Massif : Ecrins
Départ : Villar d'Arêne (village) (1630 m)
Sommet associé : Grande Ruine (3765 m)
Orientation : SE
Dénivelé : 2200 m.
Ski : 3.2
Départ : Villar d'Arêne (village) (1630 m)
Sommet associé : Grande Ruine (3765 m)
Orientation : SE
Dénivelé : 2200 m.
Ski : 3.2
Sortie du dimanche 1 mars 2026 (Hier)
Conditions nivologiques, accès & météo
Météo/températures : samedi beau, iso 0° 3000m et dimanche couvert apres une nuit claire.
Conditions d'accès/altitude du parking :
Altitude de chaussage/déchaussage : parking
Conditions pour le ski : une moquette qui attendait que le soleil pour décailler.
glacier un peu ouvert.
Conditions nivo et activité avalancheuse :
Conditions nivo et activité avalancheuse :
Des traces d'avalanches de fonte et de fond dans les couloirs d'acces au refuge et sous le glacier. par contre le manteau a semblé bien froid et stable, aucun signe d'activité récente.
Skiabilité : 😐 Correcte
Compte rendu
Itinéraire suivi : AR : montée a Adèle Planchard et Grande Ruine le lendemain.
Horaires : 6h pr aller au refuge et 2h pour monter au sommet.
Quand l'heure du réveil commence par un 4, tu sais que ça va piquer.
Mais tu sais aussi que le spectre du chassé-croisé un samedi de vacances, il tient plus de la légende urbaine que de la réalité.
A moins que...
A moins que l'embouteillage de 5h30 du mat' ne vienne s'inviter à la fête sur la route montant au col du Lautaret.
Pas commun.
Bon, quand on sortira de la route principale à Villar d'arène, on sera tous seuls. Ben même pas, la voiture de derrière nous suit jusqu'au parking : il s'avère que c'est la seule personne qui fera la Grande Ruine avec nous le lendemain.
Le but du week end c'est donc ce sommet de 3700m "pour alpiniste rêveur" situé au cœur des Ecrins.
"C'est central, quoi!" dirait le romain dans Mission Cléopâtre.
Ca fait longtemps qu'il est sur la liste des courses que l'on tient à faire avec le copain Sylvain et les conditions anticycloniques nous paraissent idéales.
C'est donc parti pour 6h d'effort pour arriver au refuge d'Adèle Planchard. Pour l'occasion j'ai collé du poids aux pieds du copain pour le ralentir : c'est le retour des skis de secours en 104 au patin! Mais ça n'a pas l'effet escompté, il avance bien quand même dans le long plat de la vallée qu'il nous faut remonter.
"C'est comme en vélo, sur le plat, le poids ca ne compte pas" m'assure Sylvain.
Ok, je vais faire semblant de croire à cette théorie.
Sur le chemin, la vue est imprenable sur le couloir N de la Roche Faurio, très impressionnant vue de face. Mais comme le Piaget ou la Barre des Ecrins, ça a l'air fort peu rempli...
C'est rigolo de remonter une vallée quasi plate mais au bout d'un moment, on se dit que 3h de marche d'approche, c'est long.
Finalement au détour d'un méandre, ca y est : la montagne à droite, c'est la notre, c'est enfin celle qu'il faut monter!
Ses pentes commencent à peine à réchauffer, le timing est parfait... On croise d'ailleurs un type en descente qui a fait la course ce matin, les conditions ont l'air au top, ca va être une belle sortie, c'est sur...
Le soleil tape dans les petits couloirs labourés par les avalanches de la semaine. Une grosse cassure prenant tout le manteau est partie et elle fait moyennement rigoler. Mais la neige est encore bien froide : tout va bien aujourd'hui.
S'en suit un championnat de conversion sur 4m de large parce qu'on n'a pas envie d'enlever les skis dans le couloir : voilà à quoi devraient ressembler les épreuves de ski alpinisme, moi je dis.
Et puis la pente se radoucit et on finit par apercevoir le refuge. Le copain avance toujours autant malgré la pente, la théorie du vélo s'effondre...
