Sortie du samedi 7 mars 2026
ugo.angelier
Conditions nivologiques, accès & météo
Météo/températures :
Froid bien hivernal mais pas de nuages. -22 en ressenti au sommet avec un vent à 30km/h.
Conditions d'accès/altitude du parking :
Toute la traversée depuis le plan de l'aiguille se fait bien. Il y a assez de neige
Altitude de chaussage/déchaussage :
Conditions pour le ski :
Plutôt bonnes
Conditions nivo et activité avalancheuse :
Au moins 5-6 chutes de séracs vues sur les deux jours, engendrant quelques coulées et aérosols. Dont une sur l'itinéraire de montée au niveau des petits plateaux.
Skiabilité : 😐 Correcte
Compte rendu
On a tracé le Mont Blanc (ou presque).
J1 :
Profitant de la bonne acclimatation des derniers week-ends, on se décide d'aller faire un tour aux Grands Mulets et de potentiellement tenter le Mont Blanc le lendemain. L'approche par le plan de l'aiguille est un poil longue en traversée. La jonction est tracée et passe plutôt bien même si bien ouverte. La suite des traces est assez affreuse. On la dicerne à peine et la croute se casse si on a le malheur de ne pas être au millimètre sur celle-ci.
Le refuge n'est rien que pour nous deux. Dodo au coin du feu car montés sans duvets.
J2 :
Réveil à 3h et départ à 4h15. Heureusement, on arrive à dicerner l'ancienne trace de nuit, qui nous guide sur les parties tourmentées du glacier entre la fin de la première montée au dessus du refuge et la liaison du petit plateau. On la re-trace tout du long et ce jusqu'à Vallot, bon tant pis pour nos cuisses, ce n'est pas l'autoroute attendue ce Mont Blanc tout compte fait ! L'air est bien frais et le soleil met encore du temps à sortir début mars. Au début du Grand Plateau, on s'habille de toutes nos couches, qu'on ne quittera plus jusqu'au sommet.
4 heures plus tard, nous voici à Vallot pour une petite pause d'une dizaine de minutes. Vidage de sac, on prend un peu d'eau, on fait l'aller-retour sans les skis. Il nous faudra trois heures supplémentaires pour atteindre le sommet, moyennant une heure d'artif avec deux broches pour la longueur de 30m en glace et obligatoire. Une corde de 30m suffit pour les rappels, deux pieux en bois permettent d'atteindre le sol en 2 rappels de 15m.
L'altitude fait son effet mais notre excellente acclimatation fait son jeu aussi. Pas de mal de tête, ni de signaux alarmant, rien. Les voyants sont aux verts pour continuer la montée après une hésitation devant cette longueur de glace. Pas mal de rimayes et crevasses dissimulées sur l'arête des bosses.
Nous voilà au sommet à 11h, après 7 heures d'effort ! Trop content ! Un Mont Blanc rien que pour nous deux, une trace à deux, un refuge à deux. Pas vu un chat du week-end. Quel moment exceptionnel passé ensemble :)
La neige n'était vraiment pas exceptionnelle à descendre. M'a valu un tête pied sur le grand plateau et un bâton tordu. Elle fut décaillée agréable en ouest juste au dessus du refuge dans une altitude comprise entre 3100 et 3200 haha !
Merci Valentin !
Plein de questionnements :
- Comment est-il possible de faire le Mont Blanc à la demi-journée aller-retour depuis Chamonix ? D'où sortent ces humain.e.s ?
- Personne dans les parages pendant deux jours, comment est-ce possible ? On nous avait vendu un Mont Blanc surpeuplé. Bon, plutôt logique de n'avoir vu personne, refuges encore non gardés, conditions hivernales...
- Si on refait un Mont Blanc un jour, pas envie de repasser par cet itinéraire, beaucoup trop exposé aux séracs.
- A quand un Parc National du Mont Blanc pour protéger ces espaces sensibles et en danger d'extinction ? Beaucoup trop d'hélicoptères de tourisme nous ont survolé vers le sommet. Beaucoup de touristes venant en avion pour visiter Chamonix, c'est questionnant tout de même... Bon, on est pas les plus sobres en venant en voiture non plus...
- Nos projets des trois derniers week-ends ont fonctionné, coup de chance ? Peut-être qu'il est temps d'arrêter de s'exposer et de ranger les skis pour passer à la saison estivale...