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Sorties > Queyras - Alpes Cozie N > Quintessence Queyrassine en Quatre actes

Quintessence Queyrassine en Quatre actes

Massif : Queyras - Alpes Cozie N
Départ : Ceillac (L'Ubac de l'Aval) (1431 m)

Topo associé : Pointe de la Saume, Combe Nord-Ouest

Sommet associé : Pointe de la Saume (3043 m)

Orientation : NW

Dénivelé : 5220 m.
Ski : 2.2

Sortie du samedi 16 février 2019

billyolive

Conditions nivologiques, accès & météo

Grand beau
Etat de la route : Altitude du parking : 1431
Globalement, très bon ski en forêt en Nord Poudre froide.
Crêtes dégarnies par le vent, neige trafolee plaquée à proximité.
Poudre dans les combes abritées NW à NE.
Avec le réchauffement en court, neige de printemps avec bonne transfo en E et S à condition de descendre assez tôt.

Altitude de chaussage (montée) : 1431
Altitude de déchaussage (descente) : 1431

Activité avalancheuse observée : ras

Skiabilité : 🙂 Bonne

Compte rendu

Avec Natacha, Val, Pierre Yves, Éric,Manu et Inouk,Claude
J1:pont de Bramousse,torrent de Bramousse,crête 2353,pointe de Combasse,rampe nord. J2:ubac,pointe de la saume,descente directe SW vallon des pelouses. J3:ceillac tête de Rissace en boucle par le col allongé et le col Albert. J4: Souliers, col 2639, crête de Clot Chamaurie,couloir SW

Quintessence Queyrassine en quatre actes.


