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Sorties > Chartreuse > Toute une journée dans le Bois de Valombré

Toute une journée dans le Bois de Valombré ⭐⭐⭐

Massif : Chartreuse
Départ : Pont de Valombré (780 m)

Sommet associé : Charmant Som (1867 m)

Orientation : N

Dénivelé : 1155 m.
Ski : 2.3

Sortie du lundi 04 avril 2022

taramont, MiRo, bastie1

Conditions nivologiques, accès & météo

Météo/températures : température agréable, pas de vent, ciel couvert se dégageant dans l'après-midi
Conditions d'accès/altitude du parking : pkg au Pont du Grand Logis
Altitude de chaussage/déchaussage :780m
Conditions pour le ski : excellentissimes, seule la clairière de Valombré

Activité avalancheuse : RAS - juste quelques sluffs mais nous n'avons pas traversé les pentes douteuses

Skiabilité : 😄 Excellente

Compte rendu (par taramont)

Vite que j'entre ma partie de ce récit pour que vous soyez assurés d'avoir la vérité vraie, pas la vérité qui varie, mon coéquipier du jour étant d'une fantaisie qui n'a d'égale que la mienne. Et la surpasse sans doute.

Hier soir, mon guide suprême n'avait encore qu'une vague idée de ce qu'il voulait faire. Je l'ai laissé cogiter toute la nuit, histoire qu'il n'arrive pas trop frais pour que je puisse le suivre. Puis, ce matin, sur le pkg de St Laurent du Pont, il a essayé de proposer un « Rap Voûté et un Bec Chtarbé », vous savez ce truc à la mode pour les grenoblois du côté du Col du Coq mais Mr Miro a reconnu que ce disque-là devait être bien rayé. Alors, j'ai abattu ma carte.

En effet, hier, sœur T avait dépêché le frère convers Bastien pour qu'il fasse une solide tranchée dans la poudre de la face la plus méconnue mais pas la plus riante du Charmant Som. L'austérité, l'austérité, il n'y a que cela qui vaille ! Mr Miro n'a pas hésité un seul instant à s'embarquer pour ce voyage.

Voyage qui a commencé au Pont de Vallombré et qui a été brutalement stoppé par un cerf épuisé couché au bord du chemin. Après quelques minutes de repos, il refaisait quelques pas puis s'effondrait à nouveau. Pas de blessure apparente, juste de l'épuisement ou une maladie. L'ONF et le Parc, alertés, expliquaient qu'il n'y avait rien à faire, c'était la dure loi de la nature.Avons fait un détour autour de lui pour ne pas le stresser davantage et sommes partis vers notre propre destin (bien plus enviable), le cœur lourd.

La suite ne fut que traçage bien physique et ski de rêve.

Quelques haikus et beaucoup de photos vous donneront l'ambiance générale.

Course commencée
La veille sans décision
Brillant équipage !

Bois et clairières
Pensées entre ombre et lumière
Valombré somnole

Le cerf épuisé
S'effondre en silence. Pleure ?
Ah l'impuissance des hommes

Clochards célestes
Ahanants, suants, béats
Entre hêtres et sapins

Au front du mouflon
Autant de pensées brumeuses
Que dans le Guiers Mort

Glisser dans un songe
Fines dentelles givrées
Oh, l'éternité

Miro mettra quelques images et son grain de sel demain ; je crains le pire

J'ai mis Basti1 en participant, parce qu'il a participé par anticipation et qu'il s'est payé, seul et vaillant, un traçage dantesque. Sa trace de descente dans un couloir voisin du nôtre était une merveille. La photo 39 est de lui (je ne sais pas pourquoi la numérotation des photos commence à 20....)

NB : A notre retour, le cerf avait disparu....

Merci sœur T pour l'immense fantaisie dont vous avez délicatement teinté cette sortie. Je ne puis croire en effet que ce soit le seul hasard qui nous ait mis autant de poudre sous les spatules, 500m de couloir rectiligne vierge, un pont de pierre sous le regard d'une mouflonne comme lieu de pique-nique. Quant à la vérité vraie, rappelez-vous sœur T qu'elle est ce fil ténu que nous avons minutieusement tissé en tentant humblement de vivre pleinement chaque instant. A l'image de nos virages à mach 12, il y eut quelques ratés !

Miro



Itinéraire suivi :Pont de Valombré/Habert de Valombré/Sous le Promontoire jusqu'à 1200m/Descente Habert de Valombré/Remontée jusque sous l'arête de Bérard jusqu'à 1250m/descente jusqu'au Pont de la Tannerie/Remontée RF et retour Pont de Valombré - 16,8km
 


Commentaires

J
JBQUAIX, le 04.04.22 22:40

Toujours de très beaux clichés qui accompagnent le texte poétique. Bonne idée de sortie dans un coin secret. Il est temps que l'herbe réapparaisse, le cerf est bien osseux !

