai les bras qui sortent et je peux prendre une bouffée d’air frais un tour sur deux..
Pour éviter de me faire complètement ensevelir quand j’ai la tête vers le sol, je me pousse avec les bras pour ressortit. La masse de neige qui me chahute est considérable mais j’arrive à « nager » pour rester en surface plus ou moins.
Au bout d’environ quatorze roulades, je commence à ralentir et c’est à cet instant que je prends conscience que j’ai un sac airbag sur le dos. Je le déclanche enfin pour mon dernier tour sous la neige, le ballon se gonfle et propulse mon torse à l’air libre, je suis enfin arrêté et je peux me relever seul. Les copains arrivent 30 secondes après. Je suis choqué mais en vie, j’ai un peu mal au bras, le nez en sang et un mal aux fesses phénoménal !
Je regarde vers le haut et prend conscience encore plus de ce qu’il vient de se passer malgré le fait que j’ai tout dans la tête, du départ à l’arrivée, hors et sous la neige. L’avalanche a continué encore 100m en distance vers le bas.
J’ai perdu un ski, cassé la fixation de l’autre, un gant me manque et le piolet que j’avais sur le sac a été arraché mais je suis encore là pour compter les dégâts !
Bizarrement mon sac airbag s’est immédiatement dégonflé après l’avoir déclanché… une expertise serait la bienvenue pour en connaître la cause.

ce que je retiens de cette histoire :
Se fier à son instinct. Je savais qu’il fallait sortir à gauche et pas aller à droite, ou prendre le chemin le plus direct vers la sortie quand on le voit !
De ce fait : passer le moins de temps possible dans un environnement similaire.
Ne plus patauger avec les skis sur une plaque pour remonter mais plutôt les enlever et marcher près des rochers. Même si celle-ci tenait relativement bien en rapport avec le degré de pente.
Prendre conscience des ruptures de pentes (ici le ressaut rocheux), malgré les cailloux apparents.
Porter un casque quand on va dans des environnements similaires.
Si c’est possible ne pas subir l’avalanche et se battre pour rester en surface. le crowl est efficace.
Être conscient que l’on a un sac Air bag sur le dos, et en bon état ! et donc penser à le déclancher le plus tôt possible
Si on porte un piolet, le ranger de telle manière qu’il ne crève pas l’airbag. Je pensais que c’était à cause de ça que mon airbag s’était dégonflé mais non car il n’est pas percé.
Basculer son téléphone en mode avion afin qu'il n'interfère pas avec l'ARVA pendant que l'on est recherché. 
La pratique et la lucidité permettent de minimiser les risques.
Je ne tiens pas compte de l’idée de ne pas faire ces choses la car c’est le ski que j’aime et pratique depuis fort longtemps maintenant.

Bon ski à tous, de la part d’un miraculé quand on voit la vidéo !!!

Guillaume Ciais


Lien pour la vidéo : (je n'ai pas trouvé comment la faire apparaitre directement ! si un modérateur peut le faire ? merci)

www.youtube.com/watch?v=oDpF5HBkksg


Commentaires

DidierGO, le 21.03.26 07:16

Sacrée chance d'être entier après une telle avalanche. Bon rétablissement 

Gemitaut, le 21.03.26 08:55

Bon rétablissement et, même si c'est le ski que tu aimes, fais gaffe à toi 🤓

R
Robert, le 21.03.26 11:23

Et be ! Sacrée cabriole. Bon rétablissement. 
La présence de rochers ne préjuge pas de l’absence de plaque. 
C’est aussi le risque du "à vue". 
Le BERA alertait sur le secteur nord si je me souviens bien. 

Tu pourrais changer la date de la sortie, les conditions lundi étaient quand même bien meilleures que jeudi. J’étais dans la Tinée aussi. 

Jacques_F, le 21.03.26 12:25

Waouh tu reviens de loin ! Bon retablissement en tout cas ... Take care next time 🤓

C
calvin, le 21.03.26 13:33

Hé ben… content que tu t en soit sorti et ravi de pouvoir te lire !
Merci pour le partage c est toujours intéressant. 
Étonnant que tu n ais pensé que vers la fin que tu avais un sac airbag !😳 même si peut être en étant brassé tu n aurais pas pu le déclencher plus tôt ? 
Est ce que tu en est tjrs équipé ou est parce que c était inhabituel ? 

C
ciaisg, le 21.03.26 14:22

Merci 
Je suis bien content de pouvoir vous partager cette aventure ! 
 Robert Pour la date je vais laisser comme ça car sinon mon témoignage va passer à l'as et ne servir à rien, et je ne veux pas ! 
 Calvin : non je n'ai pas forcément mon airbag avec moi, juste quand je pense que peut être je vais en avoir besoin... mais je fais en sorte d'éviter de m'en servir !
Tout du long j'ai plus pensé à me battre pour survivre qu'à autre chose ! C'est pour ça que je n'y pense que si tard !
Dans cette histoire il s'est passé tout un tas de choses qui se sont bien goupillées sans que je le veuille : les fixations non verrouillées, avoir un airbag, le déclencher au dernier moment alors qu'il est défectueux, un piolet qui se décroche alors qu'il aurait pu crever le ballon (et j'y avais également pensé !! ), partir avec autant de neige, ce qui a vraiment contribué à amortir les chocs, neige légère et non lourde.
Bref je suis vernis !!!!!

Y
yanns, le 21.03.26 16:37

Salut. Guillaume, heureux que tout se finisse bien. On s'était croisé sur le parking de Roya au début de votre balade. Merci pour ton récit et de nous partager ton expérience c'est toujours intéressant et chacun peut en tirer des enseignements. Bon rétablissement

Cette sortie
Pour soutenir Skitour, faites le bon choix
En cliquant sur "accepter" vous autorisez l'utilisation de cookies à usage technique nécessaires au bon fonctionnement du site, ainsi que l'utilisation de cookies tiers à des fins statistiques ou de personnalisation des annonces pour vous proposer des services et des offres adaptées à vos centres d'interêt.

Vous pouvez à tout moment modifier ce choix ou obtenir des informations sur ces cookies sur la page des conditions générales d'utilisation du service :
REFUSER
ACCEPTER