Sortie du mardi 24 février 2026 (Hier)
taramont
Conditions nivologiques, accès & météo
Météo/températures : grand beau - pas regardé les températures mais quand je ne grelotte pas c'est qu'elles sont positives - pas de vent, juste une petite brise conservant un peu la neige sur les hauteurs
Conditions d'accès/altitude du parking : 1042m - RAS
Altitude de chaussage/déchaussage :
Chaussage comme le plus souvent à 1400m à la sortie des Roches Blanches sous Pré de Pratcel
Déchaussage comme le plus souvent aussi à 1450m sur le sentier de Tracarta
Conditions pour le ski : difficile de donner une note chiffrée à ce genre de sortie - en gros :
- la partie boisée est quasiment inskiable : neige molle en profondeur rendant même la marche laborieuse et périlleuse (enfoncement), neige jonchée de branches et de bouts de bois - partie basse de la forêt avec des obstacles de taille qui obligent à 2 reprises de déposer sac et skis, les faire passer de l'autre côté puis les rejoindre en marche accroupie dans la boue
- la traversée de Pratcel à l'Alpettaz a été un pur bonheur : neige absolument vierge et portante ; en suivant les traces d'un renard, j'étais sûre d'être sur le sentier, l'enneigement étant fabuleux, on ne touche absolument rien
- deux descentes depuis le sommet ; la première en rive G en neige de printemps parfaite jusqu'à l'abreuvoir transformée en patinoire aux eaux turquoises, ensuite trop ramollie, je me suis donc arrêtée à ce niveau pour remonter ; la seconde descente en rive D parfaite pratiquement jusqu'au déchaussage
si on fait une moyenne, ce qui ne veut rien dire, je peux mettre "skiabilité correcte"
Conditions nivo et activité avalancheuse : RAS - choix de la course entre autres pour l'absence de risque d'avalanche ; par contre, ce n'était quand même pas prudent d'évoluer seule avec ces conditions de neige : on peut s'enfoncer profondément et avoir du mal à s'en sortir - sur la crête s'abstenir de s'avancer, les corniches sont au bord de la ruptureSkiabilité : 😐 Correcte
Compte rendu
Première visite de la saison à mon Eternel Fiancé. On s’en souviendra. La moitié un Purgatoire, l’autre le Paradis. Le Paradis du skieur.
A peine suis-je de retour chez moi que le téléphone sonne. C’est LUI.
LUI : ça fait dix fois que je t’appelle, tu ne réponds pas, tu as encore dû trainer devant une mousse aux Grattiers
MOI : non, mes amis n’étaient pas là mais je ne rallume mon téléphone qu’une fois que le poêle ronfle et que j’ai les pieds réchauffés, tu devrais le savoir à force
LUI : mais c’est que j’étais inquiet moi ! tu as eu froid aux pieds par ces températures ?
MOI : c’est gentil de te faire du souci pour moi, pourtant, tu sais bien, « mauvaise herbe… » ; non, je n’ai pas eu froid mais les pieds mouillés. A la Fontaine de Rigne Bâton, l’eau giclait de partout et mes boas criaient « hé, on n’est pas des anguilles !»
LUI : enfin, tu en as quand même mis du temps !
MOI : j’aurais voulu t’y voir ! c’est vrai que je m’entraine pour les JO de 2028 : samedi, j’ai essayé le 5x400m sans relais, c’est bon mais maintenant je soupçonne le retors CIO de nous inventer le ski-alpinisme en course d’obstacles ; j’ai pu m’entrainer assidûment ce matin comme ce soir mais je ne suis pas encore au point, j’ai jamais participé à Koh Lanta moi ! et pas question de contourner les obstacles : les fûts en travers étaient si longs que les contourner m’aurait fait encore 50m de D+ supplémentaires.
LUI : oui mais quand même tu aurais pu descendre plus rapidement !
MOI : quoi ? j’ai joué la prudence pour que tu n’aies pas à endurer la douleur de ma perte ; je n’ai pas voulu skier dans cette neige pourrie dans les bois donc j’y suis allée pédibus et malgré toute ma prudence j’ai mis par 2 fois le pied dans un trou profond dont j’ai eu le plus grand mal à m’extirper ; mais rien qu’à l’idée que si j’y passai la nuit les bêtes sauvages viendraient non seulement me piquer le casse-croute qu’évidemment je n’avais pas mangé mais, voyant que je suis déjà bien cuite, dévorer en plus tout ce qui serai resté de moi en-dehors de ce magma donc, rien qu’à cette idée, je me suis dégagée avec l’énergie du désespoir.
LUI : je suis vraiment sensible à tous les efforts que tu fais pour moi.
MOI : ah quand même, tu n’es pas un ingrat mais vois-tu en cette longue journée j’ai eu le temps de méditer et je suis arrivée à la conclusion que sentimentalité et sportivité, c’est tout à fait la même chose : mieux vaut qu’on mette le doigt là-dedans sur le tard.
LUI : et pourquoi donc ?
MOI : si je m’étais laissée aller à ce genre de choses plus tôt, je n’aurais sans doute pas eu la vie que j’ai eue c.a.d. un havre de paix.
LUI : on peut le voir comme cela et je suis ravi d’en bénéficier, même « sur le tard » ; mais dis-moi, qu'as-tu vu d'insolite au cours de ta journée ?
MOI : pas d'animaux, ah si, un papillon (!) dans la 1ere descente, il a dû aller se désaltérer à l'abreuvoir et puis, plusieurs panneaux "CHASSE INTERDITE" autant sur le cheminement du haut que sur le sentier de Tracarta et sur le panneau de la Réserve Naturelle des Hauts de Chartreuse aux Varvats une mention manuscrite "DRONES INTERDITS". Le PNR de Chartreuse a dû changer de président car je me souviens (il y a quelques années déjà) d'un panonceau plaqué justement sur le panneau de la Réserve, un panonceau bien fait comme il faut qui disait "Chasseurs : seule espèce protégée dans la Réserve Naturelle", eh bien, il n'a pas duré longtemps ce panonceau ! je me suis toujours demandé qui pouvait avoir mis ça.
LUI : ah bon ? Mais dis-moi encore : ce que tu as skié, j’ai l’impression que tu ne trouves pas de mots pour remplacer le vulgaire « j’ai pris mon pied », je me trompe ?
MOI : non, cher ami, tu vois juste et de ton sommet tu as dû voir mes arabesques dignes d’une danseuse étoile, le velours de ton blanc pourpoint était un baume pour mes jambes et je ne te dis pas les sensations ! Un moment de grâce, non deux moments puisque tu m’as autorisée une glissade sur ta manche G d’abord puis sur la D.
LUI : alors tu reviendras, dis ?
MOI : bien sûr, mais pas demain : demain je dors deux jours et je rêverai à cette Divine Comédie : le Purgatoire dans les bois (pas l’Enfer, l’Enfer c’est autre chose) et le Paradis dans les clairières aux neiges intouchées de la traversée Pré de Pratcel/Alpettaz sans oublier bien sûr la griserie de mes deux descentes sur une neige restée parfaite.
Itinéraire suivi :Les Varvats/Pré de Pratcel/Alpettaz/Grd Manti/descente prairie jusque sous l'abreuvoir (1450m)/Grd Manti/Descente sous l'Alpettaz pour attraper le sentier de Tracarta/Pkg - 15km
Horaires : départ 8h