J
jpc, le 05.04.22 00:50

waouh, le genre de journée qui remplit une saison !!

Étonnante photo 10 !

ghyslain, le 05.04.22 09:03

woww un vrai parc animalier !! Superbe !!

S
steph-de-mau-73, le 05.04.22 11:51

Il y'a des bambées comme ça, qu'il ne faut pas louper...😉
Même si pour le coup,  ce ne fut point la journée d'un certain cervidé...😩

R
rupicapra, le 05.04.22 18:33

"il n'y avait rien à faire" ? "la dure loi de la nature" autoriserait-elle de laisser ce cerf visiblement cachectique agoniser des jours encore ? à l'heure du sacro-saint bien être animal les sensibilités des agents du parc ou de l'onf m'étonneront toujours

J
JBQUAIX, le 05.04.22 19:07

@rupicapra :
Pas d'inquiétude, c'est tout à fait normal, ces animaux se contentent de peu l'hiver et vont se refaire une santé dès les beaux jours lorsque la nourriture redeviendra  abondante. Les mâles adultes sont les plus marqués par la sveltesse car ces messieurs ont passé leur temps à "renifler" les femelles et à se bagarrer pour montrer leur supériorité entre mi septembre et mi octobre... en en oubliant de manger alors que la nourriture était encore présente !!! Les photos que j'ai pu collecter à l'aide d'une caméra "piège" montrent que les biches sont plus "rondes" que les cerfs à la fin de l'hiver... Mais je m' égare un peu, on n'est plus vraiment dans le contexte skitourien.   

R
rupicapra, le 05.04.22 19:48

merci JBQUAIX, mais le brâme est achevé depuis 5 mois et en principe, avec cet hiver somme toutes clément, ce cerf aurait du reprendre un peu plus d'étoffe; ces images me bouleversent toujours...et on ne s'égare pas vraiment du contexte skitourien si on se préoccupe  de l'équilibre de la faune sauvage bien mise à mal par la surfréquentation hivernale (et je suis chasseur, désolé...)

J
JBQUAIX, le 05.04.22 21:18

@rupicapra :
Pour ma part, je ne pense pas que cet hiver fût si clément que ça car si les jours ensoleillés ont été nombreux, la neige tombée précocement à la fin de l'automne est restée jusqu'à fin février au dessus de 1200m  en sous-bois. Je n'ai jamais vu autant de cerfs, biches chevreuils sangliers venir se nourrir la nuit dans le jardin !

Concernant la surfréquentation hivernale, je pense qu'en Chartreuse, compte tenu des grandes zones boisées de ce massif, la gène occasionnée par les skieurs de rando n'est pas si importante que ça car les sorties sont principalement effectuées dans des zones ouvertes où il est exceptionnel de croiser des cervidés, ceux-ci étant cantonnés dans la forêt.

En revanche, je suis plus inquiet de la surfréquentation du mouflon dans le secteur du col de la Charmette. D'années en années cette espèce prospère (vu un troupeau de plus d'une centaine semaine dernière sous le hameau de Planfay). Il ne faudrait pas qu'une maladie se déclare et décime tout ce cheptel... Chasseur d'images, je ne rentrerai pas dans le débat randonneur / Chasseur, du moins pas ici : "C'est une question d'équilibre"

T
taramont, le 06.04.22 11:53

Merci à tous, ce fut la première de 2 journées magiques qui resteront dans les annales, mais aussi dans mon coeur. Merci à mon traceur du jour et à celui de la veille. Sans eux, je n'y serais pas arrivée ou alors dans l'état du cerf.
Je n'entrerai pas dans le délicat débat de la vie et de la mort de la faune sauvage.Notre premier geste a été celui de la sensibilité : alerter. Ensuite, se dire : que pouvait-on en fait faire pour cet être ? lui apporter une botte de foin ? peut-être,  l'enlever pour le soigner ? le stress l'aurait sans doute achevé, vous pensez, l'humain celui qui tire sur lui, lui envoie les chiens, il ne peut pas avoir de bonnes intentions pour moi se serait-il dit. Et il n'était plus là à notre retour. On peut optimistement penser qu'il a un peu récupéré. On a bien vu qu'il avait marché dans nos traces (pour une fois elles auront été d'une réelle utilité) et qu'ensuite il a réussi à grimper le raide talus pour entrer dans le bois. Les animaux sauvages ont une énergie de vie que nous avons peut-être perdue et n'ont encore inventé ni les soins intensifs en cas d'épidémie ni les soins palliatifs pour leur fin de vie. Ils sont sans doute nombreux à mourir d'une mort lente et solitaire. Les mouflonnes vues au Pont de la Tannerie et en bord de route n'avaient pas l'air bien en forme non plus. Elle est tragique la vraie vie, plus que la nôtre.
@fan :on a revu le cincle plongeur sur le Guiers Mort

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