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Sorties > Alpes de Suisse Centrale > Grassen, traversée Sud-Nord

Grassen, traversée Sud-Nord

Massif : Alpes de Suisse Centrale
Départ : Faernigen (1470 m)

Topo associé : Grassen, traversée Sud-Nord

Sommet associé : Grassen (2946 m)

Orientation : T

Dénivelé : 1600 m.
Ski : 3.2

Sortie du dimanche 18 avril 2021

jean heintz

Conditions nivologiques, accès & météo

Météo/températures : Beau temps, se couvrant l'après-midi. Froid
Conditions d'accès/altitude du parking : Chaussage à 1500m au terminus de la route déneigée du Sustenpass / Déchaussage à 1100 m versant Engelberg
Altitude de chaussage/déchaussage : 1500 / 1100
Conditions pour le ski : Excellentes conditions, enneigement très bon en altitude et encore suffisant en bas
Activité avalancheuse : neige humide après midi, attention aux pentes au soleil

Skiabilité : 😄 Excellente

Compte rendu

Jour 1

C’est la semaine passée que j’ai eu la révélation, devant une tasse de café. En épluchant les cabanes qui restent gardées en cette mi-avril, je tombe sur la Sustlihütte. Atteignable facilement par le Meiental, elle donne accès à un beau cirque de montagnes orienté Sud… mais aussi à d’immenses faces Nord qui plongent sur Engelberg. Le Grassen ! Ce sommet de presque 3000 mètres se mérite depuis le canton d’Obwald : d’une traite, une éreintante montée de 2000 mètres. Le gravir depuis le Meiental permet de couper la montée par une nuit en cabane, mais surtout de réaliser une traversée très élégante.

La logistique à elle seule est excitante. Partant du Léman, je remonterai le Rhône en train, puis redescendrai le Gothard en car postal. A Wassen, un taxi me déposera au bout de la route, à la limite de la neige. De là, le fond de vallée me guidera jusqu’au pied des échelles qui mènent à la cabane. Le lendemain, deux heures d’ascension, une heure de descente non stop, puis un autre taxi me laissera à la gare d’Engelberg, dont le bureau n’est qu’à une heure et demie de rail. Un chemin certes un peu détourné pour se rendre au travail.

A Wassen, l’épicerie fait également office de bureau de poste. Afin de gagner du poids, j’expédie vers un hôtel d’Engelberg mes chaussures de marche et mes affaires de rechange. L’opération m’allège de 2 kg et de 18 francs. Le colis arrivera demain entre 7h et 9h… pile en même temps que moi.

En sortant de l’épicerie, j’appelle le taxi : il vient de passer, n’a vu personne et a continué son chemin ! Je n’ai plus qu’à faire de l’autostop dans une vallée en cul-de-sac, entre deux saisons. Coup de chance : le premier véhicule s’arrête, et c’est un pépé taciturne mais magnanime qui me dépose au terminus de la route déneigée.

Sous un soleil de plomb, heureusement atténué par un petit vent frais, j’avale les 4 kilomètres de fond de vallée, jusqu’au pied du ressaut sur lequel est érigé la Sustlihütte. Quelques échelles métalliques pimentent la fin de l’ascension. Le gardien interrompt son travail de pelletage pour me souhaiter la bienvenue. Voilà, les affaires sèchent dans le local d’hiver. Un groupe de trois Zurichois termine la haute route uranaise : eux aussi déchausseront demain à Engelberg.

Jour 2

Découvrant mon intention de partir à 5h30 du matin, le gardien rigole. « Ecoute, je sers le petit déjeuner à 6 heures. Prépare-toi avant, mange un morceau, et tu seras vite à pied d’oeuvre ». Me voilà donc skis aux pieds tandis que l’aube rosit déjà les montagnes du col du Susten.

J’avance bien, et à 7 heures, je suis déjà au pied du col : une pente courte mais raide, une trace verglacée qui passe au-dessus d’une petite barre rocheuse… En solo, il n’y a pas droit à l’erreur. Je mets les couteaux pour ne pas risquer la glissade à la con.

Le parcours sur la crête est superbe. La pause au sommet est courte, mais suffisante pour faire honneur à un exceptionnel panorama. Vu sous cet angle, le Titlis, qui depuis la vallée ressemble à un cétacé trapu, prend la forme d’un squale redoutable.

Le premier car postal monte à Fürenalp à 8h22. Il ne repasse qu’une heure plus tard, ce serait dommage de le rater. Il me reste 1800 mètres à dévaler, skis aux pieds, en 45 minutes.

La descente commence dans une poudreuse de cinéma. Graduellement, la neige se fait légèrement croûtée : je m’économise en tirant des bords. Plus bas, moquette portante qui crisse sous les spatules et permet de longs virages faciles. Sur le tiers inférieur, c’est une zone bombardée de débris d’avalanches et de boulettes gelées. Ne pas se faire un genou sous prétexte d’avoir un train à prendre ! A 8h10, je suis presque en bas mais je dois déchausser sur quelques dizaines de mètres, avant de retrouver un enneigement continu dans la forêt.

Je me rends à l’évidence : le car de 8h22 partira sans moi. J’appelle Titlis Taxi : « in 5 Minuten ? Ja, kein Problem ! » La conductrice mettait un gâteau au four quand le téléphone a sonné : elle sera de retour chez elle juste à temps pour le démouler. Quant à moi, je serai à l’hôtel un quart d’heure avant le départ du train : largement à temps pour récupérer poliment mon colis, me changer, laisser à la consigne tout mon barda de skieur, et trottiner vers la gare avec mes affaires de travail pour la journée…

Je poste mes affaires de rechangeJe poste mes affaires de rechange
Auto-stop bien localAuto-stop bien local
La longue vallée La longue vallée 
La cabane à 6:00La cabane à 6:00
Et c'est parti pour 2000m de descente Et c'est parti pour 2000m de descente 
Mission accomplie!!!Mission accomplie!!!
Fin du périple Fin du périple 
Le train vers AndermattLe train vers Andermatt
Dernière semaine de gardiennage Dernière semaine de gardiennage 
Sommet du GrassenSommet du Grassen
Bientôt la vallée Bientôt la vallée 

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