Je pourrais commencer à mal le prendre, mais pas le temps, derrière nous un bruissement d'étoffe, à peine le temps de tourner la tête que "Bonjour!" , un type me passe devant avec une belle vitesse. Cette fois ça y est, mon ego a de grosses gouttes qui lui coulent sur les joues, je vais prétendre que c'est de la sueur et pas du tout des larmes.
Le refuge est très accueillant, impeccable même : Madame Adèle, c'est un bel investissement que vous avez fait il y a cent ans!
Il est pas encore 13h, voila le temps pour le picnic et puis, heu, trou noir et heu, c'est de nouveau l'heure de manger, non?
La fusée éclairante de la montée ne restera pas là à s'emmerder toute l'après midi au refuge, ils repartiront vers d'autres cieux avec son pote.
Ouais toute l'après midi, ouais."
"Tiens, un nuage sur la Barre des Ecrins, il ne va pas venir tout ruiner quand même? "
Le soir venu (et oui, 18h c'est déjà le soir) c'est le gueuleton habituel, la convivialité est au rendez vous, comme d'hab. Petite nuit au calme dans un frigo néanmoins douillet et réveil à 5h30, tranquille.
Le matin sent bon la pâtisserie italienne, 480g, c'est marqué sur le paquet, Ma qu'est ce que tou veux, faut dou carbourant!
Montée à l'aube naissante, avec le lever du soleil sur une mer de nuages au loin. L'ambiance est folle. C'est mon moment préféré de la journée, juste avant les premiers rayons directs du soleil. Avec le refuge qui disparait dans l'ombre et soudain on se retrouve perdus dans ce paysage résolument alpin.
Non, aucune chance : ils ont dit que Non! 7 jours d'anticyclone ma gueule!
A la montée, quelques crevasses discrètes se prélassent au soleil, le glacier n'est pas complètement bouché: surprenant avec tout ce qu'il est tombé!
De loin on voit le couloir central pour accéder au sommet qui a l'air un peu en mixte neige/rocher.
-- "Oui, mais c'est pas perdu-perdu, si?"
"Alors, Nico, on révise pour dimanche prochain, ça c'est pas une descente pour Lulu, ok?
A mesure qu'on se rapproche, ben ,si, c'est perdu, dommage...
La montée du fameux couloir se fait donc le sac léger, dans du sucre, le piolet en mode déco, c'est bof. Mais c'est pas très pentu non plus, il est vrai.
Arrivés sur l'arête, c'est un peu la douche froide : le sommet se fait grand ruiner par un mauvais nuage.
"Non mais c'est passager, hein?"
On est resté 20min pour tester le passager mais il était bien parti pour poser ses valises. Et puis avec un passager un peu trop gros qui déborde de son siège à la limite d'en prendre deux, on s'est fait à l'idée.
Aller on se casse.
Il nous reste 2200m de dénivelé de descente, et ça c'est normalement une bonne nouvelle!
La neige, c'était de la moquette parfaite mais mise au congel : de la freeze-dried moquette on pourrait dire!
Vous me voyez venir, pas assez de soleil, on s'est fait grand ruiner la descente également.
-- Oui oui, j'ai compris, bien sur, je vois, ouais, tout à fait, ouais..."
Toute la descente se fait en mode vibromassage des cuisses, à part deux trois virages potables, comme pour dire a quel point ca aurait pu être bien.
Sur le looong plat du retour, les bâtons sont remontés en 140cm et c'est parti pour la poursuite masculine du 7,5km ski de fond.
Avec 104mm au patin, Sylvain fait moins le malin.
Enfin.
En poussant les skis jusqu'au fond de la vallée, pas besoin de remettre les peaux, impeccable.
Retour agréable comparé à quand il faut tout porter.
Ca sera ma conclusion, pas pire que quand c'est à chier.
En somme : la Grande Ruine ne fut pas un sommet pour "alpiniste rêveur" mais bien pour "alpiniste dans les nuages" , détail qui a eu son importante je dirais...











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Grande Ruine : Tout est dans le titre, en fait... 



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