Premier acte, prélude en pente douce.
Nous voici de retour dans notre havre de l’Ubac, près de Ceillac. Chacun vide son sac et se prépare à monter sur scène. Pas de trac, ici on ne skie pas à guichet fermé. Les gradins sont vides , les mélèzes sont les seuls spectateurs.
La scène est immense, le scénario vaguement écrit, l’heure est à l’improvisation. Un prélude en pente douce ? Allons-y pour Bramousse ! Histoire de se familiariser avec les conditions du secteur, nous arpentons ce doux vallon mais n’irons pas jusqu’au col homonyme. Nous préférerons nous diriger vers le col de Combasse, ou rien ne trépasse, quoique, le haut semble bien plaqué...
En bifurquant vers la crête de la montagne de Riou Vert jusqu’au point 2353, nous scrutons les pentes Nord issues de la pointe de Combasse. rien ne nous tracasse, on sait que ça passe. Reste à rejoindre la pointe 2486 par une longue et belle traversée d’arête parsemée de quelques passages alpins. Au sommet, Nous voici plus spectateurs qu’acteurs. La vue est magnifique, les rochers ocres de la tête de Bouchet nous saluent au passage. Après un silence admiratif, nous reprenons le dialogue par une courte descente NW sur l’arête, avant de plonger dans cette rampe Nord, où nous attend la poudre tant espérée qui nous accompagnera jusque dans la forêt. Les paroles ont cessé, seuls des HYYYYHAAA retentissent, sous les applaudissements melezins qui nous saluent à coups de branches. Pas un triomphe, mais quel succès !
Deuxième Acte, une Pointe de Douceur.
Alors que la salle était encore froide la veille, l’ambiance se réchauffe un peu. Seules les températures sont encore un peu négatives. La troupe est au beau fixe pour affronter le dénivelé qui nous sépare de la Pointe de la Saume. C’est une classique du secteur, mais nous espérons en faire notre interprétation.
Le public se tient serré jusqu’à la bergerie d’Andrevez où s’ouvre la porte du frigo. Nous laissons quelques pins égarés sur les falaises environnantes pour remonter cette longue combe Nord Ouest où la neige, faute de travail, a pris un vent...ce n’est pas grave, car nous sommes dans une espèce d’entracte...il n’y a plus aucun spectateur jusqu’à 3043m. Au sommet, ce n’est plus nous qui faisons le spectacle, mais l’immensité de la Montagne. Écrins, Viso au loin, Pic des Heuvieres et de la Font Sancte au plus près, nous gratifient de leurs louanges qui résonnent jusqu’au pas du curé.
Les premiers virages en NW nous ramènent vite à la réalité, il faut changer d’orientation. Nous ne virerons pas notre cuti, mais plutôt à gauche pour lécher de nos spatules la transfo de la belle pente Sud Ouest qui mène à ce doux vallon des Pelouses où le gazon est maudit à cette saison....Quelques rires se font entendre, mais le public est encore clairsemé. Nous les regardons dubitatifs agrippés à leurs gradins rocheux, avant de rejoindre leurs congénères, juste assez nombreux pour préserver la poudre froide, mais assez espacés pour nous faufiler entre les rangs, non sans avoir claqué quelques mains au passage histoire de les remercier. Les applaudissements dureront jusqu’à la fin de l’acte à l’Ubac.
Troisième Acte, Tête du Rissace, allongé d’un col à l’autre.
Pour ne pas trop fatiguer la troupe, nous décidons de réduire un peu le dénivelé. La foule est au rendez-vous à Ceillac. Chacun cherche à rejoindre le haut des gradins pour profiter du spectacle. Certains, agrippés à leur piolet, prennent un peu de glace, quand d’autres plus pressés, préfèrent l’escalator. Entre les deux, nous glissons silencieusement sur nos peaux pour ne pas nous faire remarquer.
Rapidement, nous retrouvons nos fidèles spectateurs résineux, qui ont de nouveau laissé leur tapis d’aiguilles accueillir un doux et profond manteaux blanc. Nous leur donnons rendez-vous pour la fin de l’acte, car c’est dans le désert immaculé du vallon d’Albert que nous écrivons à présent la suite de notre voyage, qui s’étire par delà les pentes chaudes sous les crêtes de Rissace, avant de s’allonger au col du même nom. Il ne reste plus qu’à rejoindre , à couteaux tirés, le sommet à 2969m.
Après une tirade silencieuse inspirée par la sérénité des lieux, nos voix sont couvertes par le crissement des carres qui fendent parfois le revêtement . Puis, sous le Col Albert, en choisissant les bonnes lignes, nous faisons chanter la poudre tassée jusqu’au fond du Vallon. Les mélèzes, impatients de nous retrouver, nous accueillent à nouveau à branches ouvertes, et nous regardent sautiller entre leurs jambes, puis au cœur du torrent où plongent leurs racines, et où nous retrouvons les nôtres, ivres de bonheur. Nous baissons le rideau sur ce troisième acte et fendons à nouveau discrètement la foule qui descend des gradins sur les pistes de Ceillac.
Quatrième Acte, le couloir manqué.
C’est la fin de la tournée, la troupe aspire à goûter une dernière fois à la sympathie mélèzine en s’approchant d’un sommet qui nous saluait depuis le départ, le Pic de Rochebrune. Nous choisissons de nous rendre dans le joli petit village perché de Souliers pour y enfiler une dernière fois nos chaussures de randonnée! Nous suivons la piste au Nord qui mène jusqu’à la bergerie qui nous servira de loge pour la fin du spectacle. Pose de victuailles et boissons de rigueur.
Une montée rapide à travers les conifères nous emmènera jusqu’à un col non nommé mais côté 2639m.
D’ici le Pic de Rochebrune joue à cache-cache avec la crête de Rasis. Un peu au sud est, c’est celle de Clôt Chamaurie que nous avons choisi d’arpenter car nous avions repéré un joli petit couloir descendant au Sud Ouest. Après avoir chevauché la croupe issue du col, grattonant quelques rochers au passage, nous voici au pied du ressaut rocheux de la crête. La vue sur le Mont Viso est saisissante, celle sur le couloir repéré aussi....le vent à malheureusement eu raison de nos espoirs de belle descente.
Nous décidons de diviser la scène en deux. La moitié de la troupe, à grands coups de virages sautés et autres hurlements de carres, offrira aux quelques roches spectatrices la vision de la persévérance du skieur, tandis que l’autre, ivre de neige juste revenue, rejoindra à nouveau les fibres poudreuses aux pieds de ces êtres majestueux, à l’écorce sculptée par le temps, témoins endormis dans cet hiver où nous passons en glissant, dans l’hiver blanchissant, alors qu’ils ne font qu’attendre la renaissance d’un printemps verdoyant